Ce poème s’écrit sous l’oeil d’un charpentier — 1995 (1)

– Jacques Réda L’incorruptible Le charpentier Ce poème s’écrit sous l’oeil d’un charpentier Qui s’active au sommet de la maison voisine Avec des bruits de clous, de brosse et de mortier. Peut-être me voit-il, et la petite usine Que font ma cigarette, un crayon, la moitié D’une feuille où ma main hésitante dessine, Comme un […]

si je suis mort et cet état naissant — 1993 (13)

– William Cliff – Autobiographie – 97 si je suis mort et cet état naissant parle aux vivants et de mort et d’extrême les plus sérieux me semblent les enfants qui ne savent pas qu’ils le sont eux-mêmes et eux me réparant des vrais sérieux qui le sachant ne savent rien  de l’être savent pourtant […]

sans cesse je rêvais d’avoir des rapports sexuels — 1993 (11)

– William Cliff – Autobiographie – 39 sans cesse je rêvais d’avoir des rapports sexuels avec des mineurs d’âge nus en été sur des plages ou bien dans ces forêts remplies de poisons naturels dont en moi je garde toujours la nostalgique image et plus je me sentais coupable d’avoir ces pensées et plus ces […]

il y avait au réfectoire de hautes fenêtres — 1993 (9)

– William Cliff – Autobiographie – 32 il y avait au réfectoire de hautes fenêtres d’où l’on voyait de grands sapins s’élever dans le ciel et le matin quand la lumière gagnait l’atmosphère ce ciel et ces sapins prenaient des couleurs surréelles et en hiver quand la neige habillait ces conifères de brillante blancheur alors […]

nous avions entre frères ce qu’on nomme des ‘rapports’ — 1993 (7)

– William Cliff – Autobiographie – 19 nous avions entre frères ce qu’on nomme des ‘rapports’ il s’agissait pour nous de faire pièce à l’oeil sévère qui voulait nous nier d’avoir aucun plaisir du corps duquel les pères veulent être seuls dépositaires et c’est déjà le désir de tuer leurs géniteurs qui pousse les enfants […]

étant enfant et marchant au bord de la mer — 1993 (4)

– William Cliff – Autobiographie – 7 étant enfant et marchant au bord de la mer j’étais effrayé de voir accourir ses vagues plus hautes que mon enfance et si carnassières qu’elles semblaient vouloir me prendre en leurs mâchoires sur le sable je les voyais venir mourir et m’étonnais qu’elles ne montent pas plus près […]

enfant je restais longtemps à jeter de longs regards — 1993 (2)

– William Cliff – Autobiographie – 1 enfant je restais longtemps à jeter de longs regards à travers la fenêtre de notre ennuyeuse école et recevais pour prix de m’être encore mis en retard des coups des punitions  » il n’est pas de mauvaise vol- onté  » disaient devant la grande colère de mon père […]

Ravaler à merci la face — 1993 (1)

– Nathalie Georges – Sonnets dispars – Infinitif Ravaler à merci la face Au ciel endolori se pâme Oisive une pensée lasse D’habitude abrégée d’âme Prendre ses racines à son cou, Y agréger sans s’y fier La pâte meurtrie du jour – Raccommoder les restes frais Traiter l’ordure rendue à gué De la mémoire massicotée […]

La solitude me dévore — 1986 (3)

– René Belletto – Loin de Lyon – XLVII sonnets – XXVI La solitude me dévore Encore une saison passée Chaque matin l’aube s’endort Mon âme s’est abandonnée Je ne saurai pas qui je suis Etranger à mon territoire Avec mes larmes s’est tarie La belle image du miroir En moi se noue comme un […]

1973 (1 à 5)

– Oulipo – La Littérature potentielle Jean Queval 1-5 Cinq sonnets ce coeur pur vitrifié mystérieux un peu mort ce richard décéda dans son parc étoilé ce faux dur supprimé vaniteux il s’endort ce vieillard susurra que son arc épuisé ce n’enfant réfléchit dit qu’ailleurs sur la trame ce mormon suçotant le radar qui l’avive […]