Ta voix a la langueur des lyres lesbiennes, — 1910 (2)

– Renée Vivien – Poèmes – ed. 1923 – Sonnet féminin Ta voix a la langueur des lyres lesbiennes, L’anxiété des chants et des odes saphiques, Et tu sais le secret d’accablantes musiques Où pleure le soupir d’unions anciennes. Les Aèdes fervents et les Musiciennes T’enseignèrent l’ampleur des strophes érotiques Et la gravité des lapidaires […]

C’était toute douceur et nuance et sourdine — 1896 (11)

– Georges Rodenbach Oeuvres Pour le tombeau de Verlaine C’était toute douceur et nuance et sourdine De lys purs qui seraient sensitives, et d’une Figure de clarté qui serait clair de lune, Figure de Béguine ou de Visitandine. C’était tout falbalas et brumes en écharpes; C’était toute musique, en pleurs d’être charnelle, Et frissons d’une […]

O mer, o mer immense qui déroules — 1896 (6)

– Auguste Angellier – A l’amie perdue – Le sacrifice, XX O mer, o mer immense qui déroules Sous les regards mouillés de ces millions d’étoiles, Les longs gémissements de tes millions de houles, Lorsque dans ton élan vers le ciel tu t’écroules; O ciel, ô ciel immense et triste, qui dévoiles, Sur les gémissements […]

J’ai le mépris sacré d’un dieu métaphysique — 1890 (9)

– Julien Mauveaux Les dolents – sonnets décadents Sonnet liminaire J’ai le mépris sacré d’un dieu métaphysique pour la matière où sont toutes formes encloses, et pieusement je veux que l’art, loin des gloses de la science, essore à l’aile des musiques. Il sera digne alors de la grâce pudique des vierges, de leur col […]

Les choses qui chantent dans la tête — 1884 (13)

Paul Verlaine – Jadis et Naguère Vendanges A Georges Rall Les choses qui chantent dans la tête Alors que la mémoire est absente, Ecoutez! c’est notre sang qui chante… O musique lointaine et discrète! Ecoutez! c’est notre sang qui pleure Alors que notre âme s’est enfuie D’une voix jusqu’alors inouïe Et qui va se taire […]

Sur la grande galère à quatre rangs de rames, — 1876 (2)

– Catulle Mendès – Les Poésies – Calonice Sur la grande galère à quatre rangs de rames, Calonice ramène une fille d’Asie Qui, nue et frissonnante et belle s’extasie De fouler des tapis de pourpre aux rouges trames! « O vierge, dit la grecque, entre toutes choisie Pour apaiser mon coeur percé de mille lames, Tu […]