Près de vous, très gente, ay laissé mon cueur, — 1891 (19)

Le concours de La Plume
(concours, troisième prix)

Sonnet pour Isabeau la gente Bachelette

Près de vous, très gente, ay laissé mon cueur,
Or vous l’avez prins, et votre ongle rose
Vistement lui fict sy terrible chose
Que femmes de Thrace au divin chanteur

Et, depuis ce temps, je vis tout morose,
Et le plus doux miel, la plus belle fleur
Me semblent sans goust, comme sans couleur,
Et de tout cela, cruelle, estes cause.

Mais, si le voulez, mignonne, oyez-moi:
Venez mettre un terme à mon grand émoy
Et bien-tost verray que seray tout aultre.

Belle, vous avez mon cueur déchiré;
Il me faut un cueur, où je périrai:
Or donc, pour le mien, donnez-moy le vôtre.

Jules Laloue

Q16 – T15 – on voit, à cet exemple burlesque (involontairement) à quel point il est difficile de ‘faire médiéval’ (un des plus beaux exemples est le ‘Jehan’ à deux syllabes, de l’abominable Rictus)

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *