Vous prenez, Lélio, ce certain air benêt — 1898 (18)

–  Matthew Russell (ed.) Sonnets on the Sonnet

Vous prenez, Lélio, ce certain air benêt
Qui fait que certains jours vous n’êtes plus le même :
Vous voilà circonspect, timide, tout en crème …
Que nous a, cette nuit, couvé votre bonnet ?

Ne faites pas le fin, poète : on vous connaît !
Produisez ce chef d’œuvre et quittez le ton blême.
Un sonnet, je parie ? … Eh bien donc ! un sonnet,
Même avec cent défauts, vaut mieux qu’un long poème.

On aurait tort d’en pondre un millier par saison !
Mais le goût du sonnet, bridé par la raison,
Est innocent. Bernez les railleurs, gent frivole !

De la rime abondante, il corrige l’abus,
Il met dans un corset la pensée un peu molle,
Il aide à bien passer le temps en omnibus.

(Louis Veuillot)

Q14  T14   – s sur s

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