Madame je ne puis à ton Soleil descendre — 1997 (5)

– Jacques Chessex Douze blasons La fente Madame je ne puis à ton Soleil descendre Sans me représenter ausssitôt ton trépas Bouche en poudre, poussière aussi de tes appas De miel, de lait, de belle chair réduite en cendres Pourtant je vais en toi Madame sans me rendre Au conseil de la Mort qui me […]

Le R gronde dans l’avenue. — 1996 (6)

– Henri Bellaunay Nouvelle anthologie imaginaire de la poésie française Matinale Le R gronde dans l’avenue. Les vendeurs de journaux stridents Clament La Liberté, L’Intran. On dit Fantomas revenu. Sous nos pieds un bourgeois velu Chante Tosca en se rasant. Du tiède pilou émergeant Sa dame choisit sa tenue. Plus bas, la fille des concierges, […]

A bas bruit la très discrète — 1996 (3)

– Henri Bellaunay Nouvelle anthologie imaginaire de la poésie française A bas bruit A bas bruit la très discrète mais tenace ronge-temps verse son sablier lent au plus creux de tes retraites De tes pieds jusqu’à la tête elle mène posément aux rouges routes du sang sa fine marche muette. Elle te va concéder l’odeur […]

je m’excuse beaucoup d’écrire ces sonnets — 1993 (12)

– William Cliff – Autobiographie – 75 je m’excuse beaucoup d’écrire ces sonnets sans rimes richissimes car les riches rimes conduisent à donner beaucoup de coups de lime lesquels font le sonnet sonner comme un poney chargé d’idiots grelots dont on ne reconnaît que trop qu’ils ont cent fois passé dans la machine je m’excuse […]

L’aube sur le cratère allume un reflet d’or. — 1992 (7)

– Henri Bellaunay Petite anthologie imaginaire de la poésie française Les romains de la décadence L’aube sur le cratère allume un reflet d’or. La nuit en s’enfuyant a foudroyé l’orgie. Le délectable loir, l’huître de Batavie, Sur la pourpre de Tyr se confondent aux corps. Aux cassollettes, seuls, s’exaspèrent encor, Les parfums énervants de la […]

Qu’à son plaisir mon œil te considère — 1988 (7)

– Bernard Manciet (trad) André du Pré Sonnets gascons X Qu’à son plaisir mon œil te considère Il fait de toi toute sorte de fleur La fraîche rose en sa belle couleur C’est ton menton, ton col, ta main légère Qu’avec des lis candides il tempère. Sur ton front naît le souci de pudeur Dedans […]

Deux quatrains, deux tercets, jamais plus, jamais moins. — 1952 (2)

– Jean-Victor Pellerin Les aveux – LXIV sonnets – L Deux quatrains, deux tercets, jamais plus, jamais moins. – D’aucuns alors de me traiter de maniaque, D’autres d’aller jeter ce volume au cloaque, Tous de prendre l’Olympe et Pégase à témoin! Certains même, au grand cœur, de pleurer dans un coin, Craignant que l’âpre tâche […]

Innover à tout prix, sans trêve, à chaque instant, — 1952 (1)

– Jean-Victor Pellerin Les aveux – LXIV sonnets – III Innover à tout prix, sans trêve, à chaque instant, Bousculer la métrique ainsi que la grammaire, Condamner le durable au nom de l’éphémère, C’est là suivre une mode – et c’est perdre son temps. A quoi bon s’encombrer d’un nouvel instrument Quand celui sur lequel […]

Pour ne pas être seul durant l’éternité — 1947 (9)

– Jules Supervielle Oublieuse mémoire Sonnet à Pilar Pour ne pas être seul durant l’éternité Je cherche au près de toi future compagnie Pour quand, larmes aux yeux, nous jouerons à la vie Et voudrons y loger notre fidélité. Pour ne plus aspirer à l’hiver et l’été, Ni mourir à nouveau de tant de nostalgie, […]

De l’autre côté de la rue — 1948 (1)

– Roger Vitrac – Poèmes délirants – Sonnet paresseux De l’autre côté de la rue Dans la fenêtre illuminée L’ombre d’une femme accoudée Projette une grande ombre nue, Sur le trottoir où je t’ai vue Et combien de fois désirée Quand tu passais ensoleillée Sous une ombrelle disparue Dans l’arbre flambant dans le soir Comme […]