{"id":2568,"date":"2011-02-08T13:31:18","date_gmt":"2011-02-08T13:31:18","guid":{"rendered":"http:\/\/blogs.oulipo.net\/qc\/?p=2568"},"modified":"2011-03-21T10:41:22","modified_gmt":"2011-03-21T10:41:22","slug":"1875-2-3","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/blogs.oulipo.net\/qc\/2011\/02\/08\/1875-2-3\/","title":{"rendered":"Le parfum des lilas ruisselle de folie, \u2014 1875 (2-3)"},"content":{"rendered":"<p>&#8211; <strong>Camille Chaigneau<\/strong> &#8211; <em>Les mirages<\/em> &#8211; sonnets-r\u00e9flexe &#8211;<\/p>\n<p><span style=\"text-decoration: underline\">Nuit d&rsquo;Avril<br \/>\n<\/span><br \/>\nLe parfum des lilas ruisselle de folie,<br \/>\nLes couchants empourpr\u00e9s hallucinent les yeux,<br \/>\nJ&rsquo;entends mille baisers dans l&rsquo;air silencieux,<br \/>\nL&rsquo;espoir jette des fleurs sur la m\u00e9lancolie.<\/p>\n<p>Qui passe, c&rsquo;est l&rsquo;amour sur la terre embellie!<br \/>\nQui passe? c&rsquo;est la femme au front myst\u00e9rieux:<br \/>\nViens, mon coeur est ouvert, et l&rsquo;amour fait les dieux!<br \/>\nComme le ciel est pr\u00e8s! Aime! je t&rsquo;en supplie!<\/p>\n<p>Tant que nous entendrons le chant du rossignol,<br \/>\nTant que le vent des nuits r\u00e9pandra sur ton col<br \/>\nSon haleine embaum\u00e9e et sa chaude caresse,<\/p>\n<p>Courons dans les for\u00eats, les foins et les bl\u00e9s d&rsquo;or!<br \/>\nEt, lorsque tourno\u00eeront les feuilles en d\u00e9tresse,<br \/>\nPour l&rsquo;espace \u00e9toil\u00e9 nous prendrons notre essor!<\/p>\n<p>Pour l&rsquo;espace \u00e9toil\u00e9 nous prendrons notre essor,<br \/>\nOh! ne comprends-tu pas cette sublime ivresse?<br \/>\nAime! sur mes cheveux laisse flotter encor<\/p>\n<p>Ton haleine embaum\u00e9e et ta chaude caresse!<br \/>\nPourquoi fuir? &#8230;. qui t&#8217;emporte? &#8230;. Arr\u00eate au moins ton vol<br \/>\nTant que nous entendrons le chant du rossignol! &#8230;.<\/p>\n<p>Pour les bois d&rsquo;orangers cherches tu l&rsquo;Italie?<br \/>\nOu l&rsquo;Espagne? &#8211; O\u00f9 vas-tu? &#8230; Connais-tu d&rsquo;autres cieux<br \/>\nO\u00f9 l&rsquo;\u00e2me soit plus blanche, o\u00f9 l&rsquo;on s&rsquo;adore mieux?<br \/>\nPourquoi m&rsquo;avoir souri, s&rsquo;il faut que je t&rsquo;oublie? &#8230;.<\/p>\n<p>Qui jettera des fleurs sur ma m\u00e9lancolie?<br \/>\nJ&rsquo;entends mille baisers dans l&rsquo;air silencieux,<br \/>\nLes pourpres de l&rsquo;aurore hallucinent les yeux,<br \/>\nLe parfum des lilas ruisselle de folie.<\/p>\n<p>Q15 &#8211; T14 + s.rev: <strong>ede dcc baab baab &#8211; <\/strong>banv<strong> &#8211; <\/strong>Il s&rsquo;agit tout simplement de couples d&rsquo;un sonnet suivi de son \u00e9quivalent renvers\u00e9, sur les m\u00eames rimes (et parfois les m\u00eames mots-rimes d&rsquo;ailleurs) et m\u00eame parfois les m\u00eames vers. Les textes sont presque r\u00e9versibles.<br \/>\n\u00ab\u00a0Un fol espoir nous \u00e9claire le coeur. Ce n&rsquo;est d&rsquo;abord qu&rsquo;une ombre vague et brumeuse, bient\u00f4t l&rsquo;astre s&rsquo;\u00e9l\u00e8ve, les vapeurs se dispersent, la douce lumi\u00e8re nous envahit, le z\u00e9nith triomphal semble nous appeler \u00e0 lui. mais l&rsquo;astre baisse, l&rsquo;espoir s&rsquo;\u00e9loigne, et le coeur frissonne pendant que s&rsquo;abattent les p\u00e9nombres messag\u00e8res de la nuit, c&rsquo;est le d\u00e9sespoir. Tels passent les r\u00eaves, les \u00e9clairs d&rsquo;amour, les visions de splendeur et de f\u00e9licit\u00e9, tous ces mirages de la vie individuelle et collective.N&rsquo;y-a-t-il pas l\u00e0 comme un drame compos\u00e9 de deux actes dont le second serait le reflet du premier? &#8211; C&rsquo;est dans cette pens\u00e9e que j&rsquo;ai cherch\u00e9 une forme po\u00e9tique capable d&rsquo;un redoublement sc\u00e9nique, d&rsquo;une r\u00e9flexion manifeste. J&rsquo;ai choisi le sonnet, parce qu&rsquo;il est en lui-m\u00eame compl\u00eatement d\u00e9pourvu de sym\u00e9trie, et parce que son dernier vers, jaillissant comme une fl\u00e8che, superbe comme un aigle, semble conqu\u00e9rir les fa\u00eetes dont nos illusions vont crouler. &#8211; Le premier quatrain, et son image qui termine le petit po\u00e8me, ont tout le vague des horizons o\u00f9 commencent et finissent les r\u00eaves humains. Des rappels de vers sem\u00e9s harmoniquement contribuent \u00e0 la coh\u00e9sion de l&rsquo;ensemble &#8230;\u00a0\u00bb<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>&#8211; Camille Chaigneau &#8211; Les mirages &#8211; sonnets-r\u00e9flexe &#8211; Nuit d&rsquo;Avril Le parfum des lilas ruisselle de folie, Les couchants empourpr\u00e9s hallucinent les yeux, J&rsquo;entends mille baisers dans l&rsquo;air silencieux, L&rsquo;espoir jette des fleurs sur la m\u00e9lancolie. Qui passe, c&rsquo;est l&rsquo;amour sur la terre embellie! 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