A quoi bon ? me disais-je. A quoi bon ? A quoi bon ? — 1958 (14)

Raymond Queneau – (sonnets écartés des sonnets de 1958) Mon adolescence immédiatement présente A quoi bon ? me disais-je. A quoi bon ? A quoi bon ? (Car je me croyais né d’une couple d’andouilles.) Je me grattais le corps du nez jusqu’aux couilles. « Ah ! que je suis ! (me disais-je) Ah ! que je suis con ! As-tu vu le […]

Nous avons vu la liberté — 1944 (6)

– Jean Tardieu in Margeries (1986) Sur les bords de la Seine Nous avons vu la liberté Sous des couleurs sans consistance: Elle prend une autre existence Au fond de nos cœurs déchirés! Tout ce qui fut la Connaissance Dans nos veines est bien resté Et remonte à la conscience Comme le cri de la […]

Il n’y avait que des troncs déchirés, — 1944 (2)

– Jean Cassou (Jean Noir) – 33 sonnets composés au secret – VIII Il n’y avait que des troncs déchirés, que couronnaient des vols de corbeaux ivres, et le château était couleur de givre, ce soir de fer où je m’y présentai. Je n’avais plus avec moi ni mes livres, ni ma compagne, l’âme, et […]

Comme un beau vase il doit être parfait ou plein. — 1928 (10)

– Mathilde Delaporte Sonnets Le sonnet Comme un beau vase il doit être parfait ou plein. Lorsqu’il est vide il faut, sans tache et sans jaspure, Que les vers, épousant l’harmonieuse épure, Soient d’un corps précieux, opaque ou cristallin. Qu’on tremble d’y toucher, si l’on n’est pas enclin A chercher au travers des mots la […]

La danseuse avec art multipliant l’espace — 1921 (3)

– Charles Morice Le rideau de pourpre La Danseuse La danseuse avec art multipliant l’espace Tandis que l’Ange au ciel chante d’éternité, Je me sacre le roi d’un monde illimité De par une, aile et gaze, unique et double grâce. C’est mon rêve qu’on joue au Théâtre Enchanté Du ciel et de la mer, des […]

Le palais de Gormaz, comte et gobernador, — 1909 (2)

– Georges Fourest La négresse blonde Le Cid Le palais de Gormaz, comte et gobernador, Est en deuil : pour jamais dort couché sous la pierre L’hidalgo dont le sang a rougi la rapière De Rodrigue appelé le Cid Campeador. Le soir tombe. Invoquant les deux saints Paul et Pierre Chimène, en voiles noirs, s’accoude […]

 » Ce ne sont pas des yeux, ce sont plutôt des dieux, — 1905 (11)

– Georges Courteline La conversion d’Alceste Alceste veut parler, mais déjà Oronte a tiré un papier de sa poche. … Il annonce: « Sonnet composé à la gloire de deux jeunes yeux, amoureux, dans lequel le poète, attaché à louanger comme il faut, à célébrer comme il convient, leur feu, leur mouvement, leur couleur, leur éclat, […]

Parmi les bruyères, penil des menhirs, – 1897 (21)

– Alfred Jarry – Les jours et les nuits Parmi les bruyères, penil des menhirs, Selon un pourboire, le sourd-muet qui rôde Autour du trou du champ des os des martyrs Tâte avec sa lanterne au bout d’une corde. Sur les flots de carmin, le vent souffle en cor. La licorne des mers par la […]

Il a vêcu tantôt gai comme un sansonnet, 1897 (16)

– Gérard de Nerval ? in Petite Revue Internationale L’Epitaphe Il a vêcu tantôt gai comme un sansonnet, Tour à tout amoureux insoucieux et tendre, Tantôt sombre et rêveur comme un triste Clitandre, Un jour il entendit qu’à sa porte on sonnait. C’était la Mort! Alors il la pria d’attendre Qu’il eût posé le point à […]

Sur l’éblouissement splendide dont la flore — 1893 (1)

– Comte Robert de Montesquiou-Fezensac Le Chef des odeurs suaves Nymphe . Une peinture de M. Gustave Moreau Sur l’éblouissement splendide dont la flore Marine aux anguleux bocages en corail Compose la rousseur éparse de vitrail Où sa blancheur fluide incessamment s’éplore …. Entre mille clameurs égoïstes, sérail De tons près d’éclater, de gemmes près […]