Nous somme arrivés sur le treizième parallèle. — 1983 (1)

– William Cliff America Talavera. 7. Nous somme arrivés sur le treizième parallèle. J’ai déja vu sur l’eau deux ou trois poissons volants L’Anglais chargé des chambres froides est venu tout courant Dans le château pour qu’on lui prête un moment les jumelles Il prétend avoir vu bouger au loin une baleine On se met […]

Les mots nouveaux me donnent de la tablature, — 1973 (11)

– Oulipo – La Littérature potentielle Francois le Lionnais L’unique sonnet de treize vers et pourquoi* Les mots nouveaux me donnent de la tablature, Ils ne figurent pas au Larousse illustré Et bien souvent je suis quelque peu étonné Par ceux-ci, dont l’aspect semble contre nature: Arnalducien, bensilloscope, bergissime, Blavièrement, braffortomane, duchater, Lattisssoir, lescurophage, queneautiser, […]

Souvent me suis, comme un con, pris — 1965 (7)

– Olivier Larronde L’ivraie en ordre (ed. 2002) A sa queue Souvent me suis, comme un con, pris A rêver, un doigt sur ta nuque De trancher le sphinx incompris Qui, bien membré, me laisse eunuque. Puisque tu n’appartiens qu’à toi. Si je t’osais tailler en pipe Gicler au visage des rois Plutôt que visiter […]

L’arbre sentait le vent qui naissait dans ses branches — 1962 (5)

– Georges Perros Poèmes bleus Absurdité L’arbre sentait le vent qui naissait dans ses branches Et le vent donnait âme aux bourgeons du printemps L’oiseau se demandait si c’était le dimanche Ou un huitième jour pour les adolescents. Le ciel ne respirait plus que par habitude Sa chemise lavée au grand air du levant Le […]

Le jour fourmille introuvable; —1959 (3)

– Olivier Larronde – Rien voilà l’ordre – Arqué Le jour fourmille introuvable; L’écraser trace un chemin! Son lever strident sème un Désarroi. Ce jour lavable Au passé fils de tes mains Qu’en est-il? Jour repassable Entre deux, ses lendemains. Et tant repris que ma fable. S’improvisa sur du sale Tout départ pris sans la fin Quand l’un […]

L’amoureuse immuable au fétiche de bête — 1957 (2)

– Pierre-Jean Jouve – LA VIERGE DE PARIS – L’homme fatal L’amoureuse immuable au fétiche de bête N’avait pas négligé son soulier de satin Remuements de peau neuve et toisons cris de têtes Assouvissement vaste! Et des années plus loin Il recherchait partout une sombre catin Voisine: aux armes de Ses poids et de Ses […]

Sur l’éparse viande des morts — 1947 (7)

– Roger Gilbert-Lecomte in Jean Paulhan, Dominique Aury – Poètes d’aujourd’hui Formule palingénésique Sur l’éparse viande des morts Jetez la poudre des griffons Pour que d’un cadavre en haillons Naisse un fantôme dont le corps Veuf de sang orphelin d’eau-mère Se sculpte au sel marin des pleurs Dont le cristal d’essence amère Mime le nombre […]

J’ai fini de trébucher: adieu les essais — 1947 (5)

– Henri Thomas – Le monde absent Homo faber J’ai fini de trébucher: adieu les essais De l’âge ingrat, je foule allègrement la terre, Je vais, robot sacré, dans ma propre lumière, Ecoutant bourdonner mes rouages secrets. Mon cœur a son déclic, mon sexe est une roue, comme l’eau d’un moulin le sang la fait […]

Des croix basques décoraient la maison — 1946 (6)

– Armen Lubin Le passager clandestin Sanatorium dans les Hautes -Pyrénées Des croix basques décoraient la maison Où des choses élevées étaient en danger de chute. Les poitrinaires ne pensaient qu’à leurs minces cloisons Des leurs membres étendus amortissant les disputes. Au milieu d’une jeunesse restée à l’état larvaire Les outils nobles avaient été posés […]

Combien de temps ô mère du Seigneur avant — 1944 (9)

– Pierre-Jean Jouve – La Vierge de Paris – Combien de temps ô mère du Seigneur avant Que ne revive à ce vieux sol le fils en gloire Que de travaux de pleurs combien de battements Pour que le rayon doux revienne à notre histoire Pour que nous retrouvions le bois sacré des ans Et […]