Vous restez au pays de l’éternel printemps, — 1874 (19)

Dubosc de Pesquidoux in L’Artiste

Vous restez au pays de l’éternel printemps,
Et je fuis le rivage. Adieu mes belles fées !
En chantant avec vous la chanson des Orphées,
J’ai cueilli par vos mains les roses au beau temps.

Vous êtes l’idéal, et versez l’ambroisie
Avec l’urne des dieux aux âmes de vingt ans,
Vous êtes la jeunesse et ses rayons flottants :
La jeunesse ! Je pars, et ne l’ai pas saisie … )

Cependant le vaisseau m’entraîne en pleine mer,
Et comme Desgrieux, dans sa douleur sauvage,
Je dis aux matelots : Retournons au rivage.

Car j’ai mis au tombeau, sur le rivage amer,
Mon amour le plus cher, ma maîtresse adorée :
La jeunesse divine. Adieu, belle éplorée !

Q52  T30

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