La nuit était semblable à nos pensers funèbres; — 1866 (8)

Louis Goujon Sonnets. Inspirations de voyage

L’orage du soir

La nuit était semblable à nos pensers funèbres;
Des nuages grondants s’entassaient sous nos yeux,
La lune, au front voilé, blanchissait les ténèbres,
L’éclair multipliait son vol capricieux.

L’air était sombre, lourd, la brise sans haleine,
La foudre promenait sa terreur dans les cieux;
Un réseau de brouillards enveloppait la plaine,
Et le jardin dormait sans bruit mystérieux.

Nous marchions lentement, le coeur haut, l’oeil avide,
Et nos esprits d’accord; quand l’âme n’est point vide,
La contemplation est une volupté.

C’était là votre image, ô penseurs, ô poètes!
Des voix de la nature éternels interprètes …
Tout n’est-il pas en vous tonnerre, obscurité?

Q38 – T15

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