Le chemin est facile et doux, la marche lente, — 1921 (17)

– Emile Faguet Chansons d’un passant Sonnet renversé Le chemin est facile et doux, la marche lente, L’œil va des champs pleins d’ombre au soleil éclatant, Et rien ne presse encor l’allure nonchalante Du voyageur timide au regard innocent. Puis, c’est une colline âpre mais verte encore ; L’horizon plus voisin s’échauffe et se colore, […]

Le grésil frileux hérisse les mousses — 1920 (16)

– Joséphin Soulary sonnets Intus et in cute* Le grésil frileux hérisse les mousses Où je vous cueillais, rêve et muguet blanc. L’âpre vent du nord, des mêmes secousses, Bat l’âme oppressée et l’arbre tremblant ! Es-tu l’agonie, angoisse indicible ? Es-tu le tombeau, nature insensible ? Es-tu ‘l’oubli morne, horizon de fer ? – Ne crois pas au […]

Je te croyais, mon cœur, aux chocs plus résistant ! — 1895 (18)

– Alexis Chavanne Murmures Vains remparts Je te croyais, mon cœur, aux chocs plus résistant ! D’un triple airain j’avais cuirassé de bonne heure Ton épiderme trop subtil, que rien n’effleure Sans y laisser empreint un strigmate irritant. Voilà qu’en se jouant une flèche furtive A transpercé soudain bouclier et chair vive ! Que l’œil noir […]

Zut, il n’en faut plus, c’est une hypocrite — 1894 (12)

– Verlaine Dédicaces (2ème ed.) A*** Zut, il n’en faut plus, c’est une hypocrite A rebours ou c’est une folle ou, mieux, Une sotte en cinq lettres, mais de vieux Jeu, trop Second Empire, – et qui s’effrite. Car jeune elle est très loin de l’être encor Et la date de sa naissance est un […]

Le soleil tendre couve à travers le brouillard — 1893 (23)

– Paul Delair La vie chimérique Aux langes Le soleil tendre couve à travers le brouillard La terre que la neige enveloppe de langes Et la terre vagit avec des pleurs étranges … L’hiver est un enfant et non pas un vieillard. Il a souffle petit, grand besoin, plainte amère, Mais il joue au soleil […]

Là-haut, sur ton rocher, comme un aigle en son aire, — 1880 (27)

– Louis Audiat in Le feu follet Angoulème, sonnet (devise d’Angoulème : FORTITUDO MEA CIVIUM FIDES) Là-haut, sur ton rocher, comme un aigle en son aire, Tu vois passer, passer les hommes et les temps, Calme, te souvenant de ces longs cris de guerre Qu’ont jetés à tes murs Visigoths et Normands. La Charente, ce Nil […]

Voici l’Hiver aux mains livides — 1871 (7)

Joséphin Soulary Oeuvres poétiques Jours froids Voici l’Hiver aux mains livides Ses dents sans pain claquent de froid Sa voix pleure comme un beffroi; Ce sont des fosses que ses rides. L’Ennui bat nos fronts assombris; La brume abaisse le ciel gris; Adieu les horizons sans bornes! Comme un essaim d’oiseaux mouillés, Nos beaux Amours […]

Oeuvre de Colomban, abri fait pour le deuil, — 1866 (1)

– Louis Goujon – Sonnets. Inspirations de voyage – L’église de Brou Oeuvre de Colomban, abri fait pour le deuil, Qu’un désespoir de femme éleva dans la Bresse, Ton marbre est pénétré d’un rayon de la Grèce, L’art gothique allemand dort dans ton blanc cercueil. Marguerite a bâti ton ardente merveille, Pour donner à l’époux […]

Tout homme digne de ce nom — 1861 (8)

– Baudelaire in Revue Européenne L’avertisseur Tout homme digne de ce nom A dans le cœur un serpent jaune, Installé comme sur un trône, Qui, s’il dit « Je veux ! » répond « Non ! » Plonge tes yeux dans les yeux fixes Des Satyresses ou des Nixes, La Dent dit : « Pense à ton devoir ! » Fais des enfants, plante des […]

La vie et son matin me disaient : Espérance ! — 1849 (6)

– Auguste Brizeux in Revue de Lille (1900) L’arbre du Nord La vie et son matin me disaient : Espérance ! Une immense journée apparaît devant toi : Dans ton magique empire arrive, jeune roi ; L’oiseau chante, la fleur embaume, et c’est en France ! Voici venu midi, morne, silencieux ; L’oiseau cache, endormi, sa tête sous son aile, La […]