{"id":9242,"date":"2011-02-04T07:45:35","date_gmt":"2011-02-04T07:45:35","guid":{"rendered":"http:\/\/blogs.oulipo.net\/qc\/?p=9242"},"modified":"2011-03-05T10:18:31","modified_gmt":"2011-03-05T10:18:31","slug":"incise-1830-1","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/blogs.oulipo.net\/qc\/2011\/02\/04\/incise-1830-1\/","title":{"rendered":"Incise 1830 (1)"},"content":{"rendered":"<p>&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8211;<\/p>\n<p>Ann\u00e9e d\u00e9cisive dans l&rsquo;histoire du sonnet. Certes\u00a0<span style=\"text-decoration: underline\">Nestor de Lamarque<\/span> (1) donne encore une traduction de l&rsquo;italien (de\u00a0<span style=\"text-decoration: underline\">Vicenzo Monti<\/span>). Et\u00a0Viollet-Leduc, \u00ab\u00a0auteur de plusieurs ouvrages\u00a0\u00bb, dans son\u00a0Pr\u00e9cis d&rsquo;un trait\u00e9 de Po\u00e9tique et de Versification, &#8230; ne se montre gu\u00e8re \u00e9logieux. \u00a0\u00bb\u00a0<span style=\"text-decoration: underline\">Du sonnet<\/span> \u2013 Le sonnet a \u00e9t\u00e9 consid\u00e9r\u00e9 long-temps comme le po\u00e8me par excellence et le plus difficile \u00e0 ex\u00e9cuter. Boileau para\u00eet \u00eatre encore de cet avis. On a bien appel\u00e9 de ce jugement . &#8230; par les pr\u00e9ceptes de Boileau, on voit que le sonnet est compos\u00e9 de quatorze vers d&rsquo;une m\u00eame mesure. Les premiers vers sont partag\u00e9s en deux quatrains; ils roulent sur deux rimes, qu&rsquo;il faut y placer dans le m\u00eame ordre. Les six derniers vers, qui doivent rimer diff\u00e9remment des premiers, sont partag\u00e9s en deux tercets, dont les deux premiers vers sont du m\u00eame genre. Les quatre autres vers qui terminent la pi\u00e8ce, forment un quatrain dont les rimes doivent se trouver dans un ordre diff\u00e9rent de celui qu&rsquo;elle ont dans les deux quatrains. Il est de rigueur qu&rsquo;apr\u00e8s chacun des quatrains qui commencent la pi\u00e8ce et le premier tercet, il doit y avoir un repos, et que le sens doit \u00eatre complet. &#8230; on s&rsquo;\u00e9tait plu \u00e0 accumuler tellement les entraves pour la composition de cette pi\u00e8ce bizarre, que le sonnet sans d\u00e9faut dont parle Boileau est encore \u00e0 trouver, et qu&rsquo;on a renonc\u00e9 avec raison \u00e0 chercher ce ph\u00e9nix. \u00a0\u00bb<br \/>\nMais en offrant \u00e0 Victor Hugo, \u00e0 l&rsquo;occasion de son mariage, l&rsquo;exemplaire des oeuvres de Ronsard sur lequel il avait travaill\u00e9, Sainte-Beuve attirait l&rsquo;attention de l&rsquo;avant-garde sur le sonnet. Outre le\u00a04, de Sainte-Beuve lui-m\u00eame, il contenait celui d&rsquo;Ernest Fouinet, cel\u00e9brant le mariage de son ami Victor (2), et le\u00a03, que Fontaney avait adress\u00e9 \u00e0 Victor Hugo, le 19 ao\u00fbt 1829, au moment o\u00f9 le po\u00e8te venait de refuser l&rsquo;indemnit\u00e9 que lui offrait le minist\u00e8re, en compensation du refus de laisser jouer\u00a0Marion Delorme. (Les\u00a0Annales Romantiques\u00a0le publi\u00e8rent l&rsquo;ann\u00e9e suivante). (Fouinet est l\u2019introducteur du Pantoum dans la po\u00e9sie fran\u00e7aise)<br \/>\nEt ce fut, enfin, la sortie de l&rsquo;opuscule Sainte-beuvien,\u00a0Vie, po\u00e9sies et pens\u00e9es de Joseph Delorme, o\u00f9 se trouvent douze sonnets. Outre le\u00a04\u00a0d\u00e9j\u00e0 mentionn\u00e9, on y lit un\u00a0<span style=\"text-decoration: underline\">sonnet sur le sonnet<\/span>, (5), o\u00f9 Sainte-Beuve adapte Wordsworth au contexte fran\u00e7ais en mentionnant Du Bellay \u00e0 c\u00f4t\u00e9 de Ronsard. Des sonnets d&rsquo;inspiration personnelle du livre, le\u00a06\u00a0est caract\u00e9ristique: plut\u00f4t b\u00ealant (le ton b\u00ealant, s&rsquo;il est naturel pour l&rsquo;expression des sentiments chez le mouton, n&rsquo;est pas n\u00e9cessairement \u00e0 recommander pour la po\u00e9sie humaine).<br \/>\nSainte-Beuve ne connaissait que tr\u00e8s superficiellement la po\u00e9sie de Wordsworth, et la po\u00e9sie anglaise en g\u00e9n\u00e9ral (o\u00f9 le renouveau de la forme-sonnet datait d\u00e9j\u00e0 de presque trois-quarts de si\u00e8cle (la &lsquo;Sonnet-Revival&rsquo; de 1758)). Ce n&rsquo;est en tout cas pas la forme du sonnet anglais qu&rsquo;il emprunte. (On a propos\u00e9 d&rsquo;autres mod\u00e8les: Pouchkine, par exemple!). Les n\u00b0s\u00a04\u00a0\u00e0\u00a06, comme 11 des douze sonnets du recueil de 1829, sont du type dominant chez Ronsard quatrains\u00a0abba\u00a0 abba, tercets\u00a0ccd\u00a0 eed).<br \/>\nLes Romantiques, \u00e0 l&rsquo;exception de Sainte-Beuve, n&rsquo;ont compos\u00e9 qu&rsquo;un petit nombre de sonnets. Il est difficile de savoir si c&rsquo;est par fausse modestie, par une sorte de d\u00e9n\u00e9gation perverse, que Sainte-Beuve \u00e9crivait, en 1862 (cinq ans apr\u00e8s la premi\u00e8re \u00e9dition des\u00a0<span style=\"text-decoration: underline\">Fleurs du Mal<\/span>), alors qu&rsquo;on lui faisait gloire d&rsquo;avoir r\u00e9introduit le sonnet dans la po\u00e9sie fran\u00e7aise (\u00e9loge qu&rsquo;il accepte, avec quelque mauvaise foi): \u00ab\u00a0jamais les grands po\u00e8tes de ce temps-ci n&rsquo;ont fait de sonnets: ceux de Musset sont irr\u00e9guliers, Lamartine et Hugo n&rsquo;en ont fait d&rsquo;aucune sorte, Vigny non plus. Les cygnes et les aigles, \u00e0 vouloir entrer dans cette cage y auraient cass\u00e9 leurs ailes. C&rsquo;\u00e9tait affaire \u00e0 nous autres, oiseaux de moins haut vol et de moins large envergure. Certes, et je ne l&rsquo;ai pas oubli\u00e9, tous les grands po\u00e8tes de la Renaissance ont fait des sonnets: qui ne connait ceux de Dante, de Shakespeare, de Milton? C&rsquo;\u00e9tait alors un genre \u00e0 la mode, et chacun lui payait tribut en passant, une fois au moins dans sa vie. De nos jours le sonnet a \u00e9t\u00e9 un genre restaur\u00e9, l\u00e9g\u00e8rement artificiel, une gageure ou une gentillesse. Ceux de nos ma\u00eetres qui n&rsquo;y \u00e9taient point int\u00e9ress\u00e9s par curiosit\u00e9 ou par go\u00fbt s&rsquo;en sont pass\u00e9 et n&rsquo;ont que faire de cette prison. Je me flatte d&rsquo;\u00eatre le premier chez nous, qui ait renouvel\u00e9 l&rsquo;exemple du sonnet en 1828; mais je n&rsquo;en ai jamais fait que de temps \u00e0 autre, par-ci par-l\u00e0, et en entrem\u00ealant cette forme aux autres rythmes plus modernes\u00a0\u00bb (Il y en a quand m\u00eame 93 dans ses oeuvres compl\u00e8tes). (On remarque qu&rsquo;il ne mentionne pas Ronsard).<br \/>\nProfitons de l&rsquo;occasion pour examiner le cas des Romantiques qui viennent d&rsquo;\u00eatre cit\u00e9s. Lamartine a d\u00e9daign\u00e9 le sonnet, c&rsquo;est\u00a0 vrai, mais en traduit un, de P\u00e9trarque, dans son cours de litrt\u00e9rature. Vigny en a quelques uns, 6 en tout, marginaux dans son oeuvre. Musset en a produit 29, que Sainte-Beuve traite d\u00e9daigneusement &lsquo;d&rsquo;irr\u00e9guliers&rsquo;, ce qui suppose qu&rsquo;il sait ce qu&rsquo;est un sonnet r\u00e9gulier.<br \/>\nLe cas de Hugo est int\u00e9ressant. On en trouve 5 dans son oeuvre po\u00e9tique, plut\u00f4t vaste, 1 dans le \u2018Th\u00e9\u00e2tre en libert\u00e9\u00a0\u00bb Ils sont tous post\u00e9rieurs \u00e0 1862. L&rsquo;un, dat\u00e9 de juillet 1870, a paru dans<span style=\"text-decoration: underline\"> Les quatre vents de l&rsquo;esprit <\/span>; les quatre\u00a0 autres dans\u00a0<span style=\"text-decoration: underline\">Toute la lyre<\/span> (le premier d\u00e9di\u00e9 \u00e0 Judith Gautier). (L&rsquo;id\u00e9e de sonnet est si peu associ\u00e9e \u00e0 Hugo que des rares auteurs qui ont parl\u00e9 de la question, certains affirment qu&rsquo;il n&rsquo;en a jamais \u00e9crit, d&rsquo;autres lui en attribuent un seul; m\u00eame Rachel Killick (qui a fait la seule \u00e9tude s\u00e9rieuse de la forme du sonnet au dix-neuvi\u00e8me si\u00e8cle) se trompe, qui ne lui en accorde que quatre!). On les trouvera tous plus loin dans cet ouvrage.<\/p>\n<p>L&rsquo;ann\u00e9e 1829 s&rsquo;ach\u00e8ve par un sonnet de Musset (7), qui n&rsquo;a pas perdu de temps pour s&rsquo;y mettre et l&rsquo;ins\u00e9rer dans ses\u00a0Contes d&rsquo;Espagne et d&rsquo;Italie.<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8211; Ann\u00e9e d\u00e9cisive dans l&rsquo;histoire du sonnet. Certes\u00a0Nestor de Lamarque (1) donne encore une traduction de l&rsquo;italien (de\u00a0Vicenzo Monti). Et\u00a0Viollet-Leduc, \u00ab\u00a0auteur de plusieurs ouvrages\u00a0\u00bb, dans son\u00a0Pr\u00e9cis d&rsquo;un trait\u00e9 de Po\u00e9tique et de Versification, &#8230; ne se montre gu\u00e8re \u00e9logieux. \u00a0\u00bb\u00a0Du sonnet \u2013 Le sonnet a \u00e9t\u00e9 consid\u00e9r\u00e9 long-temps comme le po\u00e8me par excellence et le &hellip; <a href=\"https:\/\/blogs.oulipo.net\/qc\/2011\/02\/04\/incise-1830-1\/\" class=\"more-link\">Continuer la lecture de <span class=\"screen-reader-text\">Incise 1830 (1)<\/span>  <span class=\"meta-nav\">&rarr;<\/span><\/a><\/p>\n","protected":false},"author":15,"featured_media":0,"comment_status":"open","ping_status":"open","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"footnotes":""},"categories":[1345],"tags":[],"class_list":["post-9242","post","type-post","status-publish","format-standard","hentry","category-incise"],"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/blogs.oulipo.net\/qc\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/9242","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/blogs.oulipo.net\/qc\/wp-json\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/blogs.oulipo.net\/qc\/wp-json\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/blogs.oulipo.net\/qc\/wp-json\/wp\/v2\/users\/15"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/blogs.oulipo.net\/qc\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=9242"}],"version-history":[{"count":3,"href":"https:\/\/blogs.oulipo.net\/qc\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/9242\/revisions"}],"predecessor-version":[{"id":9587,"href":"https:\/\/blogs.oulipo.net\/qc\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/9242\/revisions\/9587"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/blogs.oulipo.net\/qc\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=9242"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/blogs.oulipo.net\/qc\/wp-json\/wp\/v2\/categories?post=9242"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/blogs.oulipo.net\/qc\/wp-json\/wp\/v2\/tags?post=9242"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}