Je vais donc retrouver mes anciens horizons, — 1965 (1)

Jacques Bens41 sonnets irrationnels

Mélancolique

Je vais donc retrouver mes anciens horizons,
Cette odeur pas perdue des vents et des maisons,
J’ai l’air d’abandonner, mais n’ayez nulle crainte:

Si je quitte Paris, c’est pour le mieux aimer.

On incline à brusquer une banale étreinte.
Mais que vaut cet orgueil qui n’est plus de saisons?
Allez donc réunir le cœur et les raisons.
La ville, en souriant, laisse sa rude empreinte:

Je vais vous retrouver, mes anciens horizons.

Vous mieux aimer, je ne pouvais y croire, mais
Je vois bien qu’aujourd’hui le présent nous emporte.
Il me faut, pour vous voir, m’éloigner quelque peu.
J’enferme mes regrets, puisque cela se peut,
Après avoir glissé ma clé sous votre porte.

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