23. Celui qui a contemplé la beauté

À la banque, le travail d’Ariane consiste à accueillir les clients. Apparemment, la plupart de ceux-ci sont partis en vacances, alors elle n’a pas grand-chose à faire. Elle a toujours un livre, souvent mais pas toujours un roman, ouvert sur les genoux. Le soir, elle fait des mathématiques, des démonstrations, des calculs et des figures, …

24. Les villes et le regard

Parfois, à l’heure du déjeuner, elle va regarder les livres à la librairie Kleber. Des romans mais aussi des livres de voyages, de beaux volumes illustrés de photographies aussi magnifiques et banales que des Canaletto tardifs, des guides, dans lesquels elle apprend des données factuelles et numériques qu’elle ne peut s’empêcher de mémoriser, c’est sans …

25. Les villes et la mémoire

Le lendemain, un vendredi, c’est un autre petit livre qu’elle emmène à la banque. Lui aussi porte une image ancienne sur sa couverture, image sur laquelle on voit surtout des bateaux, on ne reconnaît pas bien les bâtiments qui ont l’air de flotter aux aussi sur une lagune bleu outremer. Le livre est abondamment illustré …

26. Un été à Venise (suite)

Rentrée chez elle, le soir, il arrive à Ariane de regarder les informations à la télévision. Carnage en Egypte, images brutales, violence aveugle, images insoutenables, « Trop d’images, pas assez de regard », commente son père. Un peu plus tard, elle écrit à Marcus Peux-tu aller voir près de Santa Maria di Rovinazzi si tu vois du …

27. Un juif n’a-t-il pas d’yeux?

Elle a choisi, mesuré, elle a réfléchi, démontré, elle a calculé, utilisé son ordinateur et son sirop de logiciel, elle a dessiné les ellipses pour qu’elles passent par les points voulus, beaucoup de travail, des moyens matériels, logiciels, graphiques, mobilisés pour apporter à une question finalement assez complexe un résultat d’une grande simplicité apparente, quatre …

28. Si vous nous chatouillez, est-ce que nous ne rions pas?

Encore un dimanche, c’est déjà le 14 août, le père d’Ariane se met à confectionner une mousseline de fraises. Il a l’air très en forme et les fraises prouvent sans doute que les brûlures à l’œsophage qu’ont provoquées les durs rayons lancés contre ses poumons s’atténuent, mais Ariane et sa mère sont quand même inquiètes. …

29. Un été à Venise (travail)

Le lendemain, qui est un mercredi, elle travaille toute la journée et, malheureusement, quelqu’un a dû s’apercevoir que la petite blonde de l’accueil ne faisait pas grand chose, alors on lui donne des étiquettes à coller. Ce n’est ni intéressant ni vraiment fatigant, sauf qu’elle ne peut pas continuer son roman, alors elle se concentre …

30. Un été à Venise (fin)

Il pleut toujours beaucoup mais, un soir, le soleil apparaît, et ses rayons rectilignes modifient leur trajet en rencontrant les gouttes de pluie. C’est ce qui produit le tourbillonnement de la lumière dans les tableaux de Turner, son miroitement dans les éclats blancs de l’eau, c’est aussi ce qui produit les belles couleurs sagement rangées …

31. Septembre (perspectives)

Fin août, Ariane termine son travail à la banque. Les employés reviennent de leurs vacances et vont passer la semaine à commenter le temps qu’il a fait, un été pourri, et à se montrer leurs photos en comparant les techniques utilisées, argentique, numérique, ce qui veut dire, en termes plus clairs, qu’ils comparent les appareils …

32. Les villes et le désir

À la bibliothèque municipale où elle rapporte avec un peu de nostalgie les livres de l’été, elle emprunte les Pierres de Venise qu’elle lit enfin et qui sont le sujet de quelques échanges de messages avec Marcus. Celui-ci s’étonne qu’elle puisse lire un livre aussi ennuyeux. En Angleterre, on l’appelle le « Sermon sur les pierres » …