Je suis tel riche auquel sa clé bénie — 1995 (9)

– Daniel & Geneviève Bournet Sonnets de Shakespeare Sonnet 52 Je suis tel riche auquel sa clé bénie Ouvre son doux trésor cadenassé, Qu’à tout moment il ne faut qu’il épie Pour émousser l’aigu de volupté. Fêtes sont donc solennelles et rares, Disséminées en la longueur de l’an, Comme pierres de prix maigrement parent, Ou […]

si je suis mort et cet état naissant — 1993 (13)

– William Cliff – Autobiographie – 97 si je suis mort et cet état naissant parle aux vivants et de mort et d’extrême les plus sérieux me semblent les enfants qui ne savent pas qu’ils le sont eux-mêmes et eux me réparant des vrais sérieux qui le sachant ne savent rien  de l’être savent pourtant […]

un jour j’eus la révélation de la littérature — 1993 (10)

– William Cliff – Autobiographie – 35 un jour j’eus la révélation de la littérature dans le récit que fait Chateaubriand de son enfance de la terreur qu’il eut devant son père et de sa dure condition d’enfant à Combourg dont la sinistre ambiance le soir avec ce père qui n’arrêtait pas de faire armé […]

nous avions entre frères ce qu’on nomme des ‘rapports’ — 1993 (7)

– William Cliff – Autobiographie – 19 nous avions entre frères ce qu’on nomme des ‘rapports’ il s’agissait pour nous de faire pièce à l’oeil sévère qui voulait nous nier d’avoir aucun plaisir du corps duquel les pères veulent être seuls dépositaires et c’est déjà le désir de tuer leurs géniteurs qui pousse les enfants […]

jadis on envoyait les enfants à la mine — 1993 (6)

– William Cliff – Autobiographie – 11 jadis on envoyait les enfants à la mine pour trier le charbon certains pays encor les font travailler dur sinon vendre leur corps afin d’épargner aux familles la famine on dit que ces enfants s’estiment plus heureux à l’idée d’être un peu utiles à leur famille alors qu’ici […]

je suis né à Gembloux en mil neuf cent quarante — 1993 (3)

– William Cliff – Autobiographie – 4. je suis né à Gembloux en mil neuf cent quarante mon père était dentiste et je l’ai déjà dit ma mère eut neuf enfants et je l’ai dit aussi pourquoi faut-il que je revienne à cette enfance? j’étais un gosse à grosse bouche et grands yeux vides qui […]

A nuage muet une morale rie — 1977 (2)

– Oulipo – Hommage à Raymond Queneau (Bibliothèque oulipienne) – – d’un autre membre de l’Oulipo  » Une case vide – longueur des syllabes – dans la Table de Queneleieff est comblée, minimalement, par ce sonnet, selon les règles et aussi quelque ironie. Un clinamen dans le compte des lettres, par absence et excès, dit […]

Ainsi suis-je le riche qu’une sainte clé — 1969 (6)

– Jean Rousselot Shakespeare – Sonnets trad. 52 Ainsi suis-je le riche qu’une sainte clé Peut conduire à son doux trésor bien enfermé, Lequel il ne va pas regarder à toute heure De craindre d’émousser l’aigu de son bonheur. Si les fêtes sont solennelles et prisées, C’est qu’au long cours de l’an rarement elles viennent; […]

Amants brûlants d’amour, savants aux pouls glaciaux — 1969 (4)

– Georges Perec – La disparition – Nos chats Amants brûlants d’amour, savants aux pouls glaciaux Nous aimons tout autant dans nos saisons du jour Nos chats puissants mais doux, honorant nos tropots Qui, sans nous, ont trop froid, nonobstant nos amours. Ami du Gai Savoir, ami du doux plaisir Un chat va sans un […]

L’océan mesuré sur quoi je règne en maître — 1966 (1)

– Olivier Larronde – L’arbre à lettres – A ma plage L’océan mesuré sur quoi je règne en maître Va léchant tes longs pieds en plage surhumaine. La minuscule tête ouverte à la fenêtre, Lui garde tout pour lui sauf des vagues amènes. Il garde la distance, un monde à ses fenêtres, Des madrépores morts […]