Un soir, en visitant la vieille cathédrale — 1876 (3)

Catulle Mendès Les Poésies

Frédérique

Un soir, en visitant la vieille cathédrale
Gothique dont j’aimais les clochetons sans pairs,
Au bas de l’escalier qui se tord en spirale,
Je te vis, ô ma pâle allemande aux yeux pers!

Lasse, tu t’accoudais à la pierre murale,
Pauvre ange endolori tombé des cieux aperts!
Et ton regard tout plein de cendres aurorales
Eclaira doucement la nuit où je me perds.

Goutte de miel échue à mon âpre calice!
J’aspirai parmi l’air qu’embaume l’encensoir
Tes cheveux odorants comme un acacia.

Tu priais, à genoux, sur une pierre lisse,
Et près de toi, dans l’ombre, étant venu m’asseoir
Je te dis ‘Liebst du mich? » tu me répondis «  »Ia« !

Q8 – T36 – La disposition des rimes des tercets est celle qui est la plus fréquente chez Pétrarque: cde cde. Elle oblige à violer la règle d’alternance (encensoir/ acacia)  – Dernier vers sublime de sublimité franco-allemande.

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