Innover à tout prix, sans trêve, à chaque instant, — 1952 (1)

Jean-Victor Pellerin Les aveux – LXIV sonnets –


III

Innover à tout prix, sans trêve, à chaque instant,
Bousculer la métrique ainsi que la grammaire,
Condamner le durable au nom de l’éphémère,
C’est là suivre une mode – et c’est perdre son temps.

A quoi bon s’encombrer d’un nouvel instrument
Quand celui sur lequel ont excellé nos pères
N’attend que notre amour et notre savoir-faire
Pour vibrer de nouveau mélodieusement?

Le vieil alexandrin à la stricte césure
Peut aussi bien chanter que tel vers sans mesure
L’angoisse et la douleur des hommes d’aujourd’hui;

A nous de l’accorder au ton de nos poèmes,
A nous de l’inspirer, à nous d’être nous-mêmes
Et de l’aimer assez pour nous fier à lui.

Q15 – T15 fières paroles, mais fait rimer le singulier avec le pluriel ce qui aurait sans aucun doute horrifié ‘nos pères’

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