Pâle soleil d’oubli, lune de la mémoire, 1947 (8)

Jules Supervielle Oublieuse mémoire

Pâle soleil d’oubli, lune de la mémoire,
Que draines-tu au fond de tes sourdes contrées?
Est-ce donc là ce peu que tu donnes à boire
Ces gouttes d’eau, le vin que je te confiai?

Que vas-tu faire encor de ce beau jour d’été
Toi qui me changes tout quand tu me l’as gâté?
Soit, ne me les rends point tels que je te les donne
Cet air si précieux, ni ces chères personnes.

Que modèlent les jours ta lumière et tes mains,
Refais par-dessus moi les voies du lendemain,
Et mène-moi le cœur dans les champs de vertige

Où l’herbe n’est plus l’herbe et doute de sa tige.
Mais de quoi me plaignais-je, ô légère mémoire …
Qui avait soif. Quelqu’un ne voulait-il pas boire?

Q34 – T13 – disp: 4+4+4+2

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