La n-ine, qui généralise la sextine, est un poème de n strophes (n étant un nombre entier), chacune de n vers, chaque vers de chaque strophe terminé par un mot-clef différent. On se donne n mots-clefs qui terminent les n vers de la première strophe. Dans la seconde strophe le premier mot-clef vient à la place 2, le deuxième à la place 4, et ainsi de suite (tant que possible). Les places manquantes sont alors remplies par les autres mots
Exemple : quinine (n=5)
Strophe I : 1 2 3 4 5
Strophe II : 5 1 4 2 3
Strophe III : 3 5 2 1 4
Strophe IV : 4 3 1 5 2
Strophe V : 2 4 5 3 1
Dans une n-ine, deux strophes distinctes ne peuvent pas avoir la même disposition1. Supposons ainsi qu’on essaye d’écrire une 4-ine (ou Catherine). On a successivement :
Strophe I : 1 2 3 4
Strophe II : 4 1 3 2
Strophe III : 2 4 3 1
Strophe IV : 1 2 3 4
La strophe IV ayant la même disposition que la strophe I, on ne peut composer de quenine de 4.
Les nombres entiers pour lesquelles la n-ine (quenine) existe se nomment nombres de Queneau.
La n-ine de 3 s’appelle terine. elle a trois strophes de trois vers se terminant chacun par un des mot-rimes choisis suivant l’ordre
strophe 1 : 1 2 3 ; strophe 2 : 3 1 2 ; strophe 3 : 2 3 1
Machaut chantait que sa fin
Était son commencement,
Et le contraire. Au milieu,
Rien qui dise qu’un milieu
trouve en entre deux sa fin,
l’an de son commencement.
Bouge le commencement
qui passa par le milieu
comme y eut passé la fin.
Autres variations et extensions – le principe de la n-ine peut être ajusté de manière telle qu’il s’applique pour des entiers échappant au principe strict . On obtient ainsi la septine, l’octine, et bien d’autres.