On va criant partout – écho d’un fait lointain – — 1885 (6)

Ernest d’HervillyLes bêtes à Paris – 36 sonnets –

L’ours

On va criant partout – écho d’un fait lointain –
Que tu cueilles, toujours, pour ton lunch, ô Martin,
La fleur de nos lignards, sans regarder au grade;
Pour moi, je ne crois pas cela, cher plantigrade!

J’accorde que parfois tu ronges – triste mets,
Un parapluie ancien chû dans la fosse, mais
(Bonnes, dites-le haut) quand tu te désaltères,
Ce n’est pas dans le sang des galants militaires.

Non! – sous l’oeil des moineaux, gros bonhomme sans fiel,
L’ours mange du pain bis, et, comme Ezéchiel,
Il le trouve souvent couvert, mais non de miel.

Sous son poil à bonnets son coeur n’est pas de marbre;
L’enfance l’attendrit et, point essentiel,
Quand Bébé lui dit « Monte à l’arbre? » il monte à l’arbre!

Q55 – T3

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