Vous prenez, Lélio, ce certain air benêt — 1898 (18)

–  Matthew Russell (ed.) Sonnets on the Sonnet Vous prenez, Lélio, ce certain air benêt Qui fait que certains jours vous n’êtes plus le même : Vous voilà circonspect, timide, tout en crème … Que nous a, cette nuit, couvé votre bonnet ? Ne faites pas le fin, poète : on vous connaît ! Produisez ce chef d’œuvre et […]

Est-ce pour toi que ma voix pleure — 1895 (12)

– Alban Roubaud Pour l’idole Désir Est-ce pour toi que ma voix pleure Et se fait douce infiniment ? Est-ce toi qui fait mon tourment, Est-ce ton regard qui me leurre ? Si ma bouche jamais n’effleure Ni ne clôt ta bouche qui ment, Est-ce pour toi que ma voix pleure Et se fait douce infiniment ? Quel […]

Mais le linge aux senteurs d’Iris, s’il les dénude, — 1890 (18)

– Ernest Raynaud Les cornes du faune Les cornes du faune V « Et je n’ai pas parmi les langueurs de la chambre, La crainte d’avilir l’orgueil de mon baiser Si j’arrête ma lèvre à vos fossettes d’ambre! » Albert Mérat Mais le linge aux senteurs d’Iris, s’il les dénude, Révèle, pour en mieux aviver la pâleur, […]

C’est d’un grain de satin! la peau de son visage — 1890 (15)

– Ernest Raynaud Les cornes du faune Pastels II C’est d’un grain de satin! la peau de son visage Bleue à croire qu’un bleu reflet de lune y joue, Et le nez, qui nuement fait ombre sur la joue, La Grâce en a modelé le cartilage. Le cold-cream obligeant fixe le bleu nuage Du riz […]

Coiffeur ! tu me trompais, quand, par tes artifices, — 1882 (8)

– Dr G.C. (Camuset ?) in G.J. Witkowski : Anecdotes médicales Calvitie Coiffeur ! tu me trompais, quand, par tes artifices, Tu disais raffermir mes cheveux défaillants, Ceux qu’avaient épargnés tes fers aux mors brûlants, Tu les assassinais d’eaux régénératrices. ! Tu m’as causé, coiffeur, de si grands préjudices, Que je te voudrais voir, ayant perdu le sens, Sur […]

Précédé de son ventre et suivi de son chien, — 1879 (13)

– Clément Privé in La Lune rousse Sonnet circulaire Précédé de son ventre et suivi de son chien, L’oeil émerilloné, la narine pourprée, Et le front couronné de bêtise inspirée, Un bourgeois cheminait à l’entour de son bien. Il était gras et rose et se portait fort bien. Il avait bien dîné, la panse était […]

Au pied du sphinx, gardien d’une âpre sépulture, — 1876 (10)

– coll. Le Parnasse Contemporain, III Louise Colet Groupes d’Arabes Au pied du sphinx, gardien d’une âpre sépulture, Béante sur le seuil du désert au sol roux, Des Arabes pensifs, couchés dans leurs burnous, Caressent l’yatagan qui brille à leur ceinture. Rayonnement du front, fierté de la stature, Attestent les aïeux dont ils descendent tous; […]

Je n’entrerai pas là, – dit la folle en riant, – — 1871 (1)

– Josephin Soulary – Oeuvres poétiques Le sonnet Je n’entrerai pas là, – dit la folle en riant, – Je vais faire éclater cette robe trop juste! Puis elle enfle son sien, tord sa hanche robuste, Et prête à contre-sens un bras luxuriant. J’aime ces doux combats, et je suis patient. Dans l’étroit vêtement, vrai […]

Quand Flora Du Rantin, la fille — 1869 (21)

Louis Veuillot Les couleuvres Fille à marier Quand Flora Du Rantin, la fille De monsieur Du Rantin, rentier, J’en suis d’accord : dans le sentier De l’honneur parfait, elle brille. La mère Du Rantin pointille : Tel est le droit de l’églantier. Mais Flora, la fleur, est gentille. Elle a Rotschild pour papetier. Elle est folâtre, elle […]