{"id":1401,"date":"2011-02-06T15:53:33","date_gmt":"2011-02-06T15:53:33","guid":{"rendered":"http:\/\/blogs.oulipo.net\/qc\/?p=1401"},"modified":"2011-03-07T08:14:38","modified_gmt":"2011-03-07T08:14:38","slug":"1854-11","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/blogs.oulipo.net\/qc\/2011\/02\/06\/1854-11\/","title":{"rendered":"Cl\u00e9ante qui n&rsquo;avait au monde que ses os \u2014 1854 (11)"},"content":{"rendered":"<p>&#8211; <strong>Ferdinand de Gramont<\/strong> <em>Chants du pass\u00e9<\/em><\/p>\n<p>LXXXIII<\/p>\n<p>Cl\u00e9ante qui n&rsquo;avait au monde que ses os<br \/>\nSe fait riche \u00e0 pr\u00e9sent, et son ventre prosp\u00e8re<br \/>\nMais quoi, cet homme heureux s&rsquo;est-il vu na\u00eetre un p\u00e8re?<br \/>\nRecueille-t-il le fruit de ses propres travaux?<\/p>\n<p>Est-ce quelque inventeur de proc\u00e9d\u00e9s nouveaux?<br \/>\nNullement. Il a pris la recette vulgaire,<br \/>\nEt d&rsquo;un coffre sans fond \u00e9tayant sa mis\u00e8re,<br \/>\nLaisse venir \u00e0 soi la fortune des sots.<\/p>\n<p>Mais ses succ\u00e8s encor ne sont que des v\u00e9tilles;<br \/>\nIl sera l&rsquo;h\u00e9ritier de soixante familles.<br \/>\nEt s&rsquo;ouvrent devant lui, salons et dignit\u00e9s.<\/p>\n<p>Il peut choisir sa femme et choisir le coll\u00e8ge<br \/>\nQui l&rsquo;enverra tr\u00f4ner au rang des d\u00e9put\u00e9s.<br \/>\nD&rsquo;\u00eatre offert en exemple il a le privil\u00e8ge.<\/p>\n<p>Heureux de s&rsquo;unir au cort\u00e8ge,<\/p>\n<p>D\u00e9j\u00e0 m\u00eame le chef d&rsquo;une illustre maison<br \/>\nSur ce bourbier d&rsquo;\u00e9cus veut plaquer son blason.<\/p>\n<p>Comme il le juge en sa raison,<br \/>\nUn hymen si brillant vaut bien un peu d&rsquo;intrigue.<br \/>\nLa fille le respire, et la m\u00e8re le brigue.<\/p>\n<p>Pour y parvenir on se ligue<br \/>\nEt je ne r\u00e9ponds pas qu&rsquo;avant quinze ou vingt ans,<br \/>\nUn vieux nom qu&rsquo;ont port\u00e9 tant de fiers combattants<\/p>\n<p>Sonore et grandi si longtemps,<br \/>\nGr\u00e2ce \u00e0 cette union ne tombe en apanage<br \/>\nAux enfants du h\u00e9ros d&rsquo;escompte et de courtage.<\/p>\n<p>Q15 &#8211; T14 + eff fgg ghh hii &#8211; octo: v.15, v.18, v.21, v.24  mr de<strong> Gramont<\/strong> imite le canzoniere de <strong>P\u00e9trarque<\/strong>, ins\u00e8re dans son livre des sonnets en italien, m\u00e9lange rondeaux et sextines (qu&rsquo;il retrouve apr\u00e8s <strong>Vasquin Phillieul<\/strong> et <strong>Pontus de Tyard<\/strong> ; tout en commettant, comme Pontus, l&rsquo;erreur formelle de faire se rimer les mots-clefs, ce qui d\u00e9nature le sens de la forme). Il emprunte ici \u00e0 la tradition italienne le &lsquo;sonetto caudato&rsquo;: apr\u00e8s les quatorze vers s&rsquo;ajoutent des strophes de trois vers, compos\u00e9es d&rsquo;un vers court (ici un octosyllabe) de deux longs (ici des alexandrins). Le premier vers de la strophe ajout\u00e9e rime avec le dernier vers du corps du sonnet, les deux suivants riment entre eux et introduisent une rime nouvelle. On peut encha\u00eener ainsi plusieurs strophes additionnelles (on obtient des sonnets qui peuvent avoir jusqu&rsquo;\u00e0 une centaine de vers (ainsi <strong>Marino<\/strong> au dix-septi\u00e8me si\u00e8cle et le milanais <strong>Carlo Porta<\/strong>, au dix-neuvi\u00e8me). La pi\u00e8ce LXXXIX de son livre est aussi un sonnet caudato (avec une seule strophe ajout\u00e9e).<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>&#8211; Ferdinand de Gramont Chants du pass\u00e9 LXXXIII Cl\u00e9ante qui n&rsquo;avait au monde que ses os Se fait riche \u00e0 pr\u00e9sent, et son ventre prosp\u00e8re Mais quoi, cet homme heureux s&rsquo;est-il vu na\u00eetre un p\u00e8re? Recueille-t-il le fruit de ses propres travaux? Est-ce quelque inventeur de proc\u00e9d\u00e9s nouveaux? Nullement. 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