Ce poème s’écrit sous l’oeil d’un charpentier — 1995 (1)

– Jacques Réda L’incorruptible Le charpentier Ce poème s’écrit sous l’oeil d’un charpentier Qui s’active au sommet de la maison voisine Avec des bruits de clous, de brosse et de mortier. Peut-être me voit-il, et la petite usine Que font ma cigarette, un crayon, la moitié D’une feuille où ma main hésitante dessine, Comme un […]

Paf ! d’un bond rivière ! — 1983 (5)

– Jacques Demarcq Derniers sonnets Celle même, miss, taire (ter) Paf ! d’un bond rivière ! taille-doigt, d’ôte queuté sur l’abrège : pater d’un gué) dans les pognes Aléa, Jacques t’es tu parles ! d’un cutter papa-rasoir ? gnon castrat, d’compendium Ca laisse des légions en gaule) t’es fort guère gars ! depuis que Rogne Est-ce ? la pine de niée sort […]

L’oiseau, qui est site — 1983 (4)

– Jacques Demarcq Derniers sonnets Celle même, miss, taire (bis) L’oiseau, qui est site lieu ! de m’écouter l’âme d’ici : t’invite pourquoi forêt ? stère Sans phallé : d’où t’es coup ça biche, touriste chair urge ) oui dare-dare spasme ! le guérit ver Avec un d’César au rut) bite qu’on risque gare ! à ton guerrière Tant saigne, qu’impregne dans […]

Souvent me suis, comme un con, pris — 1965 (7)

– Olivier Larronde L’ivraie en ordre (ed. 2002) A sa queue Souvent me suis, comme un con, pris A rêver, un doigt sur ta nuque De trancher le sphinx incompris Qui, bien membré, me laisse eunuque. Puisque tu n’appartiens qu’à toi. Si je t’osais tailler en pipe Gicler au visage des rois Plutôt que visiter […]

L’amoureuse immuable au fétiche de bête — 1957 (2)

– Pierre-Jean Jouve – LA VIERGE DE PARIS – L’homme fatal L’amoureuse immuable au fétiche de bête N’avait pas négligé son soulier de satin Remuements de peau neuve et toisons cris de têtes Assouvissement vaste! Et des années plus loin Il recherchait partout une sombre catin Voisine: aux armes de Ses poids et de Ses […]

Des croix basques décoraient la maison — 1946 (6)

– Armen Lubin Le passager clandestin Sanatorium dans les Hautes -Pyrénées Des croix basques décoraient la maison Où des choses élevées étaient en danger de chute. Les poitrinaires ne pensaient qu’à leurs minces cloisons Des leurs membres étendus amortissant les disputes. Au milieu d’une jeunesse restée à l’état larvaire Les outils nobles avaient été posés […]

L’homme s’enfuit, le cheval tombe, — 1926 (3)

– Paul Eluard Capitale de la douleur Le jeu de construction A Raymond Roussel L’homme s’enfuit, le cheval tombe, La porte ne peut pas s’ouvrir, L’oiseau se tait, creusez sa tombe, Le silence le fait mourir. Un papillon sur une branche Attend patiemment l’hiver, Son cœur est lourd, la branche penche, La branche se plie […]

Le pré est vénéneux mais joli en automne — 1913 (13)

– Guillaume Apollinaire Alcools Les Colchiques Le pré est vénéneux mais joli en automne Les vaches y paissant Lentement s’empoisonnent Le colchique couleur de cerne et de lilas Y fleurit tes yeux sont comme cette fleur-là Violâtres comme leur cerne et comme cet automne Et ma vie pour tes yeux lentement s’empoisonne Les enfants de […]

Les spécieuses, les prenantes rêveries — 1905 (12)

– John-Antoine Nau in Les écrits pour l’art Roses jaunes Les spécieuses, les prenantes rêveries S’envolent de ton front où le caprice dort De ton front pâle et chaud comme un lys au cœur d’or Et s’enroulent dans nos têtes endolories, Vapeurs de Hells ou de Walhallas trop fleuries, Nuages de vertige embaumés de l’odor […]

Et puis en somme, et malgré tout, — 1900 (12)

Camille Mauclair Le sang parle Epilogue,     III Et puis en somme, et malgré tout, Que j’aie été mauvais ou fou, Voici des vers et des pensées Qui vous seront fruits et rosées. Voici bien des choses blanches, Toute lueur qui fut en moi, Toute la source qui s’épanche, Et mon cœur aride en fait foi. […]