C’est moi le démon des trains dans le noir, — 1947 (4)

– Henri Thomas – Le monde absent C’est moi le démon des trains dans le noir, je fais s’étonner l’ouvrière lasse qui regarde les lumières du soir scintiller, danser, virer dans l’espace. Les wagons seront comme des dortoirs pour la fièvre, pour les images basses, je tisonne dans les cœurs, je veux voir un vieillard […]

La plaie que depuis le temps des cerises, — 1944 (5)

– Jean Cassou (Jean Noir) – 33 sonnets composés au secret – XXIII La plaie que depuis le temps des cerises, je garde en mon cœur s’ouvre chaque jour. En vain les lilas, le soleil, les brises, viennent caresser les murs des faubourgs. Pays des toits bleus et des chansons grises, qui saigne sans cesse […]

Je l’avais compris un soir de légende — 1934 (5)

– Patrice de La Tour du Pin La quête de joie Je l’avais compris un soir de légende Si profondément que j’en avais peur, Et notre amitié devenait si grande Que nous n’en pouvions saturer nos cœurs. Je ne connaissais que toi de si rare, De si lumineux dans le haut chemin; Je croyais que […]

Ce siècle est sans foi et je ne crois guère — 1930 (1)

– Léon Verane – Le livre des passe-temps – Aveu Ce siècle est sans foi et je ne crois guère Au banquet promis prendre un jour ma part Levant, à la fois, la lyre et le verre, Parmi les élus auprès de Ronsard. Errant de demain comme de naguère, C’est assez, pour moi que le […]

MAURICE BOUCHOR ET RAOUL PONCHON 1923 (11)

– Jean Richepin Interludes Sonnet acrostiche et mésostiche MAURICE BOUCHOR ET RAOUL PONCHON Avec vous j’ai fait Toutes mes retraites. Un même plaisir Rassemblant nos crêtes, Rougissait nos nez Au même cruchon. Ivrognes sacrés, Oints du dieu Bouchon, Celébrons sa messe, Usons ses burettes, Et versons en nous les rouges aigrettes, Bouchor, mon trésor, Ponchon, […]

Le grésil frileux hérisse les mousses — 1920 (16)

– Joséphin Soulary sonnets Intus et in cute* Le grésil frileux hérisse les mousses Où je vous cueillais, rêve et muguet blanc. L’âpre vent du nord, des mêmes secousses, Bat l’âme oppressée et l’arbre tremblant ! Es-tu l’agonie, angoisse indicible ? Es-tu le tombeau, nature insensible ? Es-tu ‘l’oubli morne, horizon de fer ? – Ne crois pas au […]

Maître, que l’on dit de Villon le frère, — 1913 (4)

– Adrien Remacle – Le Livre d’une jeunesse – Sonnet pour Paul Verlaine « Il y eut plusieurs apôtres Paul, vers Damas  » Le Dépareillé Argument: Paul, dans sa vie, un géant poète, effrayant, venant, leur frère, après les autres géants Charles d’Orléans, Villon, Vigny, Musset, Baudelaire, aussi grand qu’eux, aussi doux et tendre, plus doux […]

J’aurais pu, je crois, tout comme les autres, — 1899 (4)

– Paul Romilly – Muse & Musette – Apostrophe J’aurais pu, je crois, tout comme les autres, Suer sans repos, me battre les flancs, Hanneton rêveur, pondre des vers blancs, Denués de sens autant que les vôtres. Vous m’auriez crié « Te voilà des nôtres! » Dupes volontiers de mes faux-semblants. Prêtres maladifs aux cultes troublants, Vous […]

Près de vous, très gente, ay laissé mon cueur, — 1891 (19)

– Le concours de La Plume (concours, troisième prix) Sonnet pour Isabeau la gente Bachelette Près de vous, très gente, ay laissé mon cueur, Or vous l’avez prins, et votre ongle rose Vistement lui fict sy terrible chose Que femmes de Thrace au divin chanteur Et, depuis ce temps, je vis tout morose, Et le […]

Je suis l’expulsé des vieilles pagodes — 1888 (9)

Charles Cros – Le Collier de griffes En Cour d’Assises Je suis l’expulsé des vieilles pagodes Ayant un peu ri pendant le Mystère; Les anciens ont dit: Il fallait se taire Quand nous récitions, solennels, nos odes. Assis sur mon banc, j’écoute les codes Et ce magistrat, sous sa toge, austère, Qui guigne la dame […]