Vous aviez des cheveux terriblement — 1889 (26)

Verlaine Dédicaces

A Raoul Ponchon

Vous aviez des cheveux terriblement
Moi je ramenais désespérément ;
Quinze ans se sont passés, nous sommes chauves
Avec, à tous crins, des barbes de fauves.

La Barbe est une erreur de ces temps-ci
Que nous voulons bien partager aussi ;
Mais l’idéal serait des coups de sabres
Ou même de rasoirs nous faisant glabres.

Voyez de Banville, et voyez Lecon-
Te de Lisle, et tôt pratiquons leur con-
Duite et soyons, tes ces deux preux, nature.

Et quand dans Paris, tels que ces deux preux,
Nous rions, fleurant de littérature,
Le peuple, ébloui, nous prendra pour eux.

Q55  T14  10s

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