La volupté du soir, la nuit et son mystère — 1970 (10)

– Antoine Pol Croquis : 17 variations sur le sonnet d’Arvers Moïse La volupté du soir, la nuit et son mystère Descendaient sur ces monts où Japhet fut conçu ; Et Moïse, accablé, enfin las de se taire, Re-disait à IAVE ce discours par trop su : «  O Seigneur, j’ai vêcu puissant et solitaire. Souhaitant de passer […]

La cigale, un beau jour, s’en vint en grand mystère, — 1970 (9)

– Antoine Pol Croquis : 17 variations sur le sonnet d’Arvers La cigale et la fourmi La cigale, un beau jour, s’en vint en grand mystère, Chez la fourmi, ayant conçu De quémander, mieux eût valu se taire Un grain de mil, tout un chacun l’a su. « Mon dénuement d’insecte solitaire N’a pu de vous passer […]

Le vieux marin breton de tabac prit sa prise — 1961 (1)

– Raymond Queneau – Cent mille milliards de poèmes Le vieux marin breton de tabac prit sa prise depuis que Lord Elgin négligea ses naseaux sur l’antique bahut il choisit sa cerise il chantait tout de même oui mais il chantait faux On vous fait devenir une orde marchandise les gauchos dans la plaine agitaient […]

Mon Baudelaire aimé verse son Chant d’automne — 1947 (11)

– Armand Godoy Sonnets pour l’aube VII Mon Baudelaire aimé verse son Chant d’automne Dans celui qu’aujourd’hui va remplacer l’hiver, Et je revois soudain la chère mer bretonne Qui sut prendre mon cœur mieux que nulle autre mer. A-t-elle reflété ces yeux dont m’abandonne Parfois le souvenir ? et de quel univers Seraient-ils revenus, par ce […]

L’autre jour – et vous m’en croirez si vous voulez, — 1948 (3)

– Jules Lemaître in  Dr O’Followell: Le sonnets d’Arvers et ses pastiches A la manière de François Coppée L’autre jour – et vous m’en croirez si vous voulez, Car un événement simple est parfois bizarre – Ayant sous le bras deux paquets bien ficelés, Je me dirigeais du côté de Saint Lazare. Après avoir pris […]

On ne peut plus douter de mon cœur, capitaine — 1940 (2)

– Olivier Larronde – L’ivraie en ordre (ed. 2002) Juvenilia On ne peut plus douter de mon cœur, capitaine J’ai des mains plein ma poche et je les distribue. Ta mèche de fer m’égratigne, j’aurais peine A rhabiller de soie la mamelle où j’ai bu. Il faudrait tout vous dire, oublier qui vous mène Et […]

Choses, que coule en vous la sueur ou la sève, — 1933 (2)

– Jacques Lacan (in Le Phare de Neuilly) Hiatus irrationalis Choses, que coule en vous la sueur ou la sève, Formes, que vous naissiez de la forge ou du sang, Votre torrent n’est pas plus dense que mon rêve; Et, si je ne vous bats d’un désir incessant, Je traverse votre eau, je tombe vers […]

Oh! quand sous la nécrose —1931 (5)

– Charles-Adolphe Cantacuzène L’au-delà de l’en-deçà Sonnet Oh! quand sous la nécrose L’homme, encor plus vivant, Souffre et se décompose Et meurt énormément! Mais le saint, cette rose, En son embaumement, Il ne se décompose; Mais mort, il souffre tant! Il souffre, le saint tendre, De ne pouvoir attendre Décomposition. Les rayons de la grâce […]

De sa gueule ébréchée éclaboussant la table, — 1927 (1)

– J.P. Samson – Emploi du temps – Bacchante sonnet dans le goût de Laurent Tailhade De sa gueule ébréchée éclaboussant la table, Elle a, sous le chaud d’une plume à trois francs, L’œil en éclipse et le sourire contestable D’une qu’un trop long jeûne expose au mal d’enfants. Plus votive que, peint sur quelque […]

A la poste d’hier tu télégraphieras — 1926 (4)

– Robert Desnos – C’est les bottes de 7 lieues cette phrase ‘Je me vois’ Les gorges froides A Simone A la poste d’hier tu télégraphieras que nous sommes bien morts avec les hirondelles Facteur triste facteur un cercueil sous ton bras va-t-en porter ma lettre aux fleurs à tire d’elle. La boussole est en […]