J’aime entre tous pays mon Neuflize NATAL, — 1998 (2)

– Luc Etienne in Nicolas Galaud et Pascal Sigoda – L.C. Ingénieur du langage Le conquérant immobile Bout-rimé. Sujet donné: La paix des champs, sur les rimes des ‘Conquérants » de Heredia J’aime entre tous pays mon Neuflize NATAL, Ses maisons aux murs blancs, ni hautes ni HAUTAINES, Qui n’ont pas vu grandir de fameux CAPITAINES […]

Madame je n’ai pas regret, que de vos seins — 1997 (4)

– Jacques Chessex Douze blasons Les seins Madame je n’ai pas regret, que de vos seins Je ne puisse parler sans parler de pelote Mais pomme direz-vous? l’image serait forte Et fraise à leur sommet? Quand je n’ai que dessein De louer leur souplesse à ma paume et le teint Du double globe et de […]

Ce poème s’écrit sous l’oeil d’un charpentier — 1995 (1)

– Jacques Réda L’incorruptible Le charpentier Ce poème s’écrit sous l’oeil d’un charpentier Qui s’active au sommet de la maison voisine Avec des bruits de clous, de brosse et de mortier. Peut-être me voit-il, et la petite usine Que font ma cigarette, un crayon, la moitié D’une feuille où ma main hésitante dessine, Comme un […]

Ravaler à merci la face — 1993 (1)

– Nathalie Georges – Sonnets dispars – Infinitif Ravaler à merci la face Au ciel endolori se pâme Oisive une pensée lasse D’habitude abrégée d’âme Prendre ses racines à son cou, Y agréger sans s’y fier La pâte meurtrie du jour – Raccommoder les restes frais Traiter l’ordure rendue à gué De la mémoire massicotée […]

Toute douceur contient une part d’amertume — 1992 (1)

– Jacques Réda Nouveau livre des reconnaissances Au maître Toute douceur contient une part d’amertume Et le moindre abandon penche vers un danger. L’amour seul est parfait mais il est mensonger, Où chaque instant vêcu semble déjà posthume. Et c’est à quoi jamais le coeur ne s’accoutume Faudrait-il pour autant gémir ou s’insurger? Passer, réglant […]

Il faut bien satisfaire au sens national, — 1990 (4)

– Jacques Réda – Sonnets dublinois – Au pub Il faut bien satisfaire au sens national, Boire un jus noir qui semble extrait d’une tourbière, Mais une fois suffit, le goût de cette bière M’ayant paru, j’avoue, un peu médicinal. Et comment découvrir, dans cette fourmillière, L’accès du bar où dans un tapage infernal, Des […]

Je sais une villa sur les hauteurs de Naples — 1989 (5)

– coll. –  Sonnets (ed. Alin Anseeuw) – Xavier Bordes Après la fin Je sais une villa sur les hauteurs de Naples Où je fus quelquefois reçu par des amis J’entends encor la grille du jardin qui racle, En grinçant sur ses gonds, le gravier endormi. On déjeunait dehors pour jouïr du spectacle: Les gens […]

Même quand le silence aura bu mon passage — 1988 (6)

– Michel Vaillant in Dictionnaire de poétique et rhétorique (4ème ed.) Couronne de sonnet : sonnet maître Même quand le silence aura bu mon passage Immolé sur la borne obscure du chemin, Ce nom qui, sans écho, n’aurait plus rien d’humain, Houle incertaine qui s’éloigne du rivage Et que remportent les ténèbres sans partage, Laisse qu’il […]

Les Alpes me séparent de l’Italie. — 1988 (4)

– Pierre Gripari Marelles Frontières naturelles Les Alpes me séparent de l’Italie. Le Rhin me sépare de l’Allemagne. Les Pyrénées me séparent de l’Espagne. La Seine sépare Pa de Ris. Un monde me sépare de toi. Le mur me sépare du dehors. La vie me sépare de la mort. Longtemps me sépare d’autrefois. Le fleuve […]