Pommiers du 6 avril aux laies de Saint-Germain — 1998 (7)

– Jacques Darras – Petite somme sonnante 68 Pommiers du 6 avril aux laies de Saint-Germain Pommiers pommes rosacées dans les corolles épanes Pommiers pommes de demain cueillies dans les deux mains Pommiers essaims en fleurs où bourdonnent les essaims Pommiers dans le ciel bleu qui chante comme une ruche Pommiers cire liquide limpidité du […]

La Fontaine vient à moi de la marche du distrait — 1998 (6)

– Jacques Darras – Petite somme sonnante 3 La Fontaine vient à moi de la marche du distrait Il me traverse le coprs comme un bois qui s’anime Et que Rimbaud l’Ancien eût traversé d’un trait Poussé par la vision de quelque bleu de Nimes Dont lui aurait dit mot mourant Germain Nouveau A la […]

Pourquoi faut-il qu’en France d’équilibre revenu — 1998 (5)

– Jacques Darras – Petite somme sonnante 2 Pourquoi faut-il qu’en France d’équilibre revenu A la forme sonnetière du fond de tes lointaines Terres nordiques frontalières au galop des vents Béantement ouvertes comme une porte sur ses gonds Qui battrait et le déplacement de l’air assommerait, Tu retrouves d’instinct le lit géographique Qui au milieu […]

Le sonnet, me dis-tu – je mangeais un merlan — 1998 (4)

– Jacques Darras – Petite somme sonnante Soixante-et-onze sonnets I 1 Le sonnet, me dis-tu – je mangeais un merlan Que le menu m’avait décrit comme « en colère » Mais dont l’ire apparente par frayeur s’était tue Devant les saillies marines de la cuisinière – Le sonnet repris-tu – tandis que ton regard Plongeait par la […]

L’escargot que j’avais au temps sec remarqué — 1997 (8)

– Robert Marteau Rites et offrandes (2002) (Attichy, mardi 26 août 1997) L’escargot que j’avais au temps sec remarqué En un même lieu fixé sur la même tige, Voilà qu’il s’est mis en chemin depuis la pluie. Je le vois: il va, il s’arrête, s’alimente D’un fragment végétal qu’il a choisi, qu’il broie, Qu’il incurgite […]

L’église est debout au bord d’un champ de colza — 1997 (7)

– Robert Marteau Rites et offrandes (2002) (Dimanche 13 avril 1997) L’église est debout au bord d’un champ de colza Dont on voit le jaune au gré du vent fluctuer Sans qu’une vague jamais atteigne le bleu Qui descend, hémisphérique, impalpable étoffe Sans reprise, inlassablement faite et défaite, Fabuleuse invention qu’il nous faut connaître Par […]

Ce que fait l’araignée est au-dessus de nous — 1996 (2)

– Robert Marteau Rites et offrandes (2002) (Bure, Saint-Ouen-La Cour, jeudi 24- vendredi 25 octobre 1996) Ce que fait l’araignée est au-dessus de nous Par le sens et la perfection de l’ouvrage, Réplique de l’univers recomposé fil A fil, incluant invisibles et galaxies, De même que les éléments et les principes, Paradigme pour la dentellière […]

Etre là est absolument inexplicable, — 1995 (5)

– Robert Marteau Registre (1999) ( Samedi 9- mardi septembre 1995) Etre là est absolument inexplicable, Vu que nous n’avons pas la possibilité De voir l’infini non plus que l’infiniment; Ni d’entendre la gravitation des corps Célestes à l’intérieur de ce qui n’a Pas de circonférence à proposer à l’oeil, Même mathématique; et quant à […]

Le Christ a écrit sur le sable pour que tout — 1995 (4)

– Robert Marteau Registre (1999) (Dimanche 16 juillet 1995) Le Christ a écrit sur le sable pour que tout Soit dit en même temps qu’effacé. Même nous, Nous ne sommes que des traces qui ont perdu La mémoire de leur origine. Au début, Il y avait le divin vide où tout était Tenu en perpétuel […]

L’hiver froid convient aux canards, et le noroît — 1994 (3)

– Robert Marteau Registre (1999) (Jeudi 22 décembre 1994) L’hiver froid convient aux canards, et le noroît Qui souffle les fait contents de s’ébattre où l’eau Bat le plus fort. Tout est grisaille mais ils mettent Du jaune et du bleu sur la pierre qu’ils décorent, Parfois farfouillant du bec parmi le plumage, Parfois le […]