Bon! l’ami Raynaud m’accuse — 1902 (9)

– F.A Cazals – Le jardin des ronces Vers de Bohème Bon! l’ami Raynaud m’accuse D’avoir un poil dans la main… Comment trouve-tu, ma Muse Cette pierre en mon jardin? Est-ce à dire, d’aventure, Qu’un poil serait tout mon bien? Toi, qui connais ma nature, Réponds-lui qu’il n’en est rien. Qu’en Bohème je travaille, Que […]

Gin ! hydromel !! kümmel !!! wisky !!!! zythogala !!!!! — 1893 (19)

– Georges Fourest in L’Ermitage La mélancolie du dipsomane Gin ! hydromel !! kümmel !!! wisky !!!! zythogala !!!!! J’ai bu de tout ! parfois soûl comme une bourrique L’Archiduc de Weimar, jadis, me régala D’un vieux Johannisberg à très cher la barrique ! Dans le crâne scalpé du grand chef Ko-Gor-Roo- Boo-Loo, j’ai puisé l’eau de fleuves d’Amérique ! Pour faire un […]

Crapuloz, mon ami d’enfance, — 1886 (24)

– Sylvain Dorabel Equevilles Crapuloz Crapuloz, mon ami d’enfance, Avec plaisir, je te fumais, Quand ma lèvre sentait le rance Cher Crapuloz, que je t’aimais ! Avec toi, bien souvent je flâne ! Quel bonheur quand je te fumais, En vaguant par là, comme un âne, Cher Crapuloz, que je t’aimais ! Et maintenant, pas de centimes ! Le […]

Rien qu’à voir la pâleur de son masque fatal — 1884 (17)

– Le Chat Noir – Jules Jouy IX Taillade Rien qu’à voir la pâleur de son masque fatal Où, profond comme un trou, s’enfonce son oeil cave, L’on devine aisément l’effrayant Idéal Au triomphe duquel il s’attelle en esclave. Les drames de Shakespeare et leurs accents altiers Conviennent à son jeu, libre de toute entrave, […]

Ma chère, quand nos cœurs n’auront plus de pensées, — 1875 (7)

Adolphe Froger Les amours profondes Ma chère, quand nos cœurs n’auront plus de pensées, Nos yeux plus de regards, et nos voix plus de chants, Quand nous ne seront plus que deux âmes glacées Nous viendrons l’un vers l’autre avec des airs touchants Nous nous reposerons dessous les lueurs vives Des étoiles sans nombre et […]

Sables de vieux os – le flot râle — 1873 (29)

Tristan Corbière Les Amours jaunes Paysage mauvais Sables de vieux os – le flot râle Des glas: crevant bruit sur bruit … – Palud pâle, où la lune avale De gros vers, pour passer la nuit. – Calme de peste, où la fièvre Cuit … Le follet damné languit. – Herbe puante où le lièvre […]

La nuit était semblable à nos pensers funèbres; — 1866 (8)

Louis Goujon Sonnets. Inspirations de voyage L’orage du soir La nuit était semblable à nos pensers funèbres; Des nuages grondants s’entassaient sous nos yeux, La lune, au front voilé, blanchissait les ténèbres, L’éclair multipliait son vol capricieux. L’air était sombre, lourd, la brise sans haleine, La foudre promenait sa terreur dans les cieux; Un réseau […]

Avec ses vêtements ondoyants et nacrés, — 1857 (15)

Baudelaire Les fleurs du mal XXVII Avec ses vêtements ondoyants et nacrés, Même quand elle marche on croirait qu’elle danse, Comme ces longs serpents que les jongleurs sacrés Au bout de leurs bâtons agitent en cadence. Comme le sable morne et l’azur des déserts, Insensibles tous deux à l’humaine souffrance, Comme les longs réseaux de […]

Je suis fort amoureux, non de vos yeux, madame, — 1855 (6)

Marc du Velay Les Vélaviennes Au plus joli pied « Ce n’est pas vous, non, madame, que j’aime » Théophile Gautier Je suis fort amoureux, non de vos yeux, madame, Non de vos doigts menus et blancs comme le lait, Du limpide sourire où se trahit votre âme, De ce front gracieux d’un doux rêve voilé, De […]

La Haine est le tonneau des pâles Danaïdes; — 1851 (2)

Baudelaire in Le Messager de l’Assemblée Le tonneau de la Haine La Haine est le tonneau des pâles Danaïdes; La Vengeance éperdue aux bras rouges et forts A beau précipiter dans ses ténèbres vides De grands seaux pleins du sang et des larmes des morts, Le Démon fait des trous secrets à ces abîmes, Par […]