Je sais une villa sur les hauteurs de Naples — 1989 (5)

– coll. –  Sonnets (ed. Alin Anseeuw) – Xavier Bordes Après la fin Je sais une villa sur les hauteurs de Naples Où je fus quelquefois reçu par des amis J’entends encor la grille du jardin qui racle, En grinçant sur ses gonds, le gravier endormi. On déjeunait dehors pour jouïr du spectacle: Les gens […]

Je crois être le seul – ne me détrompe pas! – — 1982 (1)

– Luc Estang – Corps à coeur – Blason, VIII Je crois être le seul – ne me détrompe pas! – à connaître de toi cette plage érogène douce à l’égal du plus soyeux de tes appas où l’enfance blottit sa tendresse et ses peines où les amants fougueux suspendent leurs ébats: sous ma lèvre […]

Leur onyx? — 1973 (8)

– Oulipo – La Littérature potentielle – Raymond Queneau 8 La redondance chez Phane Armé 4 Leur onyx? lampadophore! Le Phénix? amphore! Nul ptyx sonore au Styx s’honore. Un or, décor contre une nixe, Encor se fixe: septuor! Q8 – T14 – m.irr – vers très courts – obtenu par ‘réduction aux sections rimantes’ à […]

Les barrages rompus, l’esprit combla l’espace — 1946 (4)

– André Rolland de Rèneville La nuit l’esprit L’heure en dehors du temps Les barrages rompus, l’esprit combla l’espace Et disparut en tant qu’esprit, – comme une mer, Après avoir crevé l’horizon qui l’enlace, S’oublierait comme plat et comblerait l’éther. Il gonfla dans le noir une sphère de glace Dont le creux monument rougissait de […]

Réglés en hâte au bruit des pas de la mémoire — 1946 (2)

– Pierre Emmanuel Tristesse ô ma patrie Couvre-feu Réglés en  hâte au bruit des pas de la mémoire ils s’étaient égarés sur leurs traces d’hier, Le couvre-feu tombé soudain sur leur histoire, Leur nuit sans un radeau se peupla d’icebergs Serrés, feutrant leurs voix, n’osant tâter le noir (crainte d’y rencontrer le froid d’un revolver) […]

Pourquoi t’aimerais-je — 1945 (7)

Paul Valéry Corona & Coronilla (Ed. De Fallois, 2008) Sonnets à Jean Voilier Chanson trop vive Pourquoi t’aimerais-je Si tu n’étais celle Avec qui s’abrège L’heure universelle ? Etrange manège ! Tout l’amour ruisselle, Pris au tendre piège Qui nous ensorcelle… O le bel éclair Entre chair et chair Qu’échangent les cœurs ! Et quels vrais trésors D’extrêmes […]

Je vis chaste dans le bosquet de mon roman, — 1944 (8)

– Henri Thomas Signe de vie La vie ensemble Je vis chaste dans le bosquet de mon roman, la plus grande aventure est de ne pas bouger, l’hostie de glace sur la langue qui ne ment fond, vivante fraîcheur, ruisseau de mots légers. User les jours … mais le massif est transparent! l’œil immobile voit […]

La chair a beau crier: l’Angoisse est lourde. — 1934 (6)

– Benjamin Fondane L’exode in Le mal des fantômes (ed.1996) La chair a beau crier: l’Angoisse est lourde. Et l’Ange a beau gémir : il est lié. Qui suis-je ? en quelles paumes oublié ? Mer repliée au cœur de la palourde. Es-tu ici prière ? o grande sourde ! Je crie. Le monde me revient crié. Rien ! rien que […]

Ce siècle est sans foi et je ne crois guère — 1930 (1)

– Léon Verane – Le livre des passe-temps – Aveu Ce siècle est sans foi et je ne crois guère Au banquet promis prendre un jour ma part Levant, à la fois, la lyre et le verre, Parmi les élus auprès de Ronsard. Errant de demain comme de naguère, C’est assez, pour moi que le […]

Logos, éons et séfirots; — 1927 (4)

– Charles-Adolphe Cantacuzène Identités versicolores Sonnet à J.B Logos, éons et séfirots; Alexandrins, Gnose et Cabale; Triangles et pouvoirs des mots; Souffle d’évocation pâle. L’Ether d’éternité, les flots, Le feu, la terre sidérale; Et vous, reflets dans les cristaux, Lumière, immortalité mâle. Tout cela nous n’en parlions pas Du temps que nous croisions nos pas, […]