je me souviens de la Libération — 1993 (5)

– William Cliff – Autobiographie – 8 je me souviens de la Libération nous fûmes déguisés ma soeur et moi en petits pages tenant les cordons d’un écusson et le cortège alla à travers les rues au milieu des sons de fanfare et ne comprenant rien à cette fiesta que les gens faisaient là j’ouvrais […]

L’océan mesuré sur quoi je règne en maître — 1966 (1)

– Olivier Larronde – L’arbre à lettres – A ma plage L’océan mesuré sur quoi je règne en maître Va léchant tes longs pieds en plage surhumaine. La minuscule tête ouverte à la fenêtre, Lui garde tout pour lui sauf des vagues amènes. Il garde la distance, un monde à ses fenêtres, Des madrépores morts […]

Le jeune homme moderne — 1935 (1)

– Francis Jammes De tout temps à jamais – Dans les combles Le jeune homme moderne Essaye en son grenier Qu’éclaire une lanterne L’habit d’un chevalier. Je ne sais s’il nous berne, Mais son aspect altier Semble bien le lier Au temps de la poterne. Cependant, il est chic. Dans l’œil, un léger tic Semble […]

Qui donc es-tu? toi qui te lèves — 1912 (1)

– Raoul Lecomte, l’employé de métro poète – Recueil de poésies – Aurora (sonnet) Qui donc es-tu? toi qui te lèves Là-bas où paraît le soleil Toi qui fait achever mon rêve En souriant à mon réveil. Resplendissante tu t’élèves Embrasant l’horizon vermeil, Décor sublime et sans pareil Surgit dans la nuit qui s’achève. De […]

Sous l’exact jersey bleu qu’ample sa gorge crève, — 1910 (8)

– Paterne Berrichon Poèmes décadents 1883-1895 La belle femme Sous l’exact jersey bleu qu’ample sa gorge crève, Toute elle m’apparaît, avec sa majesté Grasse, comme un royal fruit d’amour dont mon rêve Morbide exprime et suce un sûr jus de santé; Et comme un lac de chair, lorsque sur le lit, grève De toile fleurant […]

L’exquise Bouquetière aux sourires discrets, — 1905 (16)

– Emile Boissier in Les Fééries interieures (2008) LA CAMARGO A Mme SAINT POL ROUX. L’exquise Bouquetière aux sourires discrets, Camargo, la danseuse adorable, c’est Elle ! Sa main pâle, doigts fins, nous offrant des oeillets S’enrubanne au frisson câlin de la dentelle. Fanfreluchés un peu sous le bleu des lacets Vers le tulle mutin […]

Le corps droit, bien assis sur son siège moëlleux, — 1905 (15)

– Pierre Reynes in La Sylphide Le Cycliste Le corps droit, bien assis sur son siège moëlleux, Superbe, dégagé, bienséant, plein de grâce, Le cycliste, en passant, montre un jarret nerveux, Respire l’air salubre et dévore l’espace. Il a le long du torse, insigne glorieux, Une écharpe qui flotte et fièrement l’enlace, Et sur son fin […]

Je porte en moi, parmi des clartés de vitrail, — 1904 (6)

– Marie Dauguet Par l’amour Dédicace Je porte en moi, parmi des clartés de vitrail, Des fleuves éclatés, des cités fulgurantes, Des bouleaux d’argent pur, des prés de frais émail, Des jardins constellés de lys et d’amaranthes. Je nourris des dragons en de lointains bercails; Mais rien ne transparaît du rêve qui me hante; Je […]

L’Amour, entre deux madrigaux. — 1889 (19)

– Henri Finistère in  Le Parnasse Breton contemporain L’invention du sonnet L’Amour, entre deux madrigaux. De Pan raillait les vers rustiques : — « Te tairas-tu, dieu des fagots, « Depuis le temps que tu t’appliques « A moduler sur tes pipeaux, « Avec des sons mélancoliques, « De monotones bucoliques « Et de sempiternels […]

Tes doigts sont merveilleux ! leur moindre mouvement — 1888 (35)

? – Le décadent Indue mutation Tes doigts sont merveilleux ! leur moindre mouvement Fait sourdre sur ma peau des sons comme des sources. Toute part de mon être imite un instrument : Viole ou musette un peu charmeuse des Ourses. Les boules d’or de mes bras bruns ont l’agrément Des piastres sonnant clair dans les mailles […]