Visage pur, comme une treille au doux conseil, — 1960 (1)

– Jean Le Louët Premiers sonnets Licorne Pour Anita Visage pur, comme une treille au doux conseil, Qui, l’iris dépouillé, cherche l’ombre du miel. Visage pour moi seul, tel une eau qui s’épuise, Nuançant sa pâleur d’autres ombres surprises. A peine reconnu par une main vivante, Les yeux plus délicats versent l’âme mouvante A l’infini […]

Méandres, bleus surgeons de mon verbe quitté, — 1923 (2)

– Jean Royère – Quiétude – Strophe Méandres, bleus surgeons de mon verbe quitté, Horizontale nef, vaste suavité, Dans la feuillée ardente et sur la mer soumise Jase l’immense erreur de la strophe promise! …. Quêteuse, qui trahis au toucher de l’aurore Le spectre rose et or de notre hier sonore, Ombre encore lovée et […]

Encor vréman, bon Duvignô, — 1891 (1)

– Le Chat Noir – Verlaine A A. Duvigneaux Trop fougueux adversaire de l’orthographe phonétique Encor vréman, bon Duvignô, Vou zôci dou ke lé zagnô E meïeur ke le pin con manj, Vou metr’ en ce courou zétranj Contr(e) ce tâ de brav(e) jan O fon plus bête ke méchan Drapan leur linguistic étic Dans […]

Vous aviez des cheveux terriblement — 1889 (26)

– Verlaine Dédicaces A Raoul Ponchon Vous aviez des cheveux terriblement Moi je ramenais désespérément ; Quinze ans se sont passés, nous sommes chauves Avec, à tous crins, des barbes de fauves. La Barbe est une erreur de ces temps-ci Que nous voulons bien partager aussi ; Mais l’idéal serait des coups de sabres Ou même de […]

Le noir effondrement des ténèbres premières — 1888 (19)

Charles Cros – Le Collier de griffes (L’évocation des endormis) Il faisait chaud à tomber, dans le salon.  Au milieu, devant la table et sous la lampe, une petite blonde contrefaite et phtysique écrit au crayon sur un cahier. Un monsieur, cheveux poivre et sel, rouge sur sa cravate blonde, tête à passions (pas en […]

On va criant partout – écho d’un fait lointain – — 1885 (6)

– Ernest d’Hervilly – Les bêtes à Paris – 36 sonnets – L’ours On va criant partout – écho d’un fait lointain – Que tu cueilles, toujours, pour ton lunch, ô Martin, La fleur de nos lignards, sans regarder au grade; Pour moi, je ne crois pas cela, cher plantigrade! J’accorde que parfois tu ronges […]

Et vous viendrez alors, imbécile caillette, — 1873 (25)

Tristan Corbière Les Amours jaunes Bonsoir Et vous viendrez alors, imbécile caillette, Taper dans ce miroir clignant qui se paillette D’un éclis d’or, accroc de l’astre jaune, éteint Vous verrez un bijou dans cet éclat de tain. Vous viendrez à cet homme, à son reflet mièvre Sans chaleur … Mais, au jour qu’il dardait la […]

Comme il était bien, Lui, ce Jeune plein de sève! — 1873 (24)

Tristan Corbière Les Amours jaunes Déclin Comme il était bien, Lui, ce Jeune plein de sève! Âpre à la vie Ô gué ! … et si doux en son rêve. Comme il portait sa tête ou la couchait gaîment! Hume-vent à l’amour! … qu’il passait tristement. Oh comme il était Rien! … – Aujourd’hui, sans […]

Soit que paisible au sein du foyer domestique, — 1843 (10)

– François Ponsard in Oeuvres complêtes, III (1876) A madame Dorval, après la représentation de Lucrèce Soit que paisible au sein du foyer domestique, Vous nous rajeunissiez le gynécée antique, Et qu’ouvrant votre coeur à la douce pitié, Vous charmiez le malheur  par des mots d’amitié; Soit que vous commandiez, majestueuse et sainte, Au crime […]