Un jour, j’étais assis sur une terre anhydre, — 1866 (4)

Louis Goujon Sonnets. Inspirations de voyage

Rimes Humouristiques, trio de sonnets à Théodore de Banville

III

Un jour, j’étais assis sur une terre anhydre
Au pied d’un châtaignier, gros comme un baobab,
J’avais soif à rêver tous les puits de Moab,
Et, quoique Bourguignon, j’aurais lampé du cidre.

J’aurais même, je crois, bu l’eau d’une clepsydre, …
Lorsque vint à passer la fille de Joab,
Vieux juif parcheminé, plus riche qu’un nabab,
Dont l’or très-mal acquis renaissait comme l’hydre!

Il était laid, vorace, et sale comme un porc;
Mais Elle … on aurait dit la soeur du dieu de Delphes;
Elle avait, en courant, le vaporeux des elfes.

Et ma soif disparut. Cet enfant de New-York
Pouvait tout transformer .. jusqu’aux haines des Guelfes.
Son amour était doux comme un vers des Adelphes.

Q15- T29 Rimes rares, mais quatre seulement: – idre -ab – orc – elphes

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