{"id":931,"date":"2011-02-06T06:59:54","date_gmt":"2011-02-06T06:59:54","guid":{"rendered":"http:\/\/blogs.oulipo.net\/qc\/?p=931"},"modified":"2011-02-19T07:23:56","modified_gmt":"2011-02-19T07:23:56","slug":"1841-7","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/blogs.oulipo.net\/qc\/2011\/02\/06\/1841-7\/","title":{"rendered":"Quand l&rsquo;homme avec le fer sur le champ des a\u00efeux \u2014 1841 (7)"},"content":{"rendered":"<p>&#8211; <strong>Antoine Tenant de La Tour <\/strong><em>Po\u00e9sies compl\u00eates<\/em><\/p>\n<p><span style=\"text-decoration: underline\">Le chemin de fer<\/span><\/p>\n<p>Quand l&rsquo;homme avec le fer sur le champ des a\u00efeux<br \/>\nDe ses nouveaux chemins aura tissu la trame,<br \/>\nEt pour mettre \u00e0 ses pieds les deux ailes de l&rsquo;\u00e2me,<br \/>\nAura dou\u00e9 ses chars de magiques essieux,<\/p>\n<p>En bas de ces c\u00f4teaux o\u00f9 vous r\u00eavez, madame,<br \/>\nPeut-\u00eatre passera le sillon lumineux,<br \/>\nEt ce Paris aim\u00e9 fera luire \u00e0 vos yeux,<br \/>\nDans sa blanche fum\u00e9e, un \u00e9clair de sa flamme.<\/p>\n<p>Alors si le matin m&rsquo;offre une douce fleur,<br \/>\nOu qu&rsquo;un sonnet, le soir, s&rsquo;envole de mon coeur,<br \/>\nAu souffle de la brise ou de la fantaisie;<\/p>\n<p>J&rsquo;irai vous le porter, pour qu&rsquo;avant de mourir,<br \/>\nLes deux fleurs du printemps et de la po\u00e9sie,<br \/>\nEntre vos belles mains ach\u00e8vent de s&rsquo;ouvrir.<\/p>\n<p>Q16 &#8211; T14<\/p>\n<p>La po\u00e9sie du chemin de fer n&rsquo;a pas tard\u00e9 \u00e0 na\u00eetre, avec les premi\u00e8res locomotives. On se souvient de Vigny: \u00a0\u00bb Sur le taureau de fer qui fume, souffle et beugle, \/ L&rsquo;homme a mont\u00e9 trop t\u00f4t. Nul ne conna\u00eet encor \/ Quels orages en lui porte ce rude aveugle, \/ Et le gai voyageur lui livre son tr\u00e9sor; \/ \u00a0\u00bb<\/p>\n<p>(critique de la <em>Revue de Paris<\/em>)\u00a0: \u00ab\u00a0<em>C\u2019est au sonnet que M.de Latour a le plus souvent confi\u00e9 l\u2019expression de sa pens\u00e9e, et maintes fois avec bonheur. Le sonnet, qui, depuis quelques ann\u00e9es, fait de bien grands efforts pour devenir populaire et reconqu\u00e9rir cette importance qu\u2019on lui attribuait \u00e0 l\u00a0\u00e9poque fortun\u00e9e des fameuses querelles engag\u00e9es entre les <span style=\"text-decoration: underline\">jobistes<\/span> et les <span style=\"text-decoration: underline\">uranistes<\/span>, le sonnet, il en faut convenir, est le mode de versification le plus apte \u00e0 recevoir une impression fugitive qui gagne \u00e0 se trouver condens\u00e9e en une forme bizarre peut-\u00eatre, mais dont les quatre pans, taill\u00e9s \u00e0 facettes, la font admirablement reluire, quand on l\u2019y sait embrasser avec adresse. La r\u00e9habilitation de ce petit po\u00e8me date de 1828. L\u2019\u00e9crivain, qui s\u2019adonnait alors \u00e0 l\u2019int\u00e9ressante \u00e9tude des po\u00e8tes trop oubli\u00e9s du xvi\u00e8me si\u00e8cle, s\u00e9duit par toutes les gr\u00e2ces coquettes des sonnets de Ronsard, de Desportes, de Dubellay et des autres membres de la Pl\u00e9iade, ne put r\u00e9sister d\u00e8s-lors \u00e0 la fantaisie de cristalliser en sonnets quelques minces courans d\u2019id\u00e9e po\u00e9tique, ce qui a fait dire de lui avec raison\u00a0: \u00ab\u00a0<span style=\"text-decoration: underline\">Du sonnet Sainte-Beuve a rajeuni le charme<\/span>. Pour n\u2019avoir pas encore trouv\u00e9 d\u2019accueil bien d\u00e9cid\u00e9ment favorable aupr\u00e8s du public, cette tentative n\u2019en a pas moins \u00e9t\u00e9 tr\u00e8s activement suivie par bien des po\u00e8tes. Il est \u00e0 remarquer toutefois, que ni M. de Lamartine, ni M.Hugo n\u2019ont adopt\u00e9 le sonnet\u00a0. Cette r\u00e9serve s\u2019explique, quant \u00e0 M. de Lamartine, par la nature m\u00eame de ses inspirations\u00a0; leurs grandes ailes se trouveraient \u00e0 l\u2019\u00e9troit et froiss\u00e9es dans cette enceinte anguleuse et fragile\u00a0; il leur faut une plus vaste atmosph\u00e8re pour se d\u00e9ployer dans toute leur majest\u00e9 d\u2019allure\u00a0; mais M.Hugo, qui a tant \u00e9labor\u00e9 de rhythmes divers, n\u2019avait pas les m\u00eames motifs de s\u2019abstenir, et l\u2019on doit regretter qu\u2019il l\u2019ait fait. Toutefois, pour deux qui ne l\u2019ont pas admis, bien d\u2019autres sont venus disputer \u00e0 son r\u00e9g\u00e9n\u00e9rateur contemporains la palme du sonnet. L\u2019auteur des <span style=\"text-decoration: underline\">Iambes<\/span> s\u2019est efforc\u00e9 de reproduire dans ce m\u00e9daillon cisel\u00e9 quelques physionomies de peintres italiens. M. Th\u00e9ophile Gautier , dans sa <span style=\"text-decoration: underline\">Com\u00e9die de la Mort<\/span>,<span style=\"text-decoration: underline\"> <\/span>deux ou trois petites merveilles en ce genre. M. Antoine de Latour ne s\u2019y est pas non plus exerc\u00e9 vainement. Beaucoup de ses sonnets ont une aisance, une souplesse de d\u00e9marche, et sont d\u00e9coup\u00e9s avec une si \u00e9l\u00e9gante sym\u00e9trie, qu\u2019il peut s\u2019applaudir d\u2019avoir choisi cette forme d\u2019o\u00f9 la pens\u00e9e, quand on l\u2019y pousse savamment en relief, jaillit comme l\u2019eau d\u2019un tube \u00e9troit.\u00a0\u00bb<span style=\"text-decoration: underline\"> <\/span><\/em><\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>&#8211; Antoine Tenant de La Tour Po\u00e9sies compl\u00eates Le chemin de fer Quand l&rsquo;homme avec le fer sur le champ des a\u00efeux De ses nouveaux chemins aura tissu la trame, Et pour mettre \u00e0 ses pieds les deux ailes de l&rsquo;\u00e2me, Aura dou\u00e9 ses chars de magiques essieux, En bas de ces c\u00f4teaux o\u00f9 vous &hellip; <a href=\"https:\/\/blogs.oulipo.net\/qc\/2011\/02\/06\/1841-7\/\" class=\"more-link\">Continuer la lecture de <span class=\"screen-reader-text\">Quand l&rsquo;homme avec le fer sur le champ des a\u00efeux \u2014 1841 (7)<\/span>  <span class=\"meta-nav\">&rarr;<\/span><\/a><\/p>\n","protected":false},"author":15,"featured_media":0,"comment_status":"open","ping_status":"open","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"footnotes":""},"categories":[1153,1118],"tags":[],"class_list":["post-931","post","type-post","status-publish","format-standard","hentry","category-q16-abba-baab","category-t14-ccd-ede"],"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/blogs.oulipo.net\/qc\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/931","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/blogs.oulipo.net\/qc\/wp-json\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/blogs.oulipo.net\/qc\/wp-json\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/blogs.oulipo.net\/qc\/wp-json\/wp\/v2\/users\/15"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/blogs.oulipo.net\/qc\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=931"}],"version-history":[{"count":6,"href":"https:\/\/blogs.oulipo.net\/qc\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/931\/revisions"}],"predecessor-version":[{"id":7237,"href":"https:\/\/blogs.oulipo.net\/qc\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/931\/revisions\/7237"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/blogs.oulipo.net\/qc\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=931"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/blogs.oulipo.net\/qc\/wp-json\/wp\/v2\/categories?post=931"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/blogs.oulipo.net\/qc\/wp-json\/wp\/v2\/tags?post=931"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}