Tes doigts sont merveilleux ! leur moindre mouvement — 1888 (35)

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Le décadent

Indue mutation

Tes doigts sont merveilleux ! leur moindre mouvement
Fait sourdre sur ma peau des sons comme des sources.
Toute part de mon être imite un instrument :
Viole ou musette un peu charmeuse des Ourses.

Les boules d’or de mes bras bruns ont l’agrément
Des piastres sonnant clair dans les mailles des bourses
Et même je détiens, quelque part, les ressources
De la flute où s’abouche un rêve, goulument.

Le clavier de mes dents sait l’air qu’on se recorde
Et mon ventre en façons de lyre tétracorde
S’enfle et s’abaisse avec des bruits délicieux.

Parfois en éructant le gravier roux des tombes
Quand l’aube rose étend son linge pâle aux cieux
Je claironne, effarant l’essaim fin des colombes
(Arthur Rimbaud (sic))

Q9  T14

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