Silencieusement, la Nuit qui s’épanchait — 1991 (29)

–       Emmanuel Signoret in Le Saint-Graal La pente des heures Silencieusement, la Nuit qui s’épanchait Etreignait d’ombre molle et croissante les choses, La Nuit tombait des cieux telle une pluie de roses : Comme se fane un pré, pâlissaient les objets. Et c’étaient des soupirs sous les gazons qu’immerge L’ombre inondante ainsi qu’un fleuve débordé – […]

Les cheveux bruns ou blonds en boucles sur le front, — 1890 (17)

– Ernest Raynaud Les cornes du faune Pastels VII Les cheveux bruns ou blonds en boucles sur le front, Et la joue en couleur un peu, d’enfant de choeur; Près des dressoirs où rit l’arc-en-ciel des liqueurs, C’est tout splendeur! Le joli coeur de leur plastron! Ils jonglent avec les verres de leurs doigts souples, […]

Il est, dit-on, un puits éternellement vide, — 1883 (18)

– René de Labry Premiers et derniers poèmes Les Danaïdes Il est, dit-on, un puits éternellement vide, Un puits où l’on versa, sans pouvoir le combler, Des flots qui, nuit et jour, ne cessent de couler, Et qui, jamais rempli, sera toujours aride. Les Anciens le plaçaient dans l’empire des morts, Moi, j’en sais un […]

Brr ! qu’il fait froid ! chère frileuse, — 1879 (23)

Alfred Aubert Caprices et boutades Sonnet d’hiver Brr ! qu’il fait froid ! chère frileuse, Pose tes pieds sur le chenêts, Tes pieds mignons que je connais Etends-toi bien sur la causeuse . Que les coussins ploient sous ton corps Afin que d’une main fiévreuse Je parcoure, ô mon amoureuse L’écrin de tes tièdes trésors. Depuis un mois […]

Vous restez au pays de l’éternel printemps, — 1874 (19)

– Dubosc de Pesquidoux in L’Artiste Vous restez au pays de l’éternel printemps, Et je fuis le rivage. Adieu mes belles fées ! En chantant avec vous la chanson des Orphées, J’ai cueilli par vos mains les roses au beau temps. Vous êtes l’idéal, et versez l’ambroisie Avec l’urne des dieux aux âmes de vingt ans, […]