L’oiseau passera dans un poème formel — 1990 (1)

– Alain Anseeuw – L’ombre est en toute phrase, le soleil tout autant – L’oiseau passera dans un poème formel Rien ne passe de l’intelligence des roses Que les mots de guerre lasse en l’éveil des choses Ou bien le drap froissé sur le pré immortel Ici le paysage est partout dans l’été La comète […]

Tant d’esprits doux parmi la lassitude nés — 1908 (3)

– André Fontainas Le jardin des îles claires – La nef désemparée – La Paresse Pour une eau-forte en couleur de H. Detouche Tant d’esprits doux parmi la lassitude nés Pour des yeux demi-clos s’écoulent comme un fleuve; L’immobile et la multiple volupté neuve Se disperse en miroitements inopinés. Accorde à du songe ton beau […]

En l’église, où ne s’allume — 1908 (2)

– André Fontainas Le jardin des îles claires – La nef désemparée – Pour Stéphane Mallarmé HOMMAGE En l’église, où ne s’allume Qu’une étoile taciturne, Le myrrhe fade de l’urne Et, sous l’angoissante brume, Surgit du sol qu’elle évite: Tel, secret et pur, s’élève Vers le Ciel perdu le rêve D’un sacrilège lévite. Joie et […]

De toi seul fils et l’aïeul — 1908 (1)

– André Fontainas Le jardin des îles claires – La nef désemparée – A O.G.D. De toi seul fils et l’aïeul Naît aux portiques du rêve Le guerrier de qui le glaive Soit le simple et clair glaïeul. En ses doigts tige qu’isole D’un geste las son dédain Il t’a prise à quel jardin De […]

Musiques ombreuses vertes— 1899 (6)

– Léopold Dauphin – Couleur du temps – Pour Stéphane Mallarmé 1 – septembre 1898 Musiques ombreuses vertes Pour imiter les fontaines Que tes flutes si lointaines Par leurs trous au soir ouvertes Ou quel allegro touchant Tes blés dorent maints et blonds Claires trilles de violons Quand exulte le couchant Mais où les toits […]

L’innocence était, de ton âme, 1897 (2)

– Léopold Dauphin – Raisins bleus et gris – A Paul Verlaine 8 janvier 1896 L’innocence était, de ton âme, Et la mystérieuse voix Si vierge et perverse à la fois, Et l’amer parfumé dictame! Nos espoirs pleurent superflus; Cette voix tant câline et tendre, Qu’au ciel aimé tu viens de rendre, Nous ne l’entendrons […]

D’abord vivre, dit-on, et puis philosopher ; — 1892 (9)

– Henri Michel in La syrinx Sonnets liminaires, I (La pensée.) D’abord vivre, dit-on, et puis philosopher ; Mais comment vivre sans juger ce qu’est la vie ? Toujours quelque maxime en secret est suivie Et sa raison native on ne peut l’étouffer. En vain voudrait-on voir sous sa haute fenêtre, Comme un rêve, passer la vie […]