Patiente luit séculaire —1991 (3)

Claude- Michel Cluny Oeuvre Poétique, I L’olivier Patiente luit séculaire l’huile de lente clarté Sa pluie-cendre et lumière Est l’ombre de l’olivier. Paix blonde à l’âme sévère aiguise ma vérité Epuise mon encre amère profonde et pure à moitié. Le temps me marqua, olivier tors comme toi mais peu sage sauf parfois en amitié. L’encre […]

Parmi les bruyères, penil des menhirs, – 1897 (21)

– Alfred Jarry – Les jours et les nuits Parmi les bruyères, penil des menhirs, Selon un pourboire, le sourd-muet qui rôde Autour du trou du champ des os des martyrs Tâte avec sa lanterne au bout d’une corde. Sur les flots de carmin, le vent souffle en cor. La licorne des mers par la […]

Que ce sonnet ressemble aux galères royales, — 1896 (3)

– Auguste Angellier – A l’amie perdue – Que ce sonnet ressemble aux galères royales, Qui traînent sur les flots des velours frangés d’or, Et, sous un dais de soie aux splendeurs liliales, Portent le lit d’ivoire où la reine s’endort; Que des mots éclatants, bannières triomphales, Il flotte pavoisé comme un mouvant décor; Qu’un […]

Les femmes laides qui déchiffrent des sonates — 1891 (2)

– Laurent Taihade – Au pays du muffle – Ballades et quatorzains – Place des Victoires Les femmes laides qui déchiffrent des sonates Sortent de chez Erard, le concert terminé Et, sur le trottoir gras, elles heurtent Phryné Offrant au plus offrant l’or de ses fausses nattes. Elles viennent d’ouïr Stanislas Talapoint, Le pianiste hongrois […]

Fille de mon portier! l’Erymanthe sonore, — 1885 (10)

– Victor Hugo – Toute la Lyre Roman en trois sonnets I Fille de mon portier! l’Erymanthe sonore, Devant vous, sentirait tressaillir ses pins verts; L’Horeb, dont le sommet étonne l’univers, Inclinerait son cèdre altier qu’un peuple adore; Les docteurs juifs, quittant les talmuds entr’ouverts, Songeraient; et les grecs, dans le temple d’Aglaure Le long […]

Mélie a fini d’être sage — 1884 (1)

– Le Docteur (Georges) Camuset – Les Sonnets du Docteur – Ecchymoses Mélie a fini d’être sage Et s’en mord les doigts maintenant. Des taches d’un bleu chagrinant Marbrent sa nuque et son corsage. Ses compagnes d’apprentissage Hochent la tête en la menant Près d’un herboriste éminent, Oracle attitré du passage. Et la nigaude d’exposer […]

Peut-être pourrions-nous aimer, ma petite, — 1882 (4)

– Le Chat Noir Jean Moréas A Maggy Peut-être pourrions-nous aimer, ma petite, Et goûter le bonheur charmant  d’un tendre amour; Mais, il faut des brillants, des chapeaux Pompadour, Et des mots truffés dans ce monde sybarite. Si je dis que je t’aime et que mon coeur palpite Quand je baise ta gorge au gracieux […]

Toi qui vis au dedans d’une chair vulnérable, — 1876 (11)

– coll. Le Parnasse Contemporain, III – Alfred des Essarts D’après Shakespeare Toi qui vis au dedans d’une chair vulnérable, En butte à l’ennemi que tu veux protéger, O pauvre âme, pourquoi rechercher le danger Et te rendre toi-même abjecte & misérable? Ayant avec la vie un bail si peu durable, Pourquoi parer un corps […]

Quand tu ne seras plus, ô ma belle maîtresse, — 1873 (35)

Antoine Monnier Requiem Quand tu ne seras plus, ô ma belle maîtresse, Quand sous le marbre blanc reposera ton corps ; Quand de tes noirs cheveux l’interminable tresse Ne s’embaumera plus que du parfum des morts ; Lorsque que le ver aura sur ta gorge polie Visqueusement laissé son baiser glacial ; Lorsque l’arc amoureux de ta lèvre […]

Quand on revient de Rome où le grave libraire, — 1869 (24)

Louis Veuillot Les Salis Quand on revient de Rome où le grave libraire, Dans son réduit tout plein d’augustes vétustés, Tient en si grand mépris l’article Nouveautés, Paris étonne fort en sa mode contraire. Comme masques hardis, vêtus de couleur claire, Les volumes du jour grouillent de tous côtés ; Et la vitre et le mur, […]