Il évoque, en un bois thessalien, Orphée, — 1891 (22)

L’Ermitage

Paul Valéry

Paradoxe  sur l’architecte

Il évoque, en un bois thessalien, Orphée, sous les myrthes, et le soir antique descend. Le bois sacré s’emplit lentement de lumière, et le dieu tient la lyre entre ses doigts d’argent. Le dieu chante et, selon le rythme tout-puissant, s’élèvent au soleil les fabuleuses pierres, et l’on voit grandir vers l’azur incandescent, les murs d’or harmonieux d’un sanctuaire.
Il chante, assis au bord du ciel splendide, Orphée! Son oeuvre se revêt d’un vespéral trophée, et sa lyre divine enchante les porphyres. Car le temple érigé par ce musicien, unit la sûreté des rythmes anciens, à l’âme immense du grand hymne sur la lyre! …

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Déjà paru la même année dans La Conque (revue de Pierre Louÿs), il est dissimulé en prose à la fin du texte. On remarque  que le vers 8 du sonnet, ‘ Les hauts murs d’or harmonieux d’un sanctuaire ‘, est, dans la prose, privé d’une syllabe. Elle n’est pas rétablie dans l’éd. Pléiade. Elle ne l’était pas non plus dans l’édition de 1931. Est-ce une erreur non corrigée par Valéry; ou une omission volontaire? Par ailleurs, ‘Orphée se trouve deux fois à la rime, aux vers 1 et 9. La disposition des rimes du sonnet est excentrique.

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