{"id":9344,"date":"2011-02-09T02:22:07","date_gmt":"2011-02-09T02:22:07","guid":{"rendered":"http:\/\/blogs.oulipo.net\/qc\/?p=9344"},"modified":"2011-03-05T10:01:16","modified_gmt":"2011-03-05T10:01:16","slug":"incise-1879","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/blogs.oulipo.net\/qc\/2011\/02\/09\/incise-1879\/","title":{"rendered":"incise 1879"},"content":{"rendered":"<p>&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;<\/p>\n<p>in\u00a0L\u2019hydropathe<br \/>\n<span style=\"text-decoration: underline\">Le sonnet-fant\u00f4me<\/span><\/p>\n<p>Il \u00e9tait une fois un po\u00e8te blond qui aimait une grande actrice. Il faut, se dit-il, que je lui d\u00e9die un sonnet. Il se mit en cons\u00e9quence \u00e0 oublier l\u2019heure des repas et \u00e0 m\u00e2cher des h\u00e9mistiches. Apr\u00e8s avoir perp\u00e9tr\u00e9 un, deux, trois sonnets qui lui sembl\u00e8rent bien p\u00e2les en pensant \u00e0 celle qui les inspirait, il finit par se dire que le bruit des villes nuit \u00e0 l\u2019inspiration, et parti pour un village inconnu de la Bretagne. L\u00e0, pensait-il, rien ne pourra me distraire. je serai tout \u00e0 elle\u00a0!\u00a0Il se mit \u00e0 l\u2019\u0153uvre avec la ferveur de ses vingt ans, relut P\u00e9trarque, et produisit enfin un sonnet prodigieux. Quand il l\u2019eut \u00e9crit, il le d\u00e9chira avec rage en murmurant \u2013 \u00ab\u00a0 C\u2019est enluminer le soleil\u00a0! Il me faut mieux que cela\u00a0!\u00a0\u00bb\u00a0Il recommen\u00e7a avec opini\u00e2tret\u00e9. On le voyait errer par les champs. Ses cheveux incultes lui tombaient dans le dos. parfois en polissant une phrase il restait si longtemps immobile que les oiseaux, le prenant pour une caryatide se posaient sur son occiput. Il les sentait vaguement se becqueter dans sa chevelure.\u00a0Le printemps poudrait \u00e0 frimas les pommiers trapus. L\u2019\u00e9t\u00e9 ombrait les chemins, sous leurs frondaisons vigoureuses, l\u2019automne vint qui fait tousser les po\u00e8tes et valser les feuilles \u2013 puis, ce fut le tour de l\u2019hiver. Il ne voyait rien de tout cela.\u00a0Il avait repouss\u00e9 la terre d\u2019un pied d\u00e9daigneux, pour aller habiter les paysages lunaires. Il vivait l\u00e0-haut\u00a0: Cela dura si longtemps que Mlle X avait eu le temps de changer cent fois d\u2019amants, et la France quatre fois de gouvernement. Patiemment il accouplait les rimes, les quatorze rimes de son chef d\u2019\u0153uvre. Il y mit les brumes de l\u2019Allemagne, et les \u00e9clairs qui sont des paillettes sur la robe nuageuse du temps \u2013 Il y jeta toute la symphonie de l\u2019amour\u00a0; ses rythmes gradu\u00e9s, ses extases \u2026 Enfin, il s\u2019avoua content, plia l\u2019oeuvre sous son bras et revint \u00e0 Paris\u00a0.\u00a0Il descendit \u00e8s tavernes de Montmartre, s\u2019assit \u00e0 la\u00a0Grand\u2019 Pinte, but plein broc de cervoise, et lut son sonnet.\u00a0Nous n\u2019en citerons que la fin de peur que le compositeur ne nous passe ses pinces au travers du corps. la voici telle que l\u2019avait trac\u00e9e la main du jeune po\u00e8te blond qui aimait une grande actrice\u00a0:<\/p>\n<p>\u00ab\u00a0!&#8230; (\u00a0?) &#8212;-\u00a0!! \u2026 &#8212;-\u00a0!\u00a0 \u00bb<br \/>\n\u00ab\u00a0 &#8212;&#8212; \u2026\u00a0!!! \u2026\u00a0? \u2026\u00a0! \u2026 &#8212; \u00bb<\/p>\n<p>La Grand\u2019Pinte se divisa en deux camps. Ceux de l\u2019\u00e9cole du bon sens se lev\u00e8rent avec des regards inquiets et gagn\u00e8rent la porte \u2013 sympt\u00f4me rassurant.\u00a0Mais Cabaner d\u00e9clara ce sonnet sublime, et voulut le mettre en musique \u2013 sympt\u00f4me inqui\u00e9tant.\u00a0Manet prit un crayon et esquissa la vignette qui devait orner cette page de po\u00e9sie transcendante. Le po\u00e8te souriait avec modestie.\u00a0\u00ab\u00a0 Maintenant, dit-il, je vais le d\u00e9poser aux pieds de l\u2019\u00e9toile.\u00a0\u00ab\u00a0 Comment s\u2019appelle cette \u00e9toile qui a des pieds\u00a0?\u00a0 \u00bb\u00a0Il la nomma. personne \u00e0 la Grand\u2019Pinte ne semblait la conna\u00eetre. Enfin l\u2019un des v\u0153ux habitu\u00e9s lui dit, rassemblant ses souvenirs\u00a0: `\u00a0\u00ab\u00a0 Mlle X\u00a0? attendez\u00a0! Mlle X\u00a0? \u2026 c\u2019est de l\u2019histoire ancienne. Ah\u00a0! \u00e7a, d\u2019o\u00f9 venez-vous donc\u00a0? .\u00a0\u00bb\u00ab\u00a0 Je viens, dit-il, de Plougastel en Bretagne, o\u00f9 je m\u2019\u00e9tais rendu pour composer ce sonnet.\u00a0\u00ab\u00a0 J\u2019aurais d\u00fb m\u2019en douter. Eh bien, vous pouvez y retourner. Votre \u00e9toile n\u2019est plus au th\u00e9\u00e2tre \u2026 C\u2019est de l\u2019histoire ancienne.\u00a0\u00a0O\u00f9 donc est-elle\u00a0?\u00a0\u00ab\u00a0 Je n\u2019en sais rien, mon cher. C\u2019est un vieil astre couch\u00e9\u00a0: \u00e0 Paris, les femmes vont vite\u2026<\/p>\n<p>contribution au genre du sonnet de z\u00e9ro mot<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212; in\u00a0L\u2019hydropathe Le sonnet-fant\u00f4me Il \u00e9tait une fois un po\u00e8te blond qui aimait une grande actrice. Il faut, se dit-il, que je lui d\u00e9die un sonnet. Il se mit en cons\u00e9quence \u00e0 oublier l\u2019heure des repas et \u00e0 m\u00e2cher des h\u00e9mistiches. 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