jadis on envoyait les enfants à la mine — 1993 (6)

– William Cliff – Autobiographie – 11 jadis on envoyait les enfants à la mine pour trier le charbon certains pays encor les font travailler dur sinon vendre leur corps afin d’épargner aux familles la famine on dit que ces enfants s’estiment plus heureux à l’idée d’être un peu utiles à leur famille alors qu’ici […]

je suis né à Gembloux en mil neuf cent quarante — 1993 (3)

– William Cliff – Autobiographie – 4. je suis né à Gembloux en mil neuf cent quarante mon père était dentiste et je l’ai déjà dit ma mère eut neuf enfants et je l’ai dit aussi pourquoi faut-il que je revienne à cette enfance? j’étais un gosse à grosse bouche et grands yeux vides qui […]

Rappelle-toi les longs métros sous le ciel gris — 1950 (3)

– Henri Thomas Nul désordre Hammersmith, hiver Rappelle-toi les longs métros sous le ciel gris Vers Ealing, et Soho dérisoire et magique, (Notre beau chat, qu’est-il devenu? Famélique, Il doit roder là-bas dans les jardins transis). Le brouillard éclairé par la fenêtre basse, La cendre amoncelée à la fin des veillées … Il me semble, […]

A Douvres les douaniers ne m’ont pas cherché noise, — 1950 (2)

– Henri Thomas Nul désordre Victoria A Douvres les douaniers ne m’ont pas cherché noise, Je suis monté dans un compartiment désert (Ce Grec enfin lâché) du train qui roule vers Londres. Fumons en paix la dernière Gauloise. Celui qui reste pur, attentif, énergique, D’une ville à venir sera le géomètre, Elle vient, la voici, […]

Sur l’éparse viande des morts — 1947 (7)

– Roger Gilbert-Lecomte in Jean Paulhan, Dominique Aury – Poètes d’aujourd’hui Formule palingénésique Sur l’éparse viande des morts Jetez la poudre des griffons Pour que d’un cadavre en haillons Naisse un fantôme dont le corps Veuf de sang orphelin d’eau-mère Se sculpte au sel marin des pleurs Dont le cristal d’essence amère Mime le nombre […]

La pâleur des gestes sous la lune — 1946 (3)

– Jean Cayrol – Poèmes de la nuit et du brouillard Demeure de l’ancien temps La pâleur des gestes sous la lune la soie d’un visage ancien qui se dévoue la blanche demeure des sentiments à genoux une bouffée d’étoiles qui meurt sous la dune la nuit à la démarche lente des pleurs les appétits […]

Quand le docteur lui dit: « Monsieur, c’est la vérole — 1934 (2)

– Georges Fourest Le géranium ovipare Un homme Justum et tenacem propositi virum (Horace) Gémir, pleurer, prier est également  lâche (Alfred de Vigny) Quand le docteur lui dit: « Monsieur, c’est la vérole indiscutablement! « , quand il fut convaincu sans pouvoir en douter qu’il était bien cocu l’Homme n’articula pas la moindre parole. Quand il réalisa […]

Il avait ce jour-là défloré mille vierges — 1934 (1)

– Georges Fourest Le géranium ovipare Le nouvel Origène ou Le rut vaincu Les effets de la castration sur les animaux sont connus; ils ne sont pas autres chez l’homme Th. Ribot (Les maladies de la personnalité) Il avait ce jour-là défloré mille vierges de diverses couleurs et, suivant les leçons des Pentapolitains huit cents […]

La fille vers minuit renonce au ton coquet — 1920 (9)

Aragon (sonnets non repris dans Feu de joie) 9 La fille vers minuit La fille vers minuit renonce au ton coquet Son regard s’alourdit du plomb d’impurs mystères Elle chante à mi-voix pour que les locataires N’accourent furieux secouer le loquet. Mais le long de l’amant que le drap incommode Comme un tribut plaintif à […]

Carabin, prends ta carabine ! — 1912 (12)

– André Salmon L’amour médecin Carabin, prends ta carabine ! – Car je présume que te navre Ce manque absolu de cadavre – Et dissèque ta concubine. Feu ! et surtout point ne la rate. La petite maîtresse est morte ; Voici le cœur, voici la rate De qui venait t’ouvrir la porte. Voici ses seins joyeux, pivoines […]