il y avait au réfectoire de hautes fenêtres — 1993 (9)

– William Cliff – Autobiographie – 32 il y avait au réfectoire de hautes fenêtres d’où l’on voyait de grands sapins s’élever dans le ciel et le matin quand la lumière gagnait l’atmosphère ce ciel et ces sapins prenaient des couleurs surréelles et en hiver quand la neige habillait ces conifères de brillante blancheur alors […]

Des pas coulés dans le bitume ont un éclat de cuivre: — 1990 (3)

– Jacques Réda – Sonnets dublinois – Ulysses Des pas coulés dans le bitume ont un éclat de cuivre: Ce sont les traces du héros de ce fameux roman Qui circule à travers Dublin, l’agite et le délivre De son destin provincial – étrange monument Où tous les récits ont trouvé leur aboutissement Convulsif dans […]

Rien de plus attirant, une ville qu’on voit — 1990 (2)

– Jacques Réda – Sonnets dublinois – Une arrivée Rien de plus attirant, une ville qu’on voit Apparaître la nuit après qu’un long nuage Qui semblait essuyer et polir un vitrage D’horlogerie, a fui sous les ailes. Tout droit Au fond de cet abîme, on toucherait du doigt Chaque perle de ces colliers, chaque rouage […]

Plus que pour moi, la première ironie est là — 1966 (3)

– Roland Dubillard Je dirai que je suis tombé Les peupliers Plus que pour moi, la première ironie est là pour le désespoir et pour une autre ironie qui viendra la croiser et la finir, finie comme la croix de l’os sur moi se finira: Je finirai, fini et fermé comme un rat; Tu te […]

Un pavillon dans un jardin à l’abandon, — 1963 (7)

– Henri Thomas Sous le lien du temps Les rêves de la fin Un pavillon dans un jardin à l’abandon, Je voudrais être fol et que l’on m’y laissât Faire discrètement ce qui me semble bon, Et que la mort m’y trouve absent de moi déjà. Aussi brève la vie et d’aussi louche éclat Que […]

Comme je descendais les fleuves ravissants — 1956 (3)

Jacques Baron – Les quatre temps Eo rus Comme je descendais les fleuves ravissants L’oseille et la laitue prévoyaient le beau temps Et le toit attendait le nid de l’hirondelle Et se glissaient la loche et l’escargot fidèle Sous l’herbe où se trouvait le chemin de l’amour Balayé par le vent à la fin d’un […]

L’attente aux pieds plats, aux orteils vastes — 1951 (1)

– Armen Lubin Sainte patience Nougats et fumées L’attente aux pieds plats, aux orteils vastes L’attente au bord de la route bêtement chaste, L’attente aux oreilles diaphanes devant ces terres pelées Que le temps ne débite pas, n’ayant pas su les morceler. Nul signe de vie, aucune visite, rien de rien! Ma cigarette qui fume […]

Pâle soleil d’oubli, lune de la mémoire, 1947 (8)

– Jules Supervielle Oublieuse mémoire Pâle soleil d’oubli, lune de la mémoire, Que draines-tu au fond de tes sourdes contrées? Est-ce donc là ce peu que tu donnes à boire Ces gouttes d’eau, le vin que je te confiai? Que vas-tu faire encor de ce beau jour d’été Toi qui me changes tout quand tu […]

Méandres, bleus surgeons de mon verbe quitté, — 1923 (2)

– Jean Royère – Quiétude – Strophe Méandres, bleus surgeons de mon verbe quitté, Horizontale nef, vaste suavité, Dans la feuillée ardente et sur la mer soumise Jase l’immense erreur de la strophe promise! …. Quêteuse, qui trahis au toucher de l’aurore Le spectre rose et or de notre hier sonore, Ombre encore lovée et […]

Tous ces messieurs passent trop vite — 1922 (5)

– Mélot du Dy in Le Disque vert Charlie & Touchstone in the Forest of Arden Tous ces messieurs passent trop vite Au gré d’une vue immortelle; Le mouvement de cette ville Est difficile à supporter. Permettez-donc que je vous quitte Pour m’en aller à la campagne. Adieu! je veux vivre tranquille. Le bonheur ne […]