je me souviens de la Libération — 1993 (5)

– William Cliff – Autobiographie – 8 je me souviens de la Libération nous fûmes déguisés ma soeur et moi en petits pages tenant les cordons d’un écusson et le cortège alla à travers les rues au milieu des sons de fanfare et ne comprenant rien à cette fiesta que les gens faisaient là j’ouvrais […]

Le semeur qui semait se trouve pris d’angoisse — 1968 (1)

– Raymond Queneau – Battre la campagne L’instruction laïque et obligatoire Le semeur qui semait se trouve pris d’angoisse car le soleil se tient bien haut sur l’horizon de longues heures à sillonner les sillons avant que cette étoile à l’ouest ne disparaisse le semeur qui semait se trouve pris d’angoisse il s’arrête et se […]

Merci pour la Vérole et gardez le Pourboire. — 1966 (8)

– Roland Dubillard Je dirai que je suis tombé Sonnet attribué Merci pour la Vérole et gardez le Pourboire. Je m’en vais vers là où on va. J’ai des soucis, comme la Loire, J’ai des sourcils froncés très bas. Je vais, triste et certain des fruits de ma Victoire. Je suis Vainqueur. Je ne sais […]

Je me suis installé entre deux cimetières — 1956 (2)

– Jacques Baron – L’imitation sentimentale Premier et dernier poème de Montmartre Je me suis installé entre deux cimetières A l’âge où les amours ne font plus de mystères Et d’un pas de silence j’entre dans la maison Nouvelle au beau moment de la juste raison Je me suis installé dans la vie coutumière Avec […]

Mon premier, pavé d’or des palais merveilleux — 1890 (25)

– Paul Bourget in L’Aurore Sonnet-charade Mon premier, pavé d’or des palais merveilleux Que baigne une lumière éblouissante et pâle Dans le scintillement magique de l’opale, Résonne sous les pas et fait baisser les yeux. Entre le double azur de la mer et des cieux, Et parmi la rumeur confuse et sépulcrale De l’immense Océan […]

Il fait nuit. Pas de lune. Au fond d’un vallon noir — 1874 (14)

Ernest d’Hervilly – Etrennes du Parnasse pour l’année 1874 Aurore nocturne Il fait nuit. Pas de lune. Au fond d’un vallon noir Brillent tranquillement, étoiles de la terre, Les feux clairs des maisons. – Toi qui passes le soir Au flanc de la colline, étranger solitaire, Toi dont le pas s’éteint sans bruit sur le […]

Je pars content Seigneur. Est-ce amusant de vivre, — 1869 (28)

– Léon Charly in La Jeunesse du 7 février 1869 Dernier sonnet Je pars content Seigneur. Est-ce amusant de vivre, De traîner quelques jours, forçat, un lourd boulet ? Pour moi tout réveil fut un  visiteur fort laid, Et cette vie, en somme, un détestable livre. De mes vers dédaignés que ta main me délivre, O […]

Un jour, j’étais assis sur une terre anhydre, — 1866 (4)

Louis Goujon Sonnets. Inspirations de voyage Rimes Humouristiques, trio de sonnets à Théodore de Banville III Un jour, j’étais assis sur une terre anhydre Au pied d’un châtaignier, gros comme un baobab, J’avais soif à rêver tous les puits de Moab, Et, quoique Bourguignon, j’aurais lampé du cidre. J’aurais même, je crois, bu l’eau d’une […]

Quand sous votre corps nu craque un soyeux coussin, — 1859 (1)

– Mallarmé Entre quatre murs Sonnet A.R. Quand sous votre corps nu craque un soyeux coussin, Fumer dans l’ambre et l’or un tabac qu’on arrose De parfums espagnols: voir voltiger l’essaim Des houris à l’oeil noir, dont l’enivrante pose Vous fait rêver au ciel; renverser sur le sein De celle qui, rieuse, entre vos bras […]