Chapitre 3 — Listes


1 Liste des premiers quatrains

Pour chaque type de quatrains du dispositif formel, je note dans cette liste le premier exemple rencontré dans le choix. On remarque


(i) Tous les quatrains bâtis sur les deux mêmes rimes (Q1 à Q18) sont attestés
(ii) Il en est de même des quatrains à quatre rimes (Q55 à Q63)
(iii) Des 36 types de quatrains sur trois rimes (Q19 à Q54) moins de la moitié (16) sont présents

deux rimes


Q1
aabb aabb 1825,1 Jacques-Dominique Harman

Sur un trône éclatant de gloire et de clémence
Apparaît un Bourbon, égide de la
France
Successeur de Louis, le Solon de nos
lois ,
Il marche sur les pas du modèle des
rois.


Du faîte des grandeurs, par sa
munificence,
On le voit chaque jour secourir l’
indigence :
Ralliant les Français aux accords de sa
voix,
Sa bonté les accueille et les touche à la
fois.


Q2
aabb abab 1842,11 Louise Colet


J’aime les vieux manoirs, ruines féodales
Qui des rocs escarpés dominent les
dédales;
J’aime du haut des tours de leur sombre
prison
A voir se dérouler un immense
horizon;


J’aime, de leur chapelle en parcourant les
dalles,
A lire les
ci-gît couronnés de blason,
Et qui gardent encor la trace des
sandales
Des pèlerins lointains venus en
oraison.


Q3
aabb abba 1820,1 Sourdon de la Coretterie

Toi qui n’étais plus homme avant de te connaître!
Qui perdis, en naissant, le flambeau de ton
être!
Toi pour qui de l’amour les soins et les
soupirs
Sont des jeux inconnus, ainsi que ses
désirs!


Au sein des voluptés toi qui conduis ton
maître,
Et qui, sans t’émouvoir, témoin de ses
plaisirs,
Traînes des jours sevrés de tendres
souvenirs!
Gardien de la beauté! Son vil tyran
peut-être!


Q4
aabb baab 1864, 10 Jules de Voris


Alors que nous étions jeunes adolescents
Et qu’on nous permettait des doux jeux
innocents,
C’est vous que j’embrassais pour sortir de
la ronde,
Tressaillant sous le poids d’une ivresse
profonde.


Loins des fades bavards qui composent le
monde,
Un soir, tous deux, tout seuls, timides,
rougissants,
Et le cœur dévoré de désirs
impuissants,
Je vous ai dit, je crois, que j’aimais une
blonde.


Q5
aabb baba 1901,10 Jules Supervielle


Au crépuscule doux, une feuille d’automne,
Devant l’hiver qui vient se lamente et
frissonne,
Mais avant de mourir, dans l’horizon
vermeil,
Elle regarde au loin la trace du
soleil.


Elle pense aux beaux jours, elle songe au
réveil
Des feuilles au Printemps quand le soleil
rayonne,
Elle est triste d’entrer dans l’éternel
sommeil
Et de sentir pleurer l’arbre qu’elle
abandonne.


Q6
aabb bbaa 1855,2 Marc du Velay


D’une pâleur de mort sa face se voila.
Courbé sur le rocher, d’un geste il
déroula
Le manteau qui volait au bord de son
épaule
Et cacha sous les plis la lyre qui
console.


Ses cheveux, éclairés d’une ardente
auréole,
Sur l’abîme pendaient comme les pleurs d’un
saule,
Et sa voix appela par trois fois:
Eola!
Une autre voix de loin répondit: me
voilà!


Q7
abab aabb 1843,20 (Auguste Barbier) ? 1875,11 Ernest Périgaud


C’est toi, mon doux trésor, c’est toi, ma bien-aimée,
Plus fraîche qu’un matin, plus belle qu’un beau
jour,
Toi le ravissement de mon âme
charmée,
Toi mon souci constant et mon plus cher
espoir.


Ta taille est svaelte à rendre envoeuse une
almée,
Ta joue est une fleur, ta lèvre
parfumée
Semble un vivant corail, et ton œil, pur
miroir,
Brille comme un éclair de feu dans le ciel
noir.


Q8
abab abab 1801,2 Viviand Bellerive

Fille auguste du ciel, ô paix tant désirée !
Abaisse enfin sur nous tes consolans
regards,
Abandonne l’Olympe où tu t’es
retirée :
L’humanité t’appelle au sein de nos
rempars !


Fais envier ton règne à l’Europe
égarée,
Succéder le repos aux jeux sanglans de
Mars,
Et que chez les Français ton olive
sacrée
Ranime l’industrie et réchauffe les
arts !


Q9
abab abba 1832,2 Leger Noël


Blâmeras-tu, Philis, l’audace de ces vers …
Tu peux les lire, au moins, sans que ton front
rougisse.
Je ne viens point pleurer sur un bien que je
perds;
Et ton bonheur m’arrache un cruel
sacrifice.


Quoiqu’en proie à l’amour, et captif dans tes
fers,
Ne crains plus que mon coeur t’expose mon
supplice;
Si de mes maux encor il faut que je
gémisse,
Mes larmes couleront dans l’ombre des
déserts.


Q10
abab baab 1829,7 Alfred de Musset


Que j’aime le premier frisson d’hiver! le chaume,
Sous le pied du chasseur, refusant de
ployer!
Quand vient la pie aux champs que le foin vert
embaume,
Au fond du vieux château s’éveille le
foyer;


C’est le temps de la ville. – Oh! Lorsque l’an
dernier,
J’y revins, que je vis ce bon Louvre et son
dôme,
Paris et sa fumée, et tout ce beau
royaume
(J’entends encore au vent les postillons
crier),


Q11
abab baba 1818,3 A.Poujol


A l’immuable paix, il est deux grands obstacles;
L’ambition cruelle et l’orgueil des
humains:
Pour franchir ces écueils, il faudrait
des miracles,
Tant ils ont ébloui les vaillans
souverains.


Jadis on vit aux cieux, parmi les
Chérubins,
La superbe monter aux suprêmes
pinacles,
Et vouloir s’arroger les attributs
divins,
Tant l’esprit de grandeur se complaît aux
spectacles.


Q12
abab bbaa 1875,12 Ernest Périgaud


C’était le soir , battant ses rives désolées,
Avec un bruit plaintif imitant les
sanglots,
Le torrent s’enfuyait ; des lueurs
étoilées
Voltigeaient en tremblant à la cîme des
flots.


L’écume jaillissante étendait sur les
eaux
Son écharpe d’argent ; ainsi que des
troupeaux
Que l’épouvante chasse en bandes
affolées,
Les vagues en fureur couraient
échevelées.


Q13
abba aabb 1858 4 M.Modelon


Qui, moi? faire un sonnet? J’en ai si peu l’envie!
Puis, un sonnet sur quoi? sur ce qu’il me
plaira?
Fort bien! essayons! Puis, advienne que
pourra
Du sonnet, le premier que je fais de ma
vie!


Qu’en dites-vous, ami? Vous riez, je
parie,
De me voir me creuser pour une rime en
ie,
Que doit suivre bientôt une autre rime en
ra.
Encore un hémistiche! et puis la chose
ira.


Q14
abba abab 1811,2 P.L.Guinguené


Je vais seul et pensif, des champs les plus déserts,
A pas tardifs et lents, mesurant
l’étendue,
Prêt à fuir, sur le sable aussitôt qu’à ma
vue
De vestiges humains quelques traits sont
offerts.


Je n’ai que cet abri pour y cacher mes
fers,
Pour brûler d’une flamme aux mortels
inconnue:
On lit trop dans mes yeux, de tristesse
couverts,
Quelle est en moi l’ardeur de ce feu qui me
tue.


Q15
abba abba 1802,1 Juan Laurencin


L’espérance est pour l’homme un filtre merveilleux;
Otez à son esprit l’élan de l’
espérance,
Et l’homme doit haïr sa pénible
existence;
Par l’espérance il peut quelquefois être
heureux.


Trompé le plus souvent dans l’objet de ses
voeux,
Le bonheur lui sourit dans la moindre
apparence,
Le sort aggrave-t-il aujourd’hui sa
souffrance?
Il s’en consolera; demain il ira
mieux.


Q16
abba baab 1838,8 Hippolyte de La Morvonnais


Je ne sais qui me porte à peindre tout cela,
Mais malgré moi, mon vers coule à sa
destinée;
C’est là ma mission. – Seras-tu
fortunée,
Ma mission d’amour? Suis-je ici, suis-je
là?


Toujours quelque détail que recèle une
année
Voisine du berceau, m’arrive, et me
voilà
Laissant courir ma plume; or qui donc m’
appela
A cette oeuvre où s’en va mon âme
abandonnée.


Q17
abba baba 1832, 3 A.Mathieu


Silence. Taisez-vous, éternels discoureurs!
Comment sonder le fond de cet abîme
immense?
Si la guerre civile en un état
commence,
Qui peut marquer son terme et prévoir ses
horreurs?


Mais quand un peuple entier bondit comme en
démence
Quand hurlent des combats les cris
avant-coureurs
Heureux qui des vertus conservant la
semence,
Reste pur, comme avant, des coupables
erreurs!


Q18
abba bbaa 1855, 8 Jules Marchesseau


Je dansais avec vous, vous qu’en tremblant je
nomme;
Vous me disiez: ‘ J’ai vu R***
aujourd’hui. »
Et, si de trop d’éclat vos yeux bleus n’avaient
lui,
Je vous eusse conté le propos d’un grand
homme:


– Un jour qu’en Ibérie il allait, plein d’
ennui,
César, voyant un bourg pauvre et laid devant
lui,
Dit à ses compagnons: « J’aimerais mieux, en
somme,
Etre ici le premier que le second à
Rome. »


Trois rimes


Q19
aabb aab’b’ 1881,11 Paul Marrot


Mes aïeules ont cru pendant des mille années
Que l’âme, étant divine, avait des
destinées;
C’est pourquoi, dégoûté d’un monde
bestial,
Parfois, j’ai des rappels vers un monde
idéal.


Mes aïeux ont compris après des mille
années
Qu’on les trompait par des chimères
surannées,
Que les sermons étaient des farces; c’est
pourquoi
J’ai senti l’ironie éclore et rire en
moi.


Q20
aabb ab’ab’


Q21
aabb ab’b’a 1878,4 Charles Soullier


Mon corps n’a que cinq pieds, mais il a de l’ampleur;
Car il peut contenir quinze enfants dans son
coeur.
D’abord: – sur deux, je suis une note en
musique;
– Un vin délicieux; – une monnaie antique.


Sur trois: – un établi; chez l’Anglais le mot
sieur;
– Un tissu sans duvet; – une trace
légère;
– Un élément de vie; – une mesure
agraire;
– La colère; un sourire agréable ou
moqueur.


Q22
aabb bba’a’


Q23
aabb ba’ba’


Q24
aabb ba’a’b 1842,10 Henri-Victor Drouaillet


Sur le blanc mausolée où repose Mercoeur,
Je lisais ces deux vers qui m’allèrent au
coeur:
La victime du siècle est là sur cette
tombe:
Anathème au vautour et paix à la
colombe!


Ceci me fit rêver; lorsque la feuille
tombe,
Me dis-je, nul ne sait où le vent la
conduit;
Ainsi la gloire, après le jour descend la
nuit.
L’astre à peine levé qu’il pâlit, qu’il
succombe.


Q25
aabb a’bba’ 1880,4 Cabriol

Potard potassant beaucoup
Des
combles l’exorbitance
Il comble son
existence
D’
à peu près faits coup sur coup.


Ce qu’il vous sert un
ragoût
D’absurdisme avec
prestance
C’est un rêve … pour la
stance
Rimée, il a peu de
goût.


Q26
aabb a’ba’b


Q27
aabb a’a’bb 1801,1 (Michel de) Cubières, jeune


Imitation du sonnet italien


Suspends, héros illustre, au temple de la
gloire,
L’acier étincelant qui fonda ta
victoire,
Et que ton jeune front, qu’ombragent les
lauriers,
Serve éternellement de phare à nos
guerriers.


Il est temps que le monstre échappé du
Tartare,
Qui forgea contre toi plus d’un projet
barbare,
Sur les rives du Stix, enchaîné
désormais,
Te laisse ouvrir enfin le Temple de la
Paix.


Q28
aabb b’aab’


Q29
aabb b’ab’a


Q30
aabb b’b’aa


Q31
abab aab’b’


Q32
abab ab’ab’ 1855,4 Marc du Velay


O mon fils! Ne sois plus triste. Dis-moi, qu’importe
Ces luths toujours muets à tes murs
suspendus;
Les pierres des méchants pleuvant contre ta
porte,
Et tes meilleurs amis au tombeau
descendus?


Coursier sans frein, le temps, dans sa fuite t’
emporte,
Il franchit au galop un pays
dévasté:
N’arrête pas tes yeux sur cette terre
morte,
Regarde seulement le but: l’
éternité!


Q33
abab ab’b’a 1970,3 Adolphe Haberer


« Qi vit ici?  » Cris d’ibis
vifs.
« Qi vit?  » Lys, iris gris,
vit-il?
Cris (bis) vils; six pics
incisifs.
 » S’il y vit, fils d’Isis
viril?


Si vit Lilith?  » Il vit nid d’
if,
N’y prit d’instinct l’incivil
lit,
Ni inscrivit l’infini
pli.
(Ci-gît l’incipit
instinctif)


Q34
abab bba’a’


Q35
abab ba’ba’ 1905,4 Dathan de Saint-Cyr


Est-il rien de plus doux, rempli de plus de
charme,
Que l’enfant du ciel bleu, le beau petit
oiseau?
Pouvez-vous contempler, sans verser une
larme,
Les petits piaillant au fond de leur
berceau?


Voyez se balancer, sur le bord du
ruisseau,
Construit avec tant d’art, ce nid d’herbe et de
mousse,
Qu’agit mollement le vent dans le
roseau,
Imprimant à l’arbuste une douce
secousse.


Q36
abab ba’a’b 1866,6 Louis Goujon


Le sifflet retentit dans la gare sonore,
Et le convoi s’ébranle; – un bruit lourd,
infernal,
Roule et court sur les rails; la route se
dévore,
Et le monstre de fer suit son rouge
fanal.


Allumons un cigare et lisons mon
journal;
Quand tout sera fini j’entrerai dans ma
chambre.
D’ailleurs, le temps est long quand on est en
décembre,
Et que notre voisin est gênant ou
banal


Q37
abab a’bba’


Q38
abab a’ba’b 1806,1 Alexandre Sonnerat


Agent trop criminel du tyran Robespierre,
Bourreau de mon pays, infâme
dictateur !
Avant de terminer ta coupable
carrière,
Laisse entrer un moment le remords dans ton
cœur !
Contemple, malheureux, la suite de tes
crimes !
Vois le Rhône frémir et reculer d’
horreur !
Ses flots ensanglantés ont roulé tes
victimes
Vivant pour la patrie et, mourant pour
l’honneur.


Q39
abab a’a’bb


Q40
abab b’aab’


Q41
abab b’ab’a


Q42 abab b’b’aa


Q43
abba aab’b’


Q44
abba ab’ab’ 1858,11 (Henri Dubellay) ? 1928,6 Odilon-Jean Périer


Rien – qu’un paysage pris
Page vide – pure
estampe,
Entre tes yeux et la
lampe
Seule à lui donner du
prix,


Rien qu’un déchirant
esprit
De neige et de
solitude,
Mes chants que tu as
surpris
Par une amicale
étude,


Q45
abba ab’b’a 1836,6 Alfred de Vigny


Esprit parisien! – Démon du Bas-Empire,
Vieux Sophiste épuisé qui bois, toutes les
nuits,
Comme un vin dont l’ivresse engourdit les
ennuis,
Les gloires du matin, la meilleure et la
pire;


Froid niveleur, moulant, aussitôt qu’il
expire,
Le plâtre d’un grand homme ou bien d’un
assassin,
Leur mesurant le crâne, et, dans leur vaste
sein,
Poussant jusques au coeur ta lèvre de
vampire;


Q46
abba bba’a’


Q47
abba ba’ba’ 1866,5 Louis Goujon


On lit sur un poteau planté près de l’octroi:
« Défense à l’indigent de demander l’
aumône »
Hier, je vis passer un spectre à face
jaune,
Hideux comme la faim, morne comme
l’effroi.


De son feutre crasseux qui fut, jadis, en
cône,
S’échappaient par vingt trous ses cheveux droits et
longs;
Son cou se hérissait d’une barbe de
faune,
Ses souliers crépitants craquaient sous ses
talons.


Q48
abba ba’a’b 1855,3 Marc du Velay


Madame, j’aime fort les châteaux en Espagne,
Seul au coin de mon feu j’en bâtis
quelquefois;
Mais je n’en fais jamais d’aussi charmants,
je crois,
Que notre humble chaumière au fond de la
Bretagne.


Elle est toute de joncs, de mousse, et je la
vois
Si bien, qu’assez souvent j’espère en ce beau
rêve;
Et je me dis: peut-être, au bord de quelque
grève
Est-il un doux abri que Dieu fit pour nous
trois.


Q49
abba a’bba’ 1897,20 Léopold Dauphin


Comme s’il éveillait, Juillet, sous une lune,
Quelques fils-de-la-vierge et les paraît d’
argent,
Voici que tout l’été (déjà lui !)
submergeant
Ton front pur, de cheveux gris te pare, ma
brune.


Et malgré moi, je songe aux futures
parures
Dont le ciel, exauçant plus tard mon vœu
galant
Ornera ta beauté. Moins que ton cœur si
blanc,
Blanche sera ta neige à l’ombre des
guipures.


Q50
abba a’ba’b


Q51
abba a’a’bb


Q52
abba b’aab’ 1874,19 Dubosc de Pesquidoux


Vous restez au pays de l’éternel
printemps,
Et je fuis le rivage. Adieu mes belles
fées !
En chantant avec vous la chanson des
Orphées,
J’ai cueilli par vos mains les roses au beau
temps.


Vous êtes l’idéal, et versez l’ambroisie
Avec l’urne des dieux aux âmes de vingt
ans,
Vous êtes la jeunesse et ses rayons
flottants :
La jeunesse ! Je pars, et ne l’ai pas
saisie … )


Q53
abba b’ab’a 1843 11 Th. Wains-des-Fontaines


C’est à l’heure où l’on voit la tempête et l’orage
Bouleverser les mers, – que l’Alcyon
plaintif,
S’élançant tout-à-coup du sommet d’un
récif,
Aux pales nautonniers annonce le
naufrage.


II


Ce n’est pas cependant qu’il aime les
éclairs;
Qu’il aime voir la foudre et les vents, dans leur
rage,
De leurs affreux combats épouvanter les
airs,
Et de tristes débris joncher au loin la
plage;


Q54
abba b’b’aa

Quatre rimes


Q55 aabb a’a’b’b’ 1839,10 François Ponsard


Soit que paisible au sein du foyer
domestique,
Vous nous rajeunissiez le gynécée
antique,
Et qu’ouvrant votre coeur à la douce
pitié,
Vous charmiez le malheur par des mots d’
amitié;


Soit que vous commandiez, majestueuse et
sainte,
Au crime audacieux le respect et la
crainte,
« Et qu’un courroux auguste éclatant dans votre
oeil,
Des regards de Sextus fasse baisser l’
orgueil« ;


Q56
aabb a’b’a’b’ 1839 8 (Louis Ayma) ? 1900,12 Camille Mauclair


Et puis en somme, et malgré
tout,
Que j’aie été mauvais ou
fou,
Voici des vers et des
pensées
Qui vous seront fruits et
rosées.


Voici bien des choses
blanches,
Toute lueur qui fut en
moi,
Toute la source qui s’
épanche,
Et mon cœur aride en fait
foi.


Q57
aabb a’b’b’a’ 1839,9 Marceline Desbordes-Valmore


Que souvent, aux rayons de tes prunelles noires,
Au bruit de ton nom pur et de tes pures
gloires,
Aux magiques pâleurs dont se voilent
parfois
Le bonheur sur ton front et le ciel dans ta
voix,


J’ai dit de cette voix où l’age se
devine,
De ce souffle pudique, et des saintes
amours,
Qu’on écoute une fois pour l’entendre
toujours,
Que l’on sent se mouiller d’une larme
divine!


Q58
abab a’a’b’b’ 1864,11 Louis Guibert


Lorsque fier, souriant au monde, à l’avenir,
L’homme pose le pied sur le seuil de la
vie,
Tout semble auour de lui chanter et
resplendir :
Son âme au grand soleil s’épanouit
ravie,


Vaste comme la mer, pure comme le
jour,
Et son cœur palpitant chante un hymne d
’amour.
Puis, il voit s’effeuiller jour par jour sa
jeunesse
Et petit à petit se dissipe l’
ivresse.


Q59
abab a’b’a’b’ 1808,4 Stanislas de Boufflers


Visite, douce paix ! la vallée
épineuse
Que je parcours pensive, en l’arrosant de
pleurs,
Loin des sentiers riants où la jeunesse
heureuse
D’un pied léger foule des
fleurs ;


Ainsi que mon bonheur, que le jour
disparaisse,
Que la nuit sur le monde étende un voile
noir ;
Le jour, la nuit verront mes pleurs couler sans
cesse :
Mais que servent les pleurs au chagrin sans
espoir ?


Q60
abab a’b’b’a’ 1808,2 Stanislas de Boufflers


Toi qui parais toujours sous les traits qu’on désire,
Devant qui semblent fuir la crainte et la
douleur,
Douce Espérance! viens; viens, et que ton
sourire
Eclaircisse la nuit qui règne dans mon
coeur;


Parle à ce coeur, dis-lui (ta voix a tant de
charmes!)
Qu’il peut germer encor pour lui quelque
plaisir,
Que, pour tromper la peine, ou du moins l’
adoucir,
L’esprit a sa magie, et l’amitié ses
larmes;


Q61
abba a’a’b’b’ 1887,14 Jules Nollée


Chacune de tes fleurs renferme dix baisers
Qui me sont destinés, dis-tu. Totzl :
soixante !
Cette somme serait pour tout autre
importante
Et le mettrait au rang des amoureux
aisés.


Hélas ! de moi le ciel fit un enfant
prodigue.
Je vis comme un torrent que nulle main n’
endigue.
Pauvre dissipateur, je me trouve aux
abois,
Car mes lèvres ont pris le tout en une
fois.


Q62
abba a’b’a’b’ 1832,4 Fulgence Girard


Quand la pêche a rempli sa hotte et ses filets,
Le mareyeur lassé regagne le
rivage,
Fait sécher au soleil sa seine sur la
plage,
Et puis, en attendant le soir, s’endort
auprès.


Une fois qu’il arrive au terme de sa
course,
Sans attendre en marchant la chute de la
nuit,
Le voyageur s’arrête, et dans l’eau d’une
source,
Délasse, en les lavant, ses pieds, … et tout est
dit.


Q63
abba a’b’b’a’ 1808,7 P.J.Charrin


J’ai huit pieds, cher lecteur, et mon tout fait pour plaire
S’il s’offrait à tes yeux maîtriserait ton
coeur.
Tu me nommes souvent pour peindre ton
bonheur,
J’
habite en même temps et les cieux et la terre.


Cherche, et tu trouveras, en me
décomposant
D’
un peuple quel qu’il soit la moins brillante classe,
Un meuble précieux, duquel on ne se passe
Sans qu’on y soit contraint par un
événement.

Liste d’octaves (ou quatrains excentriques)

Les exemples de cette liste comportent les dispositions où un quatrain au moins est sur une seule rime et celles, ‘excentriques’ où les quatrains ne sont pas autonomes. J’inclus cette fois tous les exemples qui font partie du choix. Je reproduis les octaves du premier de chaque liste.

(i)

aaaa aaaa Paul Jourdy 1923,8 ? (exemple douteux : les vers du second quatrain ne riment pas classiquement avec ceux du premier)
Georges Juéry 1950,1 ? (douteux aussi : tous les vers de l’octave sont sur le même mot-rime : ‘mort’)

aaaa bbbb Verlaine 1867,13
Cabriol 1880,23


Devant l’ex-Napoléon-
un
Il fait, le dimanche
matin,
Ronfler, sous une dextre
main,
Pour charmer maint, et maint et
maint


Nez d’argent, que jadis la
treille
Avait bourgeonné, mainte
oreille,
Aux oreilles de sourd
pareille,
L’orgue ! et pour cela j’
appareille


Jules Laforgue 1883,10
Amédée Rouquès 1892,10
Charles-Adolphe Cantacuzène 1901,3 1901,5
Louis Bocquet 1901,12
Henri Fischer 1903,1

aaaa a’b’a’b’ Olivier Larronde 1966,2


Le bruit du pas-de-bruit d’un pas
Qu’a-t-il à ne nous dire
pas
Qu’en toi le peu de bruit des
pas
Fait la rigole d’un tré
pas


Réfléchissons là que
poissons
Pas dans l’eau d’un bonheur sans
rex
Quand le talon des
ultrasons
Veut bien circonscrire un
inflex

abab a’a’a’a’ Richard Cantinelli 1895,10


Vicvânitra priait. Les nocturnes délices
Des songes se fondaient en la splendeur
rosée
De l’aurore aux cheveux couronnés de
narcisses,
Qui s’éveillait avec des langueurs d’
épousée.


Vicvânitra priait et songeait. Les
figuiers
Sous le soleil levant noircissaient
enlacés:
Tels des êtres en qui montent les flots
pressés
Du sang, sous le contact de lumineux
baisers.

(ii) Les quatrains sont sur deux rimes représentées chacune quatre fois ; mais dans chaque quatrain l’une d’entre elles est isolée. On observera que ces dispositions respectent la ‘règle de la quadruple rime’ de Gautier.

abaa babb Musset 1835,7


O critique du jour, chère mouche bovine,
Que te voilà pédante au troisième
degré!
Quel plaisir ce doit être, à ce que j’
imagine,
D’aiguiser sur un livre un museau de
fouine


Et de ronger dans l’ombre un squelette
ignoré!
J’aime à te voir surtout, en style de
cuisine,
Te comparer sans honte au poète
inspiré
Et gonfler ta grenouille aux pieds du boeuf
sacré!


Verlaine 1894,14
Auguste Angellier 1896,3
Alberte Solomiac 1932,1

aaba bbab Levavasseur 1843,4


Si les plus beaux cheveux du monde
Miroitaient sur sa tête
blonde,
Son nez, galamment
retroussé,
Taquinait une bouche
ronde.


Main passant, le coeur
détroussé,
Baissait les yeux, tout
courroucé,
Sous son regard de
Frédégonde,
Piteusement
éclaboussé.


Edouard Pailleron 1869,27
? 1874,6

aaab baaa Antoine-Auguste Génin 1858,3


Que de fois, pour charmer le mal qui me dévore,
J’ai trompé le sommeil et devancé l’
aurore!
A poursuivre un regard qu’en vain mon oeil
implore,
J’ai perdu bien souvent des soleils tout
entiers.


Que de fois j’ai suivi vos pas dans les
sentiers,
Seul, occupant mon coeur à lui redire
encore
Vos attraits, mon amour, et croyant voir
éclore
Des fleurs au doux contact de votre pied
sonore!

abbb aaab D.Mon 1886,19


C’est l’été. Le sentier que la ronce enguirlande,
Où l’églantine pâle et le
volubilis
Accrochent leurs bouquets aux sombres
tamaris,
Semble, par le soleil, une fraîche
oasis.


Un ânon va, très fier de sa riche
provende,
Portant l’enfant qui rit, lui parle et le
gourmande,
Juché haut, entre deux grands paniers de
marchande,
Emplis et débordant du plus charmant
fouillis,

aaab bbab ? 91,14


Le grand soufflet gémit et le noir charbon fume,
Voici que le foyer de la forge s’
allume,
J’aime le forgeron qui soude sur l’
enclume
A grands coups de marteau les fers
incandescents.


Le métal obéit à ses efforts
puissants
Et son travail joyeux a de mâles
accents.
J’aime aussi l’écrivain qui soude avec la
plume
Les mots de notre langue en groupes
frémissants.

(iii) Les quatrains sont sur deux rimes ; l’un des quatrains est autonome. Ces dispositions sont dissymétriques.

abab abaa Alphonse Duchesne 1845,8


J’aurais été Petrarca
Si vous aviez été
Laure,
Et les pèlerins d’
Arqua
Parleraient de vous
encore ;


Si vous étiez
Francesca
Je serais, moi qu’on
ignore,
Paolo qui l’
adora,
Et l’on me crierait :
Raca !

abaa baba Marc du Velay 1855,5


On se sent malheureux: on va chercher bien loin
L’égoïste travail, l’orgueil vain, l’or
avare,
Et comme on oublîrait son bâton dans un
coin,
On laisse à la maison le bonheur, cher
cousin.


Pourtant c’est ici-bas le trésor le plus
rare.
Nos pères nous traçaient un paisible
destin,
Mais par d’autres sentiers le hasard nous
égare,
Et nous voudrons, trop tard, suivre le bon
chemin.

aaba abba Marc du Velay 1855,7


Dans un album gothique au fermail blasonné,
Vrai bijou de prie-Dieu, digne du Roi
René,
Portant sur son velours, avec ma croix de
sable,
Votre Lion rampant, de sa couronne
orné,


Sur un vélin d’azur et d’or
enluminé,
Où brilleraient Jésus et la Bible et la
Fable,
Je voudrais chaque soir, ô Baronne
adorable!
Fleuron aux cent couleurs dessiner un
sonnet.

(iv) Octaves sur trois rimes ; chaque quatrain sur deux rimes seulement

abbb ab’b’b’ Henri Cantel 1869,6


Aline sommeillait un matin, Léona,
Voyant la blonde vierge en fleur, et demi-
nue,
Dans ses veines sentit une force
inconnue
Courir, comme la foudre éclatant sous la
nue.


Sa folle passion soudain se déchaîna;
Elle trembla, rougit, pâlit. Ivre et
farouche,
Elle enlaça sa proie, et lui ferma la
bouche
D’un baiser. Lors l’enfant se dressa sur sa
couche!


Cabaner 1872,34

aaab a’a’a’b Henri Cantel 1869,7


Puisque la femme est infidèle,
Que son coeur est une
hirondelle
Qui part et brise d’un coup d’
aile
Le nid de ses
amours,


Sans nous donner des airs
moroses,
N’aimons rien, aimons toutes
choses,
Butinons lys, verveine et
roses
Qui verdissent toujours.

aaab a’a’a’b Ernest d’Hervilly 1885,5


Pourquoi, dans ces bassins que le gouvernement
Fait toujours en été vider c
omplêtement,
L’autorité met-elle avec
acharnement
Un
cygne?


Serait-ce pour permettre au poète
rêveur
De l’égorger, afin d’ouïr plein de
ferveur
Son chant suprême? Alors, mais c’est une
faveur
Insigne?

aaab ba’a’a’ François Dellevaux 1898,5


Il te fut révélé, ce soir, et t’a blessée,
L’acte brutal qui préoccupe ta
pensée.
Or, c’est l’instant, ô virginale
fiancée!
Des souhaits écoutés et des voeux
accomplis.


Sois à moi! Le corps seul est d’argile. Le
lys,
Cette royale fleur de pureté
candide,
A besoin, pour pousser son calice
splendide,
Du suc vivifiant d’un noir humus
sordide:

(v) Octaves et chaque quatrain sur trois rimes

abba’ baa’b Aimé Passereau 1901,13


Il a bien su jouer d’une femme
docile,
Et s’enrichir sans regarder à la
façon
Qui dont reconnaîtrait sous l’éclat du
blason
Acheté au Saint-Père, un garçon de
vaisselle ?


On se l’arrache, il est le roi de la ’
saison
Il assiste à tous les dîners qu’on donne en
ville,
Son luxe énorme et sa brochette
universelle
Flattent la vanité des maîtres de
maison.

aba’b’ b’a’ab Pierre-Jean Jouve 1949,7


Dans une contrée étrangère
Entretien sur ce qui n’est pas:
Recherche du Nom sans personne
Et de la personne sans nom


Recherche des routes sans pont
Et de lacs où nulle eau ne sonne
Des temples bâtis sans lumière
Nuit où le soleil ruissela

abb’a bab’a Raymond Queneau 1969,2


Aller chercher au fond des mers les trésors piratés
aller chercher au fond des mers les perles noires
immenses
aller chercher au fond des mers les algues
enrichissantes
aller chercher au fond des mers les coquillages
contournés


aller chercher au fond des mers les rares
substances
aller chercher au fond des mers les poussières
balayées
aller chercher au fond des mers les feuilles
volantes
aller chercher au fond des mers l’eau des fleuves
asséchés

(vi) Quatrains lacunaires


Marquis de Pimodan 1898,3
Nathalie Clifford-Barney 1900,4

Premiers exemples dans le choix des dispositions de tercets

Toutes les dispositions sont représentées.

On voit, d’après les dates des premières apparitions dans le choix que les formules pétrarquistes (T36 à T41) ne sont attestées que très tardivement (à l’exception de T36 qui est employée en 1847, mais dans une traduction de Pétrarque). La raison en est la règle d’alternance des rimes, dont la poésie française ne s’est affranchie qu’à la fin du 19ème siècle. De toutes façon, les sonnets exhibant ces formules sont très peu nombreux.


T1 ccc ccc 1857,3 Charles de Nugent


Le jaloux dont le coeur de noirs tourments fourmille
Loûtrerait(?) vainement au fond d’une
bastille
La coquette dont l’oeil
pétille.


Que de bure ou de soie elle ait une
mantille,
Toute femme sait coudre, et de fil en
aiguille
Est sujette à la
peccadille.


T2
ccc cdd 1923, 8 Paul Jourdy


Inélégant d’ailleurs autant que militaire,
Il rêve pour ménage une chambrée
austère
Avec parquets dorés où se flanquer par
terre,


Où sa dame, alignée à gauche de sa
mère,
Attendrait sa venue au garde-à-vous
parfait
Et lui ‘présenterait l’arme’ avec un
balai.


T3
ccc dcd 1885,6 Ernest d’Hervilly


Non! – sous l’oeil des moineaux, gros bonhomme sans fiel,
L’ours mange du pain bis, et, comme
Ezéchiel,
Il le trouve souvent couvert, mais non de
miel.


Sous son poil à bonnets son coeur n’est pas de
marbre;
L’enfance l’attendrit et, point
essentiel,
Quand Bébé lui dit « Monte à l’arbre? » il monte à l’
arbre!


T4 ccc ddc 1960,1 Jean Le Louët


Car le cœur d’aussi blanche innocence s’exile
Au sommet d’une tour très soumise et
fragile ;
Et l’on voit l’astre d’or de vos yeux sur son
île


Traverser les rayons de pourpre de la
bouche,
Et chercher dans le rêve un reflet de sa
couche
Où vous dormez sans voix, puisque votre voix
brille.


T5
ccc ddd 1846,3 Philothée o’ Neddy


Notre aristocratie, à nous, verra le jour,
La raison, notre reine, a pour tenir sa
cour
Trois astres: l’Equité, la Liberté, l’
Amour.


Oui, sachez-le, bourgeois, financiers,
diplomates!
Les nobles, maintenant, les vrais
aristocrates,
Les vrais patriciens – ce sont les
démocrates!


T6
ccd ccd 1819,5 François de La Pommeraye


Moi, cependant, moi seul dans la nature,
Toujours en proie au tourment que j’
endure,
Toujours songeant à celle que je
perds,


Je ne vois plus les fleurs ni la
verdure;
Je n’entends plus le ruisseau qui
murmure;
Les plus beaux lieux sont pour moi des
déserts.


T7
ccd cdc 1846 2 Philotée o’Neddy


Et – bien que maintenant les doctrines sceptiques
Aient guéri mon cerveau des rêves
chimériques
Bien que j’ose nier la Vierge et les
élus,


J’ai toujours néammoins des tendresses
mystiques,
Pour une femme assise en des prismes
confus,
Qui tient un nouveau-né dans ses bras
fantastiques.


T8
ccd cdd 1808, 6 Stanislas de Boufflers


O mer! Je t’aime calme, et j’aime ta furie!
Quand je vois les courans, sur ta surface
unie,
Fuir en traits lumineux, je m’arrête en
disant:


Voici comme ils ont fui, les beaux jours de ma
vie!
Et tes flots, sur tes flots se pressant, se
brisant,
Peignent trop bien mon coeur tel qu’il est à
présent.


T9
ccd dcc 1892,2 Antoine Sabatier


Au prix du sang, au prix des ors.
Et fus la jeteuse de
sorts,
Prêtresse de
Mélancolie.


Oh! de leur commune
folie
Combien des meilleurs et des
forts
Etreignant mes genoux sont
morts!


T10
ccd dcd 1830,1 Justin Bouisson


 » Je l’aime, elle le sait, elle le voit (me dis-je);
Peut-être à sa gaîté qui m’enchante et m’
afflige,
A cette indifférence où son coeur est
plongé,


Succèderont (l’amour m’a souvent
protégé) ,
Succèderont (l’amour me devrait ce
prodige),
Des regrets, un désir … l’amour m’aura
vengé. »


T11
ccd ddc 1863,2 Antonio Zingaro


Erasme raille et d’un crayon mordant,
Son compagnon dessine le
tympan,
Où les dormeurs, surpris par la
trompette


De Josaphat, oubliant l’
étiquette,
Ne songent plus à nouer leur
braguette,
Et courent, nus, au dernier
jugement.


T12
ccd ddd 1904,4 Charles Derennes


Quelque nuage au bleu du jour,
Un peu de rêve, un peu d’
amour,
Quelque parfum trop lourd de
fleur;


Quelque souvenir, quelque
pleur,
Trop de langueur lassant le
cœur,
Ou, peut-être, trop de
bonheur ….


T13
cc dd ee 1801,1 Michel de Cubières


Elle attend le repos, notre chère
Patrie,
Elle veut le devoir à ta main
aguerrie,
Hélas! qui ne l’entend soupirer après
lui?


Mars n’a que trop régné, c’est Astrée
aujourd’hui
Qui, par toi de Thémis reprenant la
balance,
Aux peuples opprimés rendra l’
indépendance.


T14
ccd ede (p) 1802,2 Abbé Pierre David)


Son disque étincelant, rempli de majesté,
Etale à l’univers un luxe de
clarté,
Et va donner la vie à la nature
entière.


De quoi sert, au captif, cette vive
splendeur?
Avare pour lui seul, ce grand corps de
lumière,
Ne lui laisse entrevoir que l’excès du
malheur.


T15
ccd eed (m) 1802,1 Don Juan Laurencin


Triste condition! L’homme de sa misère,
N’a pour soulagement qu’une pure
chimère.
Rendons grâces au ciel cependant de l’
avoir.


Ne m’abandonne point aimable
enchanteresse,
J’aime à vivre avec toi dans une douce
ivresse,
Il ne reste plus rien, quand on n’a plus d’
espoir.


T16
cdc ccd 1873 (38) Joseph Autran

Ces gens, naïfs comme des pitres,
Avaient pourtant l’étrange
goût
De fureter dans mes
pupitres,


De lire toutes mes
épitres,
Enfin, de ne laver les
vitres,
Que pour mieux regarder
partout.


T17
cdc cdc 1836,6 Alfred de Vigny


Tu ris! – ce mois joyeux t’a jeté, trois par trois,
Des fronts guillotinés sur la place
publique.
– Ce soir, fais le chrétien, dis, bien haut, que tu
crois.


A genoux! Roi du mal, comme les autres
Rois,
Pour que la charité, de son doigt
Angélique,
Sur ton front de Damné fasse un signe de
croix.


T18
cdc cdd 1842,2 Alfred Philibert


O pompes du trépas, qu’on vous rend ridicules!
Faut-il que l’étiquette et que la
vanité
Sur le bord de la tombe aient encor leurs
scrupules?


Que tu vaux mieux cent fois, cloître des
Camaldules,
Où, se creusant leur fosse et dormant à
côté,
Des moines sont toujours prêts pour l’
éternité!


T19
cdc dcc 1808,3 Stanislas de Boufflers


Soit que l’ambition change en acier ton coeur,
Soit qu’à ton aspect sombre on frémisse, et qu’on n’
ose
De tes yeux égarés soutenir la
fureur;


D’un amour inquiet soit que plaidant la
cause,
Ta voix de l’ame même emprunte la
douceur ….
Oh non! pour peindre un astre il n’est point de
couleur.


T20
cdc dcd 1811,2 P.L Ginguené


Ainsi, tandis que l’onde et les sombres forêts,
Et la plaine, et les monts, savent quelle est ma
peine,
Je dérobe ma vie aux regards
indiscrets;


Mais je ne puis trouver de route si
lointaine
Où l’amour, qui de moi ne s’éloigne
jamais,
Ne fasse ouïr sa voix et n’entende la
mienne.


T21
cdc ddc 1801,2 Viviand Bellerive


D’une mère et d’un fils, viens essuyer les larmes,
Arrête la fureur des peuples et des
rois,
Qu’aux pieds de ton autel ils déposent leurs
armes !


Pour soutenir le trône, ou défendre leurs
droits,
Si les cruels humains furent sourds à ta
voix,
Ils en sont trop punis par douze hivers d’
alarmes !


T22
cdc ddd 1914,9 André Breton


Et l’âme, au battement d’une
aile
Captive – on croirait – d’un col
fin,
Vers l’épaule, sous la
tonnelle,


Si la caresse ondule à fin
De charme, ô pur Viélé-
Griffin,
Pressent le Pigeon aigre
fin !


T23
cdc dee 1808,1 Stanislas de Boufflers


Mais dans les champs des airs si quelque beau nuage
Offre un brillant palais à mon oeil
enchanté,
Puis-je exiger des vents de n’y point faire
outrage?


Puis-je attendre de lui quelque
solidité?
Non, je sens que c’est moi qui suis mon
ennemie
Mais je sens trop, aussi, combien j’en suis
punie.


T24
cdc ede 1857,25 P.Bion


Au Pater du Sauveur ajoute une prière :
Loin, bien loin, ô ma sœur ! fais entendre tes chants,
Le nom du père est doux, mais, bonne aussi la Mère !
Interroge plutôt cette Vierge chérie,
Asile des cœurs purs, refuge des méchants.
Tu le veux, n’est-il pas ? … oh ! chante encor Marie.


T25
cdc eed 1861,4 Edmond Arnould


Ainsi le malheur, fin vautour,
Sans qu’aucun bruit nous le
révèle,
Sur nous plane, aux feux d’un beau
jour:


Mais longtemps avant de le
voir,
Dans nos coeurs, tranquille
miroir,
Nous voyons l’ombre de son
aile.


T26
cdd ccc 1864,3 Arsène Houssaye


Les affileurs de mots sont à mon rendez-vous
Ma belle dame, ici la langue est
cavalière,
Ne soyez pas bégueule et saluez
Molière.


Chercheuses d’inconnus, craignez les
casse-cous,
Buveuses d’illusion, écoutez les
frou-frous
Au risque de tomber dans les pièges à
loups.


T27
cdd ccd 1838,3 Jules Lacroix


Ces lustres, ces flambeaux, ces candélabres d’or
Versaient trop de clartés sur vos blanches
épaules,
Sur votre sein plus pur que la neige des
pôles!


Et j’aurais bien donné mon âme, et plus
encor,
Pour vivre une heure, seul, dans l’ombre, ô mon
trésor,
Avec ma Velléda, blonde fille des
Gaules!


T28
cdd cdc 1819,3 François de La Pommeraye


Naguère ainsi je présentois mes voeux
Au jeune Dieu qu’on adore à
Cythère;
L’enfant malin sourit de ma
prière,


Et dit: veux-tu communiquer tes
feux;
Sache qu’aimer n’est rien sans l’art de
plaire.
Voilà, voilà le secret d’être
heureux!


T29
cdd cdd 1839,4 A. Eude-Dugaillon


Vous animez, nourrie à la sublime école,
Les chants que votre esprit pour plaire
imagina
Et ceux des vieux auteurs que le temps
couronna;


Heureuse à qui le ciel accorde une
auréole!
Par le génie et l’art vous brillez,
Léona,
Au lieu d’une c’est deux que le ciel vous
donna.


T30
cdd cee 1808,5 Stanislas de Boufflers


Tu me peins l’amitié qui, soigneuse et
discrète,
Travaille à refermer les blessures du
coeur,
Et, d’un mal incurable émoussant la
douleur


Verse un baume secret sur la peine
secrète.
Je sais trop que le baume est peu sûr, mais,
hélas!
Il adoucit du moins ce qu’il ne guérit
pas.


T31
cdd dcc 1832,2 Léger Noël


J’ose te demander ton immortel suffrage.
Tu me tins lieu de muse; Amour fut l’
Apollon
Qui conduisait mes pas dans le sacré
vallon,


Sur les bords d’Hippocrene, au pied de l’
Hélicon,
Tu m’inspiras ces vers; et je t’en dois l’
hommage;
Daigne d’un doux sourire accueillir ton
ouvrage.


T32
cdd dcd 1900, 15 (A.L.)


Celui qui te découvre en ton lit écarté
Devrait t’y respecter : car ta beauté
fragile
A besoin de la nue et du sol
infertile.


Il ne te connait pas qui n’a vu qu’à la
ville
La fleur qui sous ton nom, hochet de
vanité
S’étalait au chapeau d’un touriste imbécile.


T33
cdd ddc 1842,9 Henri-Victor Drouaillet


A l’endroit où flottait l’étendard redouté
Sur la tour où veillait le damoiseau
fidèle,
Le sinistre corbeau se tient en
sentinelle,


Et sur le front bruni de cette
citadelle
Qui fit trembler le serf et le vassal
rebelle,
Le burin de notre âge a gravé:
Liberté!


T34
cdd ece 1842,10 Henri-Victor Drouaillet


Cette pensée amère ébranla ma constance.
Je maudis mon destin, mes rêves
superflus,
Je revins et j’ouvris mon Schiller, où je
lus:


Cesse tes cris plaintifs, toi qui reçus du
ciel
Ton rêve pour bonheur, ta foi pour
récompense,
N’est- ce pas déjà trop pour un ingrat
mortel?


T35
cdd eec 1883,20 L.Rémy


Du mortel n’ont osé fouler, et ma pensée
Contemplant de si haut le néant
infini,
De l’être dont l’orgueil est chaque jour
grandi,


Et l’immense bonté, l’insondable
grandeur
De Celui qui prodigue au monde sa
splendeur,
Je me suis écrié: l’homme est une
fumée!


T36
cde cde 1847 1 Emma Méhul


Ni rien jamais ne touchera mon coeur,
Tant a su bien sous sa pierre avec
elle
L’ensevelir, ma clarté, mon
miroir.


Pour moi la vie est un poids de
douleur:
Je veux mourir afin de revoir
celle
Qu’il eût valu beaucoup mieux ne pas
voir.


T37
cde ced 1896,5 Auguste Angellier


Elle ouvrit ses bras blancs, frémissante d’émoi,
Et ses bras en s’ouvrant ouvrirent sa
tunique
Et son corps radieux aux invincibles
charmes


Resplendit tout entier. Je vis entre elle et
moi
Luire tes pauvres yeux tout fatigués de
larmes,
Et je m’éloignai vers le bois
mélancolique.


T38
cde dce 1906,1 O.V. de L. Milosz


Tu peux partir, ou t’endormir, ou bien mourir
Dans le sang ou la boue, ou même encore,
belle,
Mendier ton pain de vieille aux pays
inconnus;


Car nulle autre aujourd’hui ne veut m’être
réelle
Que celle mort des demains et du
souvenir,
Que cette cloche du moment aux lointains
nus.


T39
cde dec 1894,3 Fernand Halley


Puis tout à coup, faisant silence:
 » Si tu le veux, beau
troubadour,
Je te chanterai, me dit-
elle,


Avec l’Espérance, l’
Amour! »
« Oh! non, non! lui dis-je, ma
belle.
Chante, chante encor pour la
France! »


T40
cde ecd 1909,5 Pierre Lièvre


Souffrant et mutilé s’il reste encor debout
S’offrant toujours aux chocs où tu le mets en
butte,
C’est qu’en un cœur profond il plonge ses
racines.


Redoute cependant ta fureur
assassine,
Crains que l’arbre à la fin ne croule sous tes
coups
Car il t’écraserait peut-être de sa
chute.


T41
cde edc 1896,4 Auguste Angellier


Ma pitié s’attacha, par des rêves tremblants
A la triste inconnue; et lorsque je l’
aimai,
L’été allait ouvrir le temps des fleurs
écloses,


On vendait les premiers bouquets de jeunes
roses,
Et dans l’azur uni du calme ciel de
Mai
Les marroniers mettaient leurs derniers thyrses
blancs.

Tercets excentriques
1835,2 Julien Travers
1855,4&5 Marc du Velay
1869,2 Louis Goujon
1876,2 Catulle Mendès
1884,10 Verlaine
1893,9 Albert Aurier
1895,8 Verlaine
1942,4 Raymond Queneau
1944,3 Jean Cassou
1944,9 Pierre-Jean Jouve

y=x (sonnets où des rimes des quatrains sont reprises dans les tercets)

1828,4 Charles Nodier
1832,1 J-B. Claray de Crest-Volland
1836,2 Alfred Rousseau
1872,19 Rimbaud
1872,27 R. Agnès
1873,2 & 3 Ulysse Landeau
1875,8 Arsène Houssaye
1880,24 Tristan Gratien
1883,21 & 22 Rodolphe Darzens
1887,11 ?
1890,24 Jules Sionville
1892,7 Edouard Dubus
1893,17 Robert de Flers
1893,20 Georges Fourest
1895,12 Alban Roubaud
1896,16 Ludovic Sarlat
1900,12 Camille Mauclair
1902,9 F.A Cazals
1903,2 Henri Fischer
1911,3 Philippe Berthelot
1912,3-5 Charles Péguy
1913,6 Léon Deubel
1922,2 Paul Valéry
1924,5 Maurice du Plessys
1925,4 Albert Samain
1929,4 Pierre Frayssinet
1956,3 Jacques Baron
1961,4 Jean Queval
1968,1 Raymond Queneau
1970,4-5 Adolphe Haberer
1977,11 Roger Gilbert-Lecomte
1988,5 Pierre Gripari

PL (sonnets en rimes plates)

1801,1 Michel de) Cubières, jeune
1863, 7 Léon Vadale & Albert Mérat
1869,34 Méry
1879,21 Charles Cros
1888,19 Charles Cros
1923,2 Jean Royère

A4B4C3D3 ( premier quatrain en rime ‘a’, deuxième quatrain en rime ‘b’, …)

1846,3 Philothée o’ Neddy
1853,2 Evariste Boulay-Paty
1864,2 Arsène Houssaye
1876,14 Emile Goudeau
1932,2 Charles-Adolphe Cantacuzène

Monorimes

1857,3 Charles de Nugent
1886,11 Germain Nouveau
1896,9 Léonce de Joncières
1909,3 Georges Fourest
1920,6 Léon de Berluc-Perussis
1986,2 René Belletto

Violation de la règle d’alternance

1884,13 & 14 Verlaine
1892,5 Edouard Dubus
1894,14 &15 Verlaine
1896,6 Auguste Angellier
1896,11 Georges Rodenbach
1910,2 Renée Vivien
1910,7 Paterne Berrichon
1912,13 Pierre Louÿs
1919,2 André Breton
1921,1 Jehan d’Arvieu

shmall shmall* Shakespeare-Mallarmé (adaptation par Mallarmé de la formule dite ‘shakespearienne’ du sonnet. La différence avec le modèle anglais est dans la disposition sur la page, séparée en strophes par Mallarmé)

1890,2-3, 1892,1, 1894,1, 1895,1-3, 1899,21-23 & 26-29 & 46 Mallarmé
1896,10 Paul Valéry
1897,25, 1899,6-9 Léopold Dauphin
1900,3 Hady-Lem
1917,3 Jean Royère
1919,3 Jules Supervielle
1944,13 Robert Desnos
1959,8 Paul Valéry
1962,2 Pierre-Jean Jouve
1992,5 Henri Bellaunay

1908, 1-3 André Fontainas
1908,4 Valéry Larbaud
1937,3 Raymond Queneau
1966,4 Roland Dubillard*
1959,8 Paul Valéry
1967,1 Igor Astrow
1970,2 Marcel Thiry

sp Formule spensérienne- De cette disposition présente, quoique rare, dans le sonnet de langue anglaise, inventée par Spenser dans ses Amoretti, abab bcbc dede ff. je n’ai trouvé qu’un seul exemple
1871,6 Auguste Barbier

Sonnets en prose

1854,2 Jules Barbey d’Aurevilly
1870, Rimbaud
1891,22 Valéry
1914, 6-8 Rémy de Gourmont

MÈTRES

L’alexandrin est omni présent. Toutes les longueurs de vers de 1 syllabe à 16 ont été essayées. Il y a trois variantes de la mesure ’10’: le décasyllabe ordinaire, césuré après la 4ème syllabe ; le vers de 10 syllabes césuré après la 5ème (taratantara) ; le décasyllabe non césuré. On remarquera que le sonnet monosyllabique est apparu en 1835, l’hendécasyllabe en 1866 et le vers de 14 syllabes en 1841 (de temps à autre, quelqu’un s’imagine l’avoir découvert). Je note ‘12s’ dans les vers de douze syllabes à double césure ou sans césure nette. Par ‘2m’ je désigne les sonnets employant deux mètres distincts au moins. Exemples les plus anciens

mono 1835,6 Jules de Rességuier

2s 1859,16 (Gustave Bouchez) ? 1862, 1 Eugène Vignon

3s 1838,2 Jules Lacroix

4s 1837,3 Julien Travers

5s 1838,1 (ars) (Jules Lacroix) ? 1840,1 Ferdinand de Gramont

6s 1835,5 Julien Travers

7s 1817,4 Jean-J Boutet de Monvel

octo 1809,1 A. Antignac

9s 1845,7 Hip. Floran

déca 1817,3 Jean-J Boutet de Monvel

tara 1842,7 Théodore de Banville

10s 1880,9 Narzale Jobert

11s 1866,11 Eugène de Lonlay

12s 1880, 11 & 12 Narzale Jobert) (trimètres)

13s 1880,14 Narzale Jobert

14s 1841,2 Paul Ackermann

15s 1880,16 Narzale Jobert

16s 1880,17 Narzale Jobert

2m. 1828,1 Casimir Delavigne

Liste des sonnets monosyllabiques

31 exemples

1835,6 Jules de Rességuier
1862,3-4 Eugène Vignon
1872,15 1872,23 1872,26 Germain Nouveau
1872,16 Léon Valade
1872, 18 1878,22 Charles Cros
1872,30 Paul Arène & Alphonse Daudet
1873,7 J. Poisle Desgranges
1874,3 Georges Garnier
1880,5 Narzale Jobert
1882,7 Cabaner
1886,25 Léon Barat
1887,15 Georges Proteau
1888,18 Charles Cros
1895,9 Charles Rouch
1898,7 Jean Goudezki
1901,4 1901,5 Charles-Adolphe Cantacuzène
1903,1 Henri Fischer
1914,10 A. de Bessancourt
1915,1-5 Sylvain Lefaune
1926,7 Adrien Vély
1930,5 ?
1932,2 Charles-Adolphe Cantacuzène
1939,2 René Lacube
1971,2 René Chauvelot
1985, 1 & 11-13 René Nelli
1992,4 Henri Bellaunay

Autres mètres rares

Le choix ne reflète pas la réalité quantitative de l’emploi de ces mètres

2 syllabes

1862,1-2 Eugène Vignon
1867,7 L.V.H. Morenon
1872,19 Rimbaud
1879,6 Georges Garnier
1880,6 Narzale Jobert
1881,15 Henri Issanchou
1885,13 Jules Laforgue
1890,32 Henri Chevallier
1907, 4-5 Guillaume Apollinaire

3 syllabes

1838,2 Jules Lacroix
1845,3 Banville ou/et Baudelaire
1845,6 Auguste Vacquerie
1880,2 Jules Lemaître
1883,21 & 22 Rodolphe Darzens
1924,9 Mélot du Dy
1926,6 Henry Becque
1981,5 Pierre Gripari

4s

1837,2 Julien Travers
1846,4 Théodore de Banville
1890,28 « Gelée Trouvee »
1993,14 André Velter

Je n’énumère pas les textes en 5,6 ou 7 syllabes. Sans être très fréquents, ils sont nettement moins rares que les autres.

9s

1845,7 Hip. Floran
1880,7 & 8 Narzale Jobert
1884,13 Paul Verlaine
1889,21 Verlaine
1890,20 Karl Boès
1890,33 Verlaine
1891,4-7 Pierre Louÿs
1901,1 Charles-Adolphe Cantacuzène
1903,7 Dr Abdullah-Djevdet-Bey
1920,11 Paul Valéry
1985,6 Maurice Regnaut

11s

1866,11 Eugène de Lonlay
1880,10 Narzale Jobert
1881,6 1884,9 & 12 Paul Verlaine
1886,5 Noël Loumo
1891,25 Georges Suzanne
1895,16 Verlaine
1897,21 Alfred Jarry
1900,16 Nathalie Clifford-Barney
1901,2 Charles-Adolphe Cantacuzène
1910,7 Paterne Berrichon
1942,4 Raymond Queneau
1969,5 d’un membre de l’Oulipo
1990,5 Jacques Réda

13s

1880,14 Narzale Jobert
1884,10 Paul Verlaine
1891,24 Maurice Quillot
1913,12 André Breton
1928,3 Catherine Pozzi

14s

1841,2 Paul Ackermann
1874,23 Verlaine
1880,15 Narzale Jobert
1890,7 & 91,34 Verlaine
1893,5 Romain Coolus
1900,17 Nathalie Clifford-Barney
1919,7 Henry Céard
1926,1 Emile Cottinet
1976,1 1983,1 1993,2 & 7-11 William Cliff
1990,3 Jacques Réda
1993,2 & 7à11 William Cliff

15s

1880,16 Narzale Jobert
1990,2 Jacques Réda

16s
un ‘unicum’

1880,17 Narzale Jobert

Deux mètres distincts au moins

La combinaison principale est celle qui associe l’alexandrin et l’octosyllabe. Je signale les autres, en indiquant le mètre dominant en premier. Les exemples à 3 mètres sont fort rares et tardifs.

12-6
1808,4 Stanislas de Boufflers
1828,1 Casimir Delavigne
1836,2 Alfred Rousseau
12-10
1838,4 Théodore Carlier
1838,15 Edouard-L. de Blossac
1840,16 Sainte-Beuve
8-12
1842,1 Alfred Philibert
1842,5 Anatole de Montesquiou
8-10
1843,11 Th. Wains-des-Fontaines
1845,3 Banville ou/et Baudelaire
1846,2 Philothée o’ Neddy
1848,5 Eugène Debons
8-6
1855,1 Marc du Velay
1857,18 Baudelaire
1869,7 Henri Cantel
8-5
1869,19 Louis Veuillot
1869,36 Charles Coligny
1870,1 Louis de Veyrières
1871,1 Josephin Soulary
1872,34 Cabaner
1873,5 Joseph Autran
1873,26 Tristan Corbière
8-5
1873,30 Tristan Corbière
1874,2 Auguste de Vaucelle
1874,4 Th. Richard-Baudin
1874,13 Cabaner
1874,20 Léon Duvauchel
1874,22 Gustave Mathieu
1875,1 Adrien Brun
1876,4 Emile Négrin
1879,19 Cabriol
8-12
1885,5 Ernest d’Hervilly 12-2
1886,11 Germain Nouveau 12-6
1888,10 Charles Cros 7-5
1895,4 F.H. Baudry 10-5
1895,14 Alban Roubaud 8-12
1899,1 André Gohé 5-2
18901,11 José -Maria de Hérédia
1902,10 F.A Cazals 12-4-8
1912,7 Louis Mandin 12-14
1915,7 Apollinaire 8-4
1924,5 Tristan Derème 8-6
1928,1 Catherine Pozzi 12-6-10
1931,1 Robert Desnos 6-12
1944,7 Henri Thomas 8-6
1954,8 Jean Sénac 10-8-12
1966,8 Roland Dubillard 12-8-10
1977,11 Roger Gilbert-Lecomte 10-8-11

bdn

1883,13 Edmond Haraucourt
1895,5 Tony d’Urbino
1985,4-5 & 7-8 Maurice Regnaut

PAGE
La disposition ‘standard’ est en quatre strophes déparées par des lignes de blanc

1 Dispositions excentriques

sns

53 exemples

10+4

1826,1 L.M. Perenon

4-4-6 :

1837,3 Auguste Barbier
1841,1 N(icolas) Martin
1879,21 Charles Cros

4-7-3

1841,4 Aloysius Bertrand
1961,4 Jean Queval

8+3+3

1940,2 Olivier Larronde

4-3-3-4

1818,4 Coupé de Saint-Donat

4-3-4-3

43,20 Marie-Laure Grouard

4+4+4+2 (voir la liste « Shakespeare-Mallarmé »)

1871,6 Auguste Barbier
1892,9 Henri Michel
1907,5 Guillaume Apollinaire
1908, 1-3 André Fontainas
1917,2 Jean Royère
1923,2 Jean Royère
1927,3 Emile Le Brun
928,5 & 6Odilon-Jean Périer
1949,8Jules Supervielle

4+4+2+2+2

1887,12 Albert Saint-Paul

2 Permutations de strophes

TTQQ= s.rev

1839,7 Louis Ayma
1855,11 Auguste Brizeux
1864,8 Baudelaire
1862,3 Eugene Vignon
1863,9 T.Quinaud
1869,37 Verlaine

L’Allée

Fardée et peinte comme au temps des bergeries,
Frêle parmi les nœuds énormes de rubans,
Elle passe, sous les ramures assombries,
Dans l’allée où verdit la mousse des vieux bancs,
Avec mille façons et mille afféteries
Qu’on garde d’ordinaire aux perruches chéries.
Sa longue robe à queue est bleue, et l’éventail
Qu’elle froisse en ses doigts fluets aux larges bagues
S’égaie en des sujets érotiques, si vagues
Qu’elle sourit, tout en rêvant, à maint détail.
— Blonde en somme. Le nez mignon avec la bouche
Incarnadine, grasse et divine d’orgueil
Inconscient. — D’ailleurs, plus fine que la mouche
Qui ravive l’éclat un peu niais de l’œil.

1871,6 Joséphin Soulary
1872,39 Verlaine
1873,22 Tristan Corbière
1874,1 Achille Servières
1874,21 Adrien Dézamy
1875,3 Camille Chaigneau
1879,13 Clément Privé
1880,27 Louis Audiat
1881,4 & 89,7 & 28- 29 Paul Verlaine
1893,23 Paul Delair
1893,21 Paul Verola
1928,4 Gustave Le Rouge
1971,3 René Char
1984,3 Yves di Manno

QTTQ

1849,6 Auguste Brizeux
1866,1 Louis Goujon
1861,8 Baudelaire
1871,7 Joséphin Soulary
1880,27 Louis Audiat
1894,12) Verlaine
1895,18 Alexis Chavanne
1920,16 Joséphin Soulary
1921,7 Emile Faguet

QTQT

1898,12 Paul Reboux
1903,8 André Tudesq
1906,5 Pierre Plessis

(exemples non reproduits dans le choix)

1862 Eugene Vignon Le pays bleu 2
1864 Arsène HoussayeLes cent et un sonnets – (ed.1873) 1
1866 Louis GoujonSonnets. Inspirations de voyage – 6
1869 Edmond ThiaudièreSauvagerie. Petits poèmes et sonnets – 1
Henri CantelAmours et priapées 6

Sonnets suivis d’un sonnet renversé

s+s.rev 74,21 Adrien Dézamy 75,2-3 Camille Chaigneau 79,13 Clément Privé 922,1 Jean Richepin
s.rev +s 93,21 Paul Verola

EXPANSIONS & COMPRESSIONS

Plus longs que 14 vers

15v
1808,3 Stanislas de Boufflers
1827,3 M.J
1873,21 & 26 Tristan Corbière
1993,4 Albert Samain
1999,12 Guillaume Apollinaire
1900,6 Henri Jean-Marie Levet
1900,12 Camille Mauclair
1905,12 John-Antoine Nau
1957,2 Pierre-Jean Jouve
1958,5 Raymond Queneau
1965,7 Olivier Larronde
1995,1 Jacques Réda

16v
1805,1 (Michel de) Cubières, jeune
1821,3&4 Madame de Staël
1827,2 M.M.J
1829,8 Charles Brugnot
1840,5 Auguste Barbier
1900,14 ?
1925,4 Albert Samain
1947,5 Henri Thomas

18v
1819,6Pierre Chas

3Q
1896,14 Maurice Rollinat
1928,2 Catherine Pozzi
1933,1 Henri-Philippe Livet

+1Q
1901,7 Eléonore de Mérinval

(redoublé)
1839,6 Louis Ayma

(double)
1873,1 Athanase Forest
1893,22 (4Q+3T) Paul Verola

triple
1873,1a Athanase Forest

caudato
18 54,11 Ferdinand de Gramont
1880,26 Jules Christophe
1882,13 Alcide Bonneau
1912,6 Charles Péguy

Plus courts

4v
1897,14 Tristan Bernard

7v (demi-sonnet ?)
1949,6 Pierre-Jean Jouve

8v
1839,16 Antoni Deschamps

10v
1841,3 Paul Ackermann
1937,2 Tristan Derème

11v
1958,3 Pierre-Jean Jouve

13v
1973,11 Francois Le Lionnais

ORNEMENTS

Acrostiches

1823,2 J.B. Gougé
1911,7 Jules Durand

Bouts-rimés

1823,2 J.B. Gougé
1872,36 Alfred de Larze
1872,40 Eugénie Marchant
1872,41 Le Vicomte C. de R oussillon
1902,8 Leconte de Lisle
1953,1-3 Luc Etienne
998,2 Luc Etienne

Enigmes

1852,2 M. l’Abbé Le Dru
1878,4 Charles Soullier
1879,12 Arsène Thevenot
1890,22 A.Ellivedpac (Capdeville)
1890,23 Cirederf Ybl
1890,24 Jules Sionville
1890,25 « Black »
1890,26 Paul Bourget
1890,27 « G. de Viney »
1890,29 « Gelée Trouvée »

Sonnet avec refrains

1882,12 Antoine Cros
1893,20 Georges Fourest
1895,12 Alban Roubaud
1897,19 Albert Giraud
1901,9 Albert Samain
1924,1 Francis Viélé-Griffin

Sonnets en Argot

1876, 5 & 6 Jean Richepin
1889,11 Marcel Schwob
1944,15-17 Robert Desnos

Oulipismes

1891,8 Pierre Louÿs
1909,6 Jules de Marthold
1962,4 Raymond Queneau
1969,3-4 Georges Perec
1969,5 Un membre de l’Oulipo
1970,4 & 5 Adolphe Haberer
1970,7 Jean Queval
1972,1 Adolphe Haberer
1973,1-5 Jean Queval
1973,6-8 Raymond Queneau
1973,9 Latis
1973,10 Francois le Lionnais
1974,1 Yves Gasc
1977,1 Georges Perec
1977,2 Un membre de l’Oulipo
1977,3 Paul Braffort
1977,4-10 Georges Perec
1981,1 Oulipo
1981,2 Claude Berge
1981,3 Un membre de l’oulipo
1982,2 Henri Deluy
1985,3 Maurice Millereau dit Mirall et Georges Théron
1987,7 Marcel Bénabou
1997,6 Oulipo

TRADUCTIONS, TRAVESTISSEMENTS

Le dicton fameux « traduttore- traditorre » peut se traduire par le slogan (un lapsus azerty): « traductuons ! »

Traductions

PÉTRARQUE (j’ai reproduit dans le choix, par priorité des traductions du premiet sonnet du ‘Canzoniere’ (Rerum Vulgarum Fragmenta)

rvf 1

1808,2 P.L Ginguené
1838,9 Mr le chevalier d’Arrighi
1842,5 Anatole de Montesquiou
1842,8 Ferdinand de Gramont
1848,2 Camille Esménard du Mazet
1851,4 Alfred de Martonne
1862,7 Henri Pell
1874,16 Philibert Le Duc
1877,3 Joseph Poulenc
1884,6 L. Jehan-Madelaine
1887,2 J. Casalis & E. de Ginoux
1900,10 Hippolyte Godefroy
1933,3 Fernand Brisset
1936,4 Jacques Langlois
1942,5 Pierre Poirier
1945,1 Aragon
1983,2 André Ughetto & Christine Grill
1994,4 André Rochon

rvf (autres)

1816,2 (cxcvi) Léonce de Saint-Geniès
(clix) 1819,6 Pierre Chas
1827,2 M.M.J
1827,3 M.J.
1841,11 (cccv) Agathe Baudouin
1847,1 (cccxii) Emma Méhul
1848,6 (cccx) Gustave Garrison
1854,13 Alphonse de Lamartine

SHAKESPEARE (J’ai choisi en premier lieu des versions du sonnet 52)

sh.52

1857,4 François-Victor Hugo
1862,9 M. Guizot
1873,32 E. Montégut
1900,8 Fernand Henry
1927,3 Emile Le Brun
1943,3 Fernand Balde sperger
1945,2 André Prudhommeaux
1948,2 Pierre Messiaen
1955,4 Pierre-Jean Jouve
1959,7 Jean Fuzier
1961,3 Henri Thomas
1969,6 Jean Rousselot
1985,2 Frédéric Langer
1992,2 Jean Malaplate
1995,9 Daniel & Geneviève Bournet

autres

1833,5&6 Philarète Chasles
1837,3 (sh20) Auguste Barbier
1839,8 (sh29) Louis Ayma
1871,6 Auguste Barbier (sh 66)
73,32 (sh 129) E. Montégut
1876,10 (sh146) Alfred des Essarts
1888,6 ( sh1) Alfred Copin
1900,9 (s129) Fernand Henry
1942,1 (sh1) Giraud d’Eccle
1943,2-4 (sh1) Fernand Baldensperger
1945,3 (sh129) André Prudhommeaux
1955,1 (sh1) ,2 (sh20) Pierre-Jean Jouve
1961,2 (sh20)Henri Thomas
1967,1(sh1) Igor Astrow
1990,5 (sh20) Jean-François Peyret

VARIOUS

1821,3&4 (ital) Madame de Staël
1823,1 F(idèle) Delcroix (Le Tasse)
1830,10 Adam Mickiewicz
1832,6 Jeannet Desjardins (Drummond)
1834,4 Firmin Didot (Sainte Thérèse)
1839,10 Kervyn de Lettenhove (Milton)
1839,16 Antoni Deschamps (ital)
1840,16 Sainte-Beuve (Sainte Thérèse)
1842,19 Xavier Marmier (Uhland)
1845,12 Auguste Desplaces (Thomas Moore)
1851,8 (Camoens) Albert Richard d’Orbe
1882,13 (l’ Arétin) Alcide Bonneau
1930,4 (Lope de Vega) G.Boussagol
1961,5 (Michel-Ange) Georges Ribemont-Dessaignes
1962,3 (Dante) Pierre-Jean Jouve
1965,6 (Neruda) Jean Marcenac & André Bonhomme
1980,1 (Gongora) Claude Esteban
1980,2 (Quevedo) Claude Esteban
1980,3 (Vallejo) Claude Esteban
1987,1 (Rilke) Roger Lewinter
1989,7 (Villamediana) Robert Marteau
1990,7-8 (Keats) Robert Davreu
1997,1-2 (Vallejo) Florence Delay
1997,3 (Gongora) Philippe Jacottet

A la manière de

1886,22 ?
1888,20 &23 ?
1888,30 Louis Pilate de Brinn’Gaubast
1908,7 Paul Reboux & Charles Müller
1913,7-8 Paul Reboux et Charles Müller
1913,9-10 Charles Derennes, Charles Perrot, Pierre Benoit
1918,11 Georges de La Fouchardière
1948,3 Jules Lemaître
1954,9 « Un escholier de Louvain »
1992,4-7 Henri Bellaunay
1996,3-5 Henri Bellaunay

COUSINS, COUSINES

Il s’agit de formes voisines de celles du sonnet

Forme Lorrain
1883,1 & 1887,1 Jean Lorrain

sonettin
1891,15 ?

sans nom
1942,2-3 Raymond Queneau

irrationnels
1965,1-5 & 973,12 Jacques Bens

TROIS LISTES PARTICULIÈRES

1 Sonnet sur le sonnet – dés le dix-septième siècle, sous l’influence de l’Espagne, une variété de sonnets apparaît : des sonnets qui parlent de la forme sonnet elle-même. Ils prolifèrent en France au dix-neuvième siècle, comme en Angleterre et en Espagne. Il existe deux anthologies qui en rassemblent un nombre important d’exemples : l’une de sonnets anglais de ce type, datant de la fin du dix-neuvième siècle ; l’autre, récente de sonnets espagnols.

cap 1

1814,1 J. Blondeau (de Commercy)
1818,2 A. Poujol
1822,1 François de Neufchateau

cap2

1829,5 Sainte Beuve

cap3

1835,4 Emile Pehant
1838,1 Jules Lacroix
1839,2 Emile Pehant
1839,5 Louis Ayma
1839,12 Auguste Desplaces
1839,17 M. Courtois
1841,1 N(icolas) Martin
1842,7 Théodore de Banville
1843,2 Mollevault
1843,3 Gustave Levavasseur
1844,4 Louis Ullbach

cap4

1851,3 Paul Deltuf
1854,1 Ernest Prarond
1855,1 Marc du Velay
1855,9 Emile Grimaud
1855,10 Auguste Brizeux
1856,2 Louis Griveau
1856,3 Henry Weger

cap5

cap6

1868,3 François.Fertiault
1868,4 Messire-Jean
1869,4 Georges Garnier
1869,22 & 23 Louis Veuillot

cap7

1872,27 R. Agnès
1872,29 Albert Millaud
1872,42 Louis Monneret
1873,4 Joseph Autran
1873,18 Tristan Corbière
1874,2 Auguste de Vaucelle
1874,4 Th. Richard-Baudin
1874,13 Cabaner
1874,19 Léon Duvauchel
1875,1 Adrien Brun
1874,22 Gustave Mathieu
1875,6 Gaston Schefer
1876,1 Auguste Creissels
1876,13 Eugène Lambert

cap8

1877,2 Henri-Charles Read
1877,7 Louis Guibert
1878,3 Charles Soullier
1878,5 Marius Bonnefoy
1879,10 de Berluc-Perussis
1881,1 Arthur Breton
1881,14 Forgemol de Bostquénard
1882,14 & 15 Eugène Manuel
1882,16 Alexandre Piedagnel
1883,9 Charles Fournier
1883,27 E. Chalamel
1884,7 Joseph Roy
1884,9 Paul Verlaine
1885,16 & 17 Emile Maze
1885,18 Ernest Chabroux

cap9

1886,3 Jacques Villebrune
1886,8 Monnier de la Motte
1887,5 Antoine de Bengy-Puyvallée
1887,6 Armand Masson
1889,14 Emile Bergerat
1889,18 Bernard d’Erm
1889,19 Henri Finistère
1891,11 Gaston Sénéchal
1891,12 Henri Meilhac
1891,32 Emmanuel Gosselin
1892,11 Jules Baudot

cap10

1896,3 Auguste Angellier
1896,7 Henry Jean-Marie Levet
1899,2 Joseph Serre
1899,3 Paul Romilly

cap11

1900,4 Arsène Vermenouze
1902,1 Louis Le Roy ?
1902,2 Saint-Georges de Bouhélier
1902,5 Edouard d’Herville
1902,7 Jean Du Sandillat
1903,6 L.D. Bessières
1905,3 Léon Duvauchel
1906,4 Fagus
1907,1 Joseph Corrard
1908,6 Emmanuel Signoret

cap12

1920,1 Gauthier-Ferrières
1928,10 Mathilde Delaporte
1929,1 Henri de Régnier
1930,4 G.Boussagol
1933,5 H René Lafon
1936,1 Michel Seuphor

cap13

1944,10 Robert Mélot du Dy
1949,1 Tristan Klingsor
1952,2 Jean-Victor Pellerin
1954,5-6 Guillevic
1958,7 Raymond Queneau

cap14

1971,1 René Chauvelot
1972,2 Pierre Albert-Birot
1988,5 Pierre Gripari
1993,15 André Velter

2 Le bouquet inutile

CADILHAC Désiré 1838,7
CHAPEAU Alcide 1890,28
COSNARD Alexandre 1843,26 1857,1
FROUSSARD Victor 1879, 24
ISSANCHOU Henri 1881,15
LACRAMPE, Victor 1863,12
LA MORVONNAIS Hippolyte de 1838,8
MIGRENNE Alfred 1890,6
PASSEREAU Aimé 1901,13
PASSÉRIEU Henri 1878,4
PINARD Albert 1886,26
POULAILLER Michel 1869,3
PETASSE Joseph 1842,4 & 1857,2
RAMBOSSON Ivanhoe 1891,28
SORBETS Charles 1863,10
THOURON G.C. 1895,6
TOUPET Alexandre 1963,11
TRICOT Désiré 1845,1

3 Les Variations Arvers

1833,1 Le fameux sonnet

1859 trad Longfellow
1881,16 Cécile Coquerel
incise 1885,2
1897, 10-12 Louis Aigoin
1897,13 Raoul Ponchon
1897,14 Tristan Bernard
1898,8 Jean Goudezki
1899,15 LouisFréchette
1906,2 Jules Renard
1911,4 ?
1911,5 E.Feld
1912,10 Laurent Mongin
1918,7 & 8 Léo Claretie
1926,5 Maurice Donnay
1928,11 Hugues Delorme
1931,3 Jean Goudezski
1931,4 Edmond Picard
1931,9 Jean Bastia
1933 11 Armand Masson
1948,3 Jules Lemaître
1955,5 ?
1957,4 madame Calliot-Bonnat
1957,5 Georges Poucet
1970,8 à 10 Antoine Pol
1987,9 Jacques Jouet
1998,3 Luc Etienne

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par Jacques Roubaud