La Ville expire au glas des cloches monotones — 1901 (12)

– Léon Bocquet Flandre Les cloches, II La Ville expire au glas des cloches monotones La ville triste meurt sans personne, personne! … Dans le brouillard épais et morne de l’automne, Des siècles de douleur aux vieilles cloches sonnent . Sanglots d’âme, sanglots éperdus et cris sourds, Détresse de chair nue étreinte par l’amour, Longs […]

Jolis cœurs, vous faites les bons apôtres, — 1901 (3)

– Charles-Adolphe Cantacuzène Sonnets en petit deuil – Jolis cœurs Jolis cœurs, vous faites les bons apôtres, Et toi, chair, dans le stupre tu te vautres! Et ceux qui disent tant de patenôtres Ont tant de mauvais regards pour les autres! On médite souvent un crime affreux Tandis qu’on vous regarde, doucereux! Et dans les […]

Les cloches bourdonnaient à coups sourds, lourdement, — 1892 (10)

– Amédée Rouquès in Le Banquet Chansons pour rire, II Les cloches bourdonnaient à coups sourds, lourdement, Et l’orgue, répondant du fond du monument, Râlait grave en mon cœur livide, absolument Sombré dans le deuil noir de cet enterrement Les enfants pleuraient, les hommes pleuraient, les femmes Pleuraient, et moi, les pleurs avaient noyé mon […]

Voici venir le Soir, doux au vieillard lubrique. — 1883 (10)

Jules Laforgue – Le sanglot de la terre La première nuit Voici venir le Soir, doux au vieillard lubrique. Mon chat Mürr accroupi comme un sphinx héraldique Contemple, inquiet, de sa prunelle fantastique Marcher à l’horizon la lune chlorotique. C’est l’heure où l’enfant prie, où Paris-lupanar Jette sur le pavé de chaque boulevard Ses filles […]

Devant l’ex-Napoléon-un — 1880 (23)

– Cabriol in L’Hydropathe Maurice Petit* Devant l’ex-Napoléon-un Il fait, le dimanche matin, Ronfler, sous une dextre main, Pour charmer maint, et maint et maint Nez d’argent, que jadis la treille Avait bourgeonné, mainte oreille, Aux oreilles de sourd pareille, L’orgue ! et pour cela j’appareille Au plus haut mat de perroquet, Le pavillon roux, bleu, […]

Souvenir, souvenir, que me veux-tu? L’automne — 1866 (13)

Paul Verlaine – Poèmes saturniens Nevermore Souvenir, souvenir, que me veux-tu? L’automne Faisait voler la grive à travers l’air atone, Et le soleil dardait un rayon monotone Sur le bois jaunissant où la bise détonne. Nous étions seul à seule et marchions en rêvant, Elle et moi, les cheveux et la pensée au vent, Soudain, […]