Les barrages rompus, l’esprit combla l’espace — 1946 (4)

André Rolland de Rèneville La nuit l’esprit

L’heure en dehors du temps

Les barrages rompus, l’esprit combla l’espace
Et disparut en tant qu’esprit, – comme une mer,
Après avoir crevé l’horizon qui l’enlace,
S’oublierait comme plat et comblerait l’éther.

Il gonfla dans le noir une sphère de glace
Dont le creux monument rougissait de l’éclair
Qu’à sa mort le soleil, pris dans la carapace,
Lançait en noircissant comme un boulet de fer.

Tout rentrait dans la bouche effroyable du maître.
La dernière forêt retrouvait son ancêtre
Dans le centre terrestre ouvert jusqu’au charbon.

La chevelure et l’eau, les membres et les branches
Tournaient comme une pâte à nourrir le Dieu bon:
Moi – puisque c’était moi, ce mangeur d’avalanches.

Q8 – T14

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