Si j’entendais faire un sonnet tendre, 1985 (6)

– Maurice Regnaut Recuiam Si j’entendais faire un sonnet tendre, Il me suffirait, c’est vrai, de dire, Avant de vous brûler, feuilles mortes, Quel amour se voyait de ces lettres, Mais j’aurais beau, en doux style ancien, Comme au fond de la nuit parle en rêve Et fou taciturne, oui, j’aurais beau Amants duveteux, amants […]

Nous avons pensé des choses pures — 1920 (11)

– Paul Valéry – Album de vers anciens – Le bois amical Nous avons pensé des choses pures Côte à côte, le long des chemins, Nous nous sommes tenus par les mains Sans dire … parmi les fleurs obscures; Nous marchions comme des fiancés Seuls, dans la nuit verte des prairies; Nous partagions ce fruit […]

Il part très atteint et sans mot dire ; — 1903 (7)

– Dr Abdullah-Djevdet-Bey in La jeune Champagne D’un amour répudié Il part très atteint et sans mot dire ; Ses douleurs et ses aveux d’amant Il les garde comme un diamant Dans son cœur qui n’a pas su maudire. Un silence rogue l’accompagne : Il va tuer son rebelle espoir. Il s’éloigne à travers la campagne Où […]

Sur le petit chemin latéral — 1901 (1)

– Charles-Adolphe Cantacuzène Sonnets en petit deuil – Sur le petit chemin latéral Sur le petit chemin latéral Quelques violons avec folie Font résonner le langoureux val De leur musique lente et jolie. C’est un tendre chant hyménéal Où, doux, le cœur à l’âme s’oublie, – Et mon vague amour se trouve mal Par la […]

Forte femme aux tétons lourds de lait — 1891 (7)

Pierre Louÿs – Le Trophée des Vulves légendaires Fricka Forte femme aux tétons lourds de lait Que d’un sursaut de rut tu retrousses, Germaine au con rouge aux tresses rousses, Puissante à jouir dès qu’il te plaît. Ventre épais que précède une touffe Et si difformément labouré; Bras charnus où foisonne un fourré, Et dont […]

Mais toi, fleur de luxure, O Freia! — 1891 (6)

Pierre Louÿs – Le Trophée des Vulves légendaires Freia Mais toi, fleur de luxure, O Freia! Rose dont les poils sont les épines, C’est ta bouche où vont les belles pines Que ta langue en chaleur balaya. Dans tes jambes où brûle la fièvre Quand tes amants ont la tête en feu, Pour accueillr leur […]

Pour que Freia t’exauce, ô païenne! — 1891 (5)

Pierre Louÿs – Le Trophée des Vulves légendaires Ortrude Pour que Freia t’exauce, ô païenne! Tu l’as vaincue en lubricité, Suçeuse au gland d’un cheval mâté Tribade avec la chair de ta chienne; Ta soeur t’a léchée en vomissant, Tes enfants au berceau t’ont connue, Ta fille a livré sa fente nue A ta langue, […]

Ils te croyaient pure, Elizabeth! — 1891 (4)

– Pierre Louÿs – Le Trophée des Vulves légendaires – neuf sonnets sur les héroïnes de Wagner rêvés au pied du Vénusberg en août 1891. Elizabeth Ils te croyaient pure, Elizabeth! Ils t’appellaient sainte, immaculée! Mais tu riais d’eux, grande enculée, Quand Tanhauser au lit t’enjambait; Il n’hésitait, pour vivre sa vie, Qu’entre le trou […]

Artiste, toi, jusqu’au fantastique, — 1890 (33)

– Verlaine Dédicaces A Charles de Sivry Artiste, toi, jusqu’au fantastique, Poète, moi, jusqu’à la bêtise, Nous voilà, la barbe à moitié grise, Moi fou de vers et toi de musique. Nous voilà, non sans quelques travaux, Riches, moi de l’eau de l’Hippocrene, Quand toi des chansons de la Sirène, Mûrs pour la gloire et […]

Les Andains tour à tour sous la Faux — 1890 (20)

– Karl Boès in L’ermitage Rêve d’été Les Andains tour à tour sous la Faux Se couchaient, blonds et mélancoliques Et l’Aoûteux prenait des airs bibliques Avec ses tours de bras triomphaux. Au fil d’un rythme lent jamais faux, Les Epis tombaient et, symboliques, Semblaient pleurer de tendres Suppliques – Tels nos Cœurs sous vos […]