{"id":811,"date":"2011-02-06T05:24:21","date_gmt":"2011-02-06T05:24:21","guid":{"rendered":"http:\/\/blogs.oulipo.net\/qc\/?p=811"},"modified":"2011-03-24T06:28:40","modified_gmt":"2011-03-24T06:28:40","slug":"1839-5","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/blogs.oulipo.net\/qc\/2011\/02\/06\/1839-5\/","title":{"rendered":"Du Parnasse fran\u00e7ais l\u00e9gislateur classique, \u2014 1839 (5)"},"content":{"rendered":"<p>&#8211; <strong>Louis Ayma <\/strong>&#8211; <em>Les pr\u00e9ludes<\/em> &#8211;<\/p>\n<p><strong>Louis Ayma<\/strong>, un provincial (dont la BNF ne poss\u00e8de qu&rsquo;un microfilm tir\u00e9 sur l&rsquo;exemplaire de la biblioth\u00e8que municipale de Cahors) annonce dans sa pr\u00e9face: \u00a0\u00bb <em>La troisi\u00e8me et derni\u00e8re partie, Des bords de l&rsquo;Adour, se compose exclusivement de sonnets. &#8230; Ces sonnets ont tous, ou presque, \u00e9t\u00e9 compos\u00e9s \u00e0 Dax, jolie et<br \/>\naimable ville du d\u00e9partement des Landes, travers\u00e9 par l&rsquo;Adour<br \/>\n<\/em><em>Presque tous ces sonnets sont de ceux que nous appelons <span style=\"text-decoration: underline\">Sonnets libres<\/span>. Nous n&rsquo;avons pas la pr\u00e9tention de faire ici une po\u00e9tique \u00e0 notre usage; mais nous devons expliquer les raisons qui nous ont autoris\u00e9 \u00e0 pr\u00e9f\u00e9rer la forme libre \u00e0 la forme stricte pr\u00e9conis\u00e9e par Boileau &#8230; Le sonnet en effet, par l&rsquo;\u00e9tendue moyenne et pr\u00e9cise de ses dimensions, par la coupe vari\u00e9e de ses strophes, est le cadre le plus heureux qu&rsquo;on puisse imaginer pour mettre en relief une id\u00e9e unique, un portrait, un souvenir, un symbole, une pens\u00e9e morale, une impression, un \u00e9lan, une \u00e9motion. Mais, comment conserver ce pr\u00e9cieux privil\u00e8ge sous les cha\u00eenes ridicules dont les faiseurs de po\u00e9tique l&rsquo;ont surcharg\u00e9? Certes le plus grave reproche qu&rsquo;on puisse faire \u00e0 notre po\u00e9sie, c&rsquo;est le retour monotone des rimes, vice inn\u00e9, que les grands ma\u00eetres ne dissimulent qu&rsquo;\u00e0 force d&rsquo;art! que sera-ce donc, si pour 8 vers vous n&rsquo;autorisez que 2 rimes sym\u00e9triquement dispos\u00e9es? Votre sonnet sera lourd par n\u00e9cessit\u00e9 et p\u00e9nible, et aura juste la valeur de quatorze bouts-rim\u00e9s. Aussi, lisez sans pr\u00e9vention les plus vant\u00e9s des sonnets r\u00e9guliers, et vous y remarquerez \u00e0 premi\u00e8re vue un air de g\u00eane qui fatigue et fait mal.<br \/>\n<\/em><em>&#8230;. nos autorit\u00e9s pour l&rsquo;affranchissement du sonnet sont &#8230;. Shakespeare, qui a fait une quarantaine de sonnets, tous libres. M. Philar\u00e8te Chasles, dans son volume Caract\u00e8res &amp; Paysages, a traduit librement deux de ces sonnets, qui font conna\u00eetre sous sa face intime, le sombre auteur d&rsquo;Hamlet. On trouvera dans la troisi\u00e8me partie de notre livre un de ces sonnets que nous avons essay\u00e9 de traduire.<\/em><\/p>\n<p><em>Nous pensons que ces autorit\u00e9s, que nous avons choisies, et non compt\u00e9es autorisent suffisamment notre tentative de r\u00e9habilitation Du reste on trouvera, par-ci, par-l\u00e0, dans le nombre, quelques sonnets r\u00e9guliers: mais nous prions le lecteur de croire que nous n&rsquo;y avons pas song\u00e9. <\/em><\/p>\n<p><em>Les po\u00e8tes espagnols ont introduit dans le sonnet une modification importante: apr\u00e8s les tercets, qui chez nous terminenent le sonnet, ils ajoutent deux autres tercets, et quelquefois deux quatrains; ils appellent cela <span style=\"text-decoration: underline\">sonnets \u00e0 queue<\/span>.<br \/>\n<\/em><em>Nous avons aussi essay\u00e9 de donner au sonnet r\u00e9gulier une autre forme qui, en faisant dispara\u00eetre le g\u00eane des rimes suivies, perm\u00eet en quelque sorte de donner quelque d\u00e9veloppement au tableau, un peu restreint quelquefois dans quatorze vers. Notre modification consiste \u00e0 croiser deux sonnets r\u00e9guliers, de fa\u00e7on \u00e0 ce que le 1 et le 3, le 2 et le 4 soient compos\u00e9s de rimes semblables, mais altern\u00e9es. Apr\u00e8s les quatre quatrains viennent au lieu de deux tercets, deux sizains. On verra un exemple de ce sonnet, que nous appelons <span style=\"text-decoration: underline\">redoubl\u00e9<\/span>, dans la pi\u00e8ce XIX, <span style=\"text-decoration: underline\">\u00e0 mes linottes<\/span>. \u00a0\u00bb (<\/em><strong>6<\/strong>).<\/p>\n<p>Mr Ayma n\u2019a qu\u2019une id\u00e9e assez vague de l\u2019histoire du sonnet. Il attribue le \u2018sonetto caudato\u2019 aux espagnols et donne 40 sonnets \u00e0 Shakespeare. Mais il compose ce qui est, il me semble, le premier sonnet renvers\u00e9.<\/p>\n<p><strong><br \/>\n<\/strong> <span style=\"text-decoration: underline\">I &#8211; A Boileau<br \/>\n<\/span><br \/>\nDu Parnasse fran\u00e7ais l\u00e9gislateur classique,<br \/>\nPermets qu&rsquo;\u00e0 tes genous, plein d&rsquo;un pieux effroi,<br \/>\nLe front dans la poussi\u00e8re, un auteur romantique<br \/>\nVienne se confesser de violer ta loi.<\/p>\n<p>Il s&rsquo;agit du <em>Sonnet<\/em> , de ce po\u00e8me-roi,<br \/>\nQue, dans le chant second du Code po\u00e9tique,<br \/>\nTu d\u00e9clares valoir mieux qu&rsquo;un po\u00e8me \u00e9pique.<br \/>\nEh bien! des ces <em>Sonnets<\/em> j&rsquo;en ai fait cent-un, moi!<\/p>\n<p>Mais h\u00e9las! les quatrains de mesure pareille,<br \/>\nLa rime avec deux sons frappant huit fois l&rsquo;oreille,<br \/>\nJe n&rsquo;ai rien observ\u00e9 dans mon fol abandon;<\/p>\n<p>J&rsquo;enjambe quelquefois, et souvent je r\u00e9p\u00e8te<br \/>\nLe m\u00eame mot, enfin ma folie est compl\u00e8te,<br \/>\nCar je suis romantique, \u00f4 Despr\u00e9aux, pardon!<\/p>\n<p>Q09 &#8211; T15 &#8211; s sur s<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>&#8211; Louis Ayma &#8211; Les pr\u00e9ludes &#8211; Louis Ayma, un provincial (dont la BNF ne poss\u00e8de qu&rsquo;un microfilm tir\u00e9 sur l&rsquo;exemplaire de la biblioth\u00e8que municipale de Cahors) annonce dans sa pr\u00e9face: \u00a0\u00bb La troisi\u00e8me et derni\u00e8re partie, Des bords de l&rsquo;Adour, se compose exclusivement de sonnets. &#8230; Ces sonnets ont tous, ou presque, \u00e9t\u00e9 compos\u00e9s &hellip; <a href=\"https:\/\/blogs.oulipo.net\/qc\/2011\/02\/06\/1839-5\/\" class=\"more-link\">Continuer la lecture de <span class=\"screen-reader-text\">Du Parnasse fran\u00e7ais l\u00e9gislateur classique, \u2014 1839 (5)<\/span>  <span class=\"meta-nav\">&rarr;<\/span><\/a><\/p>\n","protected":false},"author":15,"featured_media":0,"comment_status":"open","ping_status":"open","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"footnotes":""},"categories":[1357,1147,1251,1119],"tags":[],"class_list":["post-811","post","type-post","status-publish","format-standard","hentry","category-malh","category-q09-abab-abba","category-s-sur-s","category-t15-ccd-eed"],"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/blogs.oulipo.net\/qc\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/811","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/blogs.oulipo.net\/qc\/wp-json\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/blogs.oulipo.net\/qc\/wp-json\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/blogs.oulipo.net\/qc\/wp-json\/wp\/v2\/users\/15"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/blogs.oulipo.net\/qc\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=811"}],"version-history":[{"count":6,"href":"https:\/\/blogs.oulipo.net\/qc\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/811\/revisions"}],"predecessor-version":[{"id":11313,"href":"https:\/\/blogs.oulipo.net\/qc\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/811\/revisions\/11313"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/blogs.oulipo.net\/qc\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=811"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/blogs.oulipo.net\/qc\/wp-json\/wp\/v2\/categories?post=811"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/blogs.oulipo.net\/qc\/wp-json\/wp\/v2\/tags?post=811"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}