Ainsi je suis le riche, dont la bien-heureuse clé — 1955 (4)

Pierre-Jean Jouve Shakesperare – sonnets 52 Ainsi je suis le riche, dont la bien-heureuse clé peut le faire venir au doux trésor fermé, lequel il ne regardera pas à toute heure en sorte d’émousser la fine pointe du plaire. Ce qui rend solennelles surprenantes les fêtes, est que venant rarement dans la longue chaîne de […]

Un visage de femme par la main de la Nature peint, — 1955 (3)

Pierre-Jean Jouve Shakesperare – sonnets 20 Un visage de femme par la main de la Nature peint, tu l’as, maître-maîtresse de ma passion, un doux cœur de femme mais non point familier avec le traître changement comme c’est la façon des femmes fausses; Un œil plus clair que les leurs, moins faux quand il tourne, […]

Des créatures les plus belles nous désirons des naissances, — 1955 (2)

Pierre-Jean Jouve Shakesperare – sonnets 1 Des créatures les plus belles nous désirons des naissances, que les beautés de la rose ne puissent mourir, mais que si la très mûre doit périr à son temps, son frêle héritier puisse en donner mémoire; Mais toi, voué à tes seuls yeux resplendissants, tu nourris l’éclat de ta […]

Je suis comme ce riche qu’une clé bénie — 1948 (2)

– Shakespeare – sonnets trad Pierre Messiaen 52 Je suis comme ce riche qu’une clé bénie peut mettre en présence du cher trésor caché qu’il ne veut pas contempler à toute heure de peur d’émousser la fine pointe du rare plaisir. De même les grandes fêtes sont d’autant plus solennelles et précieuses que, revenant rarement, […]

Je parlerai des yeux, je chanterais les yeux toute ma vie. — 1914 (8)

– Rémy de Gourmont Lettres à l’Amazone XI Je parlerai des yeux, je chanterais les yeux toute ma vie. Je sais toutes leurs couleurs et toutes leurs volontés, leur destinée. Elle est écrite dans leur couleur, dont je n’ignore pas les correspondances,  car les signes se répètent et les yeux sont un signe. J’ai tiré […]

Alors je résolus de remonter au commencement, — 1914 (7)

– Rémy de Gourmont Lettres à l’Amazone II Alors je résolus de remonter au commencement, car je sais qu’un corps a un sommet, une base, un  milieu, des dimensions, une étendue dans l’espace. Mais quel est le commencement d’un corps? Le haut, le bas, la droite, la gauche, Ou le milieu? Le milieu d’un corps […]

Elle a un corps. Je ne m’en étais pas encore aperçu. — 1914 (6)

– Rémy de Gourmont Lettres à l’Amazone Exaltation Voici, mon amie Amazone, la première partie de ce poème que vous n’avez pas désapprouvé . Sonnets en prose, cette manière, non plus, ne vous a pas scandalisée, habituée que vous êtes à la magnifique liberté de la poésie anglaise, qui ne souffre pas d’emprisonner sa pensée […]

Vous qui écoutez dans ces rimes éparses — 1900 (10)

– Hippolyte Godefroy Poésies complètes de François Pétrarque Canzoniere,1 Vous qui écoutez dans ces rimes éparses le son de ces soupirs dont j’ai nourri mon cœur dans ma première erreur juvénile quand, en partie, j’étais un autre homme que je ne suis. Pour le style varié dans lequel je pleure et je raisonne au milieu […]

Il évoque, en un bois thessalien, Orphée, — 1891 (22)

L’Ermitage – Paul Valéry Paradoxe  sur l’architecte Il évoque, en un bois thessalien, Orphée, sous les myrthes, et le soir antique descend. Le bois sacré s’emplit lentement de lumière, et le dieu tient la lyre entre ses doigts d’argent. Le dieu chante et, selon le rythme tout-puissant, s’élèvent au soleil les fabuleuses pierres, et l’on […]

La luxure en acte c’est la dépense de l’âme dans un abîme de honte — 1873 (33)

– Shakespeare Sonnets, trad. E. Montégut CXXIX La luxure en acte c’est la dépense de l’âme dans un abîme de honte, et lorsqu’elle a passé en acte la luxure est parjure, meurtrière, sanguinaire, pleine de blâmes, sauvage, excessive, brutale, cruelle, indigne de confiance. On n’en a pas plutôt joui, que soudain on la méprise; on […]