Son con est sans secret, sa vulve est sans mystère — 1998 (3)

– Luc Etienne in Nicolas Galaud et Pascal Sigoda – L.C. Ingénieur du langage Le sonnet d’Arvers … à revers Son con est sans secret, sa vulve est sans mystère Mais j’ai pris cette nuit, en un moment, son cul. Elle était endormie, aussi j’ai dû me taire Celle à qui je l’ai fait n’en […]

Madame je ne puis à ton Soleil descendre — 1997 (5)

– Jacques Chessex Douze blasons La fente Madame je ne puis à ton Soleil descendre Sans me représenter ausssitôt ton trépas Bouche en poudre, poussière aussi de tes appas De miel, de lait, de belle chair réduite en cendres Pourtant je vais en toi Madame sans me rendre Au conseil de la Mort qui me […]

Le R gronde dans l’avenue. — 1996 (6)

– Henri Bellaunay Nouvelle anthologie imaginaire de la poésie française Matinale Le R gronde dans l’avenue. Les vendeurs de journaux stridents Clament La Liberté, L’Intran. On dit Fantomas revenu. Sous nos pieds un bourgeois velu Chante Tosca en se rasant. Du tiède pilou émergeant Sa dame choisit sa tenue. Plus bas, la fille des concierges, […]

Or, le grand Hu-Gadarn, fils de Math, va mourir — 1996 (4)

– Henri Bellaunay Nouvelle anthologie imaginaire de la poésie française La mort de Hu-Gadarn Or, le grand Hu-Gadarn, fils de Math, va mourir L’Invaincu, qui régnait sur trente nations, A été pris dans son sommeil par trahison. Au noir poteau lié, il attend sans faiblir. Ceux qui jadis étaient ses sujets sont tous là: Uggdrasill […]

A bas bruit la très discrète — 1996 (3)

– Henri Bellaunay Nouvelle anthologie imaginaire de la poésie française A bas bruit A bas bruit la très discrète mais tenace ronge-temps verse son sablier lent au plus creux de tes retraites De tes pieds jusqu’à la tête elle mène posément aux rouges routes du sang sa fine marche muette. Elle te va concéder l’odeur […]

Sous la planche de fer ses jambes semblent moudre — 1995 (10)

– Pierre Louÿs Ces fleurs secrètes Couturière Sous la planche de fer ses jambes semblent moudre Elles se croisent, vint, viennent, en haut,en bas, Et scandent pied à pied, d’un geste faible et las, Le mouvement rythmé de la machine à coudre. Mes les cuisses à nu se frôlent hardiment, Le clitoris s’éveille et s’excite […]

je m’excuse beaucoup d’écrire ces sonnets — 1993 (12)

– William Cliff – Autobiographie – 75 je m’excuse beaucoup d’écrire ces sonnets sans rimes richissimes car les riches rimes conduisent à donner beaucoup de coups de lime lesquels font le sonnet sonner comme un poney chargé d’idiots grelots dont on ne reconnaît que trop qu’ils ont cent fois passé dans la machine je m’excuse […]

étant enfant et marchant au bord de la mer — 1993 (4)

– William Cliff – Autobiographie – 7 étant enfant et marchant au bord de la mer j’étais effrayé de voir accourir ses vagues plus hautes que mon enfance et si carnassières qu’elles semblaient vouloir me prendre en leurs mâchoires sur le sable je les voyais venir mourir et m’étonnais qu’elles ne montent pas plus près […]

L’aube sur le cratère allume un reflet d’or. — 1992 (7)

– Henri Bellaunay Petite anthologie imaginaire de la poésie française Les romains de la décadence L’aube sur le cratère allume un reflet d’or. La nuit en s’enfuyant a foudroyé l’orgie. Le délectable loir, l’huître de Batavie, Sur la pourpre de Tyr se confondent aux corps. Aux cassollettes, seuls, s’exaspèrent encor, Les parfums énervants de la […]

On voit parfois des choses tristes dans la vie. — 1992 (6)

– Henri Bellaunay Petite anthologie imaginaire de la poésie française Le cygne On voit parfois des choses tristes dans la vie. J’étais allé me promener, avec un livre, Sur les bords de l’étang éblouissant de givre, Quand s’offrit à mes yeux la scène que voici. Loin du rivage sûr, un cygne peu prudent, S’étant laissé […]